Analyse titanicienne de la situation actuelle
Vous connaissez tous l’histoire du Titanic, le paquebot qui ne pouvait pas couler et qui finalement… On utilise à outrance cette comparaison pour mettre en exergue ce qui se passe aux Etats-Unis (entre autre…). Analysons la situation actuelle (dégradation des Etats-Unis par S&P) sous un angle différent de celui de la presse et des politiciens : focalisons-nous sur l’iceberg et non sur le Titanic. Plus spécifiquement, centrons notre réflexion sur la partie immergée. J’explicite : la partie émergée de l’iceberg correspond à ce qui est traité / relayé par les médias (la dégradation de la note américaine est dramatique, S&P fait enfin preuve d’objectivité, etc.). La partie immergée permet de mettre en évidence les motivations sous-jacentes de cette dégradation… voulue par l’Administration Américaine ! Et oui, les tergiversations presque théâtrales lors des négociations du Congrès US augmentaient grandement la probabilité d’une rétrogradation dans l’échelle de confiance des agences de notation. De plus, comment faire passer (et même inciter les détracteurs à demander) le QE-3 ? Tout simplement en co-organisant l’abaissement de la note US.
Administration Obama + S&P = AA+ : c’est la nouvelle équation à résoudre.
La solution est pourtant fort simple. Une dégradation de la note US est théoriquement censée générer une hausse des taux d’intérêts qui augmentent l’endettement du pays débiteurs. Il est plus difficile d’attirer les capitaux internationaux. C’est ce qui arrive classiquement pour n’importe quel pays mais... les Etats-Unis ne sont pas n’importe quel pays : 1ère puissance économique, financière, militaire, etc. et ils possèdent la devise de référence à l’échelle mondiale. Donc les conséquences négatives sont bien amoindries dans ce cas. Et même si les créanciers ne veulent plus prêter… la FED le fera : le QE-2 est mort, vive le QE-3 ! De plus, les réticences des créanciers et la défiance à l’égard de l’économie américaine ont des vertus : la dépréciation du dollar. C’est le nerf de la guerre (monétaire) que nous traversons. Le dollar ne peut que se déprécier par-rapport au yen, au franc suisse (concernant l’euro, je suis plus dubitatif car la situation européenne n’est guère enthousiasmante) et accentuer les pressions sur… le yuan (voilà pourquoi la Chine a vigoureusement et très rapidement réagi) ! Cette dépréciation ne peut qu’être exacerbée par les tensions inflationnistes inhérentes au QE-3. En théorie économique, cette dépréciation est censée creuser le déficit dans un 1re temps (les importations réagissent plus rapidement que les exportations) mais accroître l’excédent commercial par la suite (confer la courbe en J dans le cadre d’une dévaluation compétitive). L’inflation américaine n’est pas un obstacle à cette stratégie commerciale car il faut tenir compte dans les échanges commerciaux internationaux du différentiel d’inflation entre pays. Comme l’a dit John Connaly, secrétaire d’Etat au Trésor américain du président Nixon : « le dollar est notre monnaie mais c’est votre problème » ! C’est encore cette stratégie qui est actuellement utilisée par l’administration US. Plus les aboiements de l’administration Obama seront forts et plus je serai conforté dans l’idée selon laquelle ce n’est qu’une vaste mascarade destinée à déprécier le dollar et faire accepter un QE-3.
Car, en réalité, les américains n’ont pas le choix.
Avec cette stratégie, ils peuvent :
- faire tranquillement leurs réformes : plus d’épée de Damoclès sur la tête (risque de dégradation de la note) car… elle est déjà tombée,
- bénéficier de la dépréciation du dollar contre les zones géographiques où les US sont fortement déficitaires et accentuer la pression sur le yuan,
- faire passer un QE-3,
- être moins dépendants des actuels créanciers potentiellement désormais davantage frileux à l’idée de prêter aux US (la FED va s’en charger).
Ce n’est donc pas un complot de la part de l’Administration Obama mais une excellente tactique au service d’une stratégie de croissance économique et de redistribution des cartes au niveau monétaire (pressions sur le yuan).
Cette stratégie tombe à pic (comme le Titanic)
Richard
Administration Obama + S&P = AA+ : c’est la nouvelle équation à résoudre.
La solution est pourtant fort simple. Une dégradation de la note US est théoriquement censée générer une hausse des taux d’intérêts qui augmentent l’endettement du pays débiteurs. Il est plus difficile d’attirer les capitaux internationaux. C’est ce qui arrive classiquement pour n’importe quel pays mais... les Etats-Unis ne sont pas n’importe quel pays : 1ère puissance économique, financière, militaire, etc. et ils possèdent la devise de référence à l’échelle mondiale. Donc les conséquences négatives sont bien amoindries dans ce cas. Et même si les créanciers ne veulent plus prêter… la FED le fera : le QE-2 est mort, vive le QE-3 ! De plus, les réticences des créanciers et la défiance à l’égard de l’économie américaine ont des vertus : la dépréciation du dollar. C’est le nerf de la guerre (monétaire) que nous traversons. Le dollar ne peut que se déprécier par-rapport au yen, au franc suisse (concernant l’euro, je suis plus dubitatif car la situation européenne n’est guère enthousiasmante) et accentuer les pressions sur… le yuan (voilà pourquoi la Chine a vigoureusement et très rapidement réagi) ! Cette dépréciation ne peut qu’être exacerbée par les tensions inflationnistes inhérentes au QE-3. En théorie économique, cette dépréciation est censée creuser le déficit dans un 1re temps (les importations réagissent plus rapidement que les exportations) mais accroître l’excédent commercial par la suite (confer la courbe en J dans le cadre d’une dévaluation compétitive). L’inflation américaine n’est pas un obstacle à cette stratégie commerciale car il faut tenir compte dans les échanges commerciaux internationaux du différentiel d’inflation entre pays. Comme l’a dit John Connaly, secrétaire d’Etat au Trésor américain du président Nixon : « le dollar est notre monnaie mais c’est votre problème » ! C’est encore cette stratégie qui est actuellement utilisée par l’administration US. Plus les aboiements de l’administration Obama seront forts et plus je serai conforté dans l’idée selon laquelle ce n’est qu’une vaste mascarade destinée à déprécier le dollar et faire accepter un QE-3.
Car, en réalité, les américains n’ont pas le choix.
Avec cette stratégie, ils peuvent :
- faire tranquillement leurs réformes : plus d’épée de Damoclès sur la tête (risque de dégradation de la note) car… elle est déjà tombée,
- bénéficier de la dépréciation du dollar contre les zones géographiques où les US sont fortement déficitaires et accentuer la pression sur le yuan,
- faire passer un QE-3,
- être moins dépendants des actuels créanciers potentiellement désormais davantage frileux à l’idée de prêter aux US (la FED va s’en charger).
Ce n’est donc pas un complot de la part de l’Administration Obama mais une excellente tactique au service d’une stratégie de croissance économique et de redistribution des cartes au niveau monétaire (pressions sur le yuan).
Cette stratégie tombe à pic (comme le Titanic)
Richard