Pourquoi acheter de l'or ?

Jusqu'en 1971 l'or était le référent et la garantie de toutes les devises papier. Acheter de l'or ne présentait donc aucun intérêt puisque son cours était fixé légalement, et sa valeur strictement égale à celle de la monnaie.

Depuis l'abandon de l'étalon-or les choses ont toutefois changé. Les devises sont censées flotter plus ou moins librement entre elles, et plus aucune n'est actuellement garantie par de l'or ni par quoi que ce soit d'autre (la dernière devise à avoir rompu ses liens avec l'or fut le franc suisse au début des années 90).

Achat or

La valeur de la monnaie fiduciaire n'est donc plus qu'une question de pure confiance et varie essentiellement en fonction de la propension des banques (et parfois des états) à imprimer toujours plus de cette monnaie.

Sur le long terme, la valeur de la monnaie de papier tend évidemment à décliner année après année, que ce soit par dévaluations ou bien simplement par l'inflation. Ceci complique la tâche de tout épargnant souhaitant préserver le plus possible son patrimoine au fil des années.

Depuis 1914 par exemple, date à laquelle les derniers " Napoléons " furent frappés en France, la valeur de cette pièce d'or a été multipliée par 10 000. Et pourtant, le pouvoir d'achat de l'or est resté à peu près constant durant cette période, signe révélateur de la dégradation rapide du pouvoir d'achat de la monnaie de papier.

Bien qu'il ne soit théoriquement plus le référent et l'étalon de la monnaie, l'or conserve donc un rôle monétaire important (c'est d'ailleurs pour cela que toutes les banques centrales de la planète continuent de stocker des quantités importantes de ce métal). Contrairement à toute autre devise, l'or permet la conservation du pouvoir d'achat et c'est précisément ce qui fait son intérêt dans une stratégie de conservation du patrimoine à long terme.

Plus qu'un véritable placement, l'or est donc avant tout une assurance contre la dégradation du pouvoir d'achat de la monnaie. L'or protège principalement contre l'inflation et les dévaluations bien sûr, mais en fait il a tendance à protéger de la même façon de toute perturbation d'un système monétaire aujourd'hui plus fragile depuis l'abandon de l'étalon-or. C'est le cas par exemple en période de déflation, où l'or retrouve de façon naturelle son rôle monétaire pourtant nié par la majorité des économistes keynésiens ou libéraux.

Pour ces raisons, les (bons) conseillers en gestion de patrimoine recommandent généralement d'affecter à fins de diversification et de protection jusqu'à 10% du patrimoine en or physique afin de prendre en compte sur le long terme le risque d'une inflation " normale ".

Bien entendu, il pourrait très bien se produire un jour certains évènements tels qu'une grave crise du secteur bancaire qui déclencheraient une accélération de l'inflation dans des proportions beaucoup moins " normales ". Le risque n'est pas à négliger, comme le montre l'exemple récent du Zimbabwe avec une inflation annuelle de plus de 1 000 000 % où l'or est évidemment redevenu la seule monnaie réellement crédible, ou des exemples plus anciens tels que la République de Weimar où les gens préféraient se chauffer au Deutsch Mark, combustible beaucoup moins cher à l'époque que le bois ou le charbon.

Si ce risque vous semble probable, convertir plus de 10% de votre patrimoine en or physique pourrait se révéler un choix pertinent et même vital pour le cas où ce scénario se produirait à nouveau.

 

Au-delà de la simple protection du patrimoine, l'or peut-il se révéler un investissement intéressant ?

Pour répondre à cette question, il faut regarder les fondamentaux de ce marché.

Bien que les banques centrales du monde entier affirment détenir près de 20% du stock total d'or extrait du sol durant l'Histoire de l'Humanité, l'or est censé n'être plus aujourd'hui qu'une simple " matière première ".

Observons donc à quels usages cette " matière première " est employée.

Aujourd'hui, l'or n'est plus guère employé afin de frapper des pièces de monnaie ou lingots monétaires (même si cet usage redevient en vogue depuis quelques années).
L'essentiel de la consommation d'or aujourd'hui (60 à 70%) provient de l'industrie de la bijouterie. En particulier la demande bijoutière de certains pays (Inde, Turquie…) où l'or conserve un rôle important pour des raisons culturelles.

Mais l'or a aussi d'autres applications industrielles comme les prothèses dentaires ou surtout la microélectronique, un usage en très forte croissance du fait de l'explosion de la demande d'iPhones, de téléphones portables, de micro-ordinateurs…

Il reste également une part minoritaire mais en très forte croissance ces dernières années consacrée à l'or d'investissement : pièces et lingots, ETFs, etc.

Additionnées, ces différentes demandes d'or représentent une consommation d'environ 3 500 tonnes d'or par an.

Du côté de la production d'or maintenant, l'industrie minière extrait chaque année 2 000 à 2 500 tonnes d'or par an.

Une grande partie de la production mondiale se concentre en Afrique du Sud, un pays où le secteur minier semble avoir de grosses difficultés à maintenir un niveau de production satisfaisant. Malgré quelques découvertes ponctuelles de nouveaux gisements, la production minière a tendance à décliner année après année en raison notamment de l'ancienneté des mines actuelles, des infrastructures vieillissantes (problème d'approvisionnement en électricité notamment pour l'Afrique du Sud) ou de l'évolution des rapports sociaux qui conduit à une augmentation des coûts de production.

On le voit, le déficit de production est très important : 1 000 à 1 500 tonnes par an.

A moyen ou long terme, une telle situation de marché conduira nécessairement à une explosion à la hausse des cours de l'or.

Ce déficit est comblé pour une petite part par le recyclage. En effet, contrairement à beaucoup d'autres " matières premières " l'or de bijouterie peut être refondu et réutilisé. Ce n'est pas le cas en revanche des applications électriques ou électroniques de l'or pour lesquelles la matière est détruite et non-recyclable.

Mais le seul moyen de combler un déficit aussi important est constitué par les ventes d'or des banques centrales.

Certaines banques centrales occidentales disposant de stocks d'or relativement importants ont en effet entrepris depuis plusieurs années de vendre progressivement leur or afin d'éviter une situation de pénurie et afin de soutenir ainsi artificiellement les devises papier. Ces ventes d'or sont le plus souvent coordonnées dans le cadre d'opérations de " sauvetage du dollar " ou bien visant à masquer à la population la réalité de l'inflation.

A l'inverse, puisque l'or est aussi un enjeu dans le rapport de forces monétaire au niveau mondial, d'autres banques centrales (la Chine en tête) accumulent progressivement de l'or et augmentent constamment leurs réserves.

Cet effort des banques centrales pour freiner la hausse de l'or n'est que partiellement couronné de succès. En effet, si l'once d'or valait moins de 300$ en 2001, elle vaut aujourd'hui dans les 1000$ en 2010.

Combien de temps encore les banques centrales peuvent-elles jouer ce rôle de manipulation du marché de l'or ?

Si l'on se base sur les déclarations officielles de réserves, l'ensemble des banques centrales ainsi que le FMI disposeraient ensemble de 30 000 tonnes d'or. Ce chiffre est néanmoins remis en cause par certains organismes indépendants tels que GATA (Gold Anti-Trust Action Committee) qui affirment que les réserves réelles sont de moitié inférieures à ces déclarations. Selon eux, une grande partie de l'or des banques centrales aurait été prêté depuis longtemps à certaines banques d'affaires américaines qui ont déjà revendu cet or sur les marchés il y a plusieurs années. Les banques centrales n'étant pas obligées de distinguer dans leur comptabilité l'or prêté (et probablement perdu) avec l'or réellement présent dans leurs coffres, cela serait la cause de l'ambiguïté actuelle des chiffres déclarés.

15 000 tonnes d'or, c'est toutefois un stock très important. Mais rapporté à la demande, ce n'est qu'à peine plus de 4 années de consommation mondiale.

Il faut aussi noter que certains pays, autrefois gros vendeurs d'or, sont en train de réduire le volume de leurs ventes, voire de redevenir net acheteurs. C'est le cas de pays comme le Royaume-Uni ayant déjà liquidé il y a longtemps la quasi-totalité de leur or, ou comme l'Allemagne qui ne souhaite pas gâcher définitivement ses chances de peser un jour dans les négociations d'un nouveau système monétaire mondial.

Les fondamentaux économiques plaident donc pour une hausse importante de l'or à moyen et long terme du fait d'une situation de marché tout à fait déséquilibrée que ne pourront bientôt plus contenir les banques centrales ni le FMI.

De nombreux économistes pensent que le cours de l'once d'or (environ 31 grammes) pourrait d'ici quelques années valoir plusieurs milliers de dollars.

Si votre but est l'investissement à long terme, l'or n'est donc probablement pas un mauvais placement à envisager.

 

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Cours de l'or en dollars
Cours de l'or