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Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Dim 23 Oct 2016 18:24
par azorgues
Aujourd'hui ; nous sommes dans un monde sans inflation mais... Les matières premières se réveillent et attirent à nouveau la convoitise depuis le début du mois.
Et si le grand danger, c'était l'inflation... Voir l'hyper-inflation ? Voici deux textes qui m'ont interpellés... Qu'en pensez vous ?

Texte de JP Betbeze du dimanche 23 octobre 2016.

Le mot est de Jean-Claude Trichet : « l’inflation, c’est comme le dentifrice, une fois qu’elle est sortie du tube, c’est très difficile de l’y faire rentrer ! ». De fait, après des années d’attente, l’inflation montre sa couleur. Elle apparaît aux Etats-Unis. Le dernier indice des prix a augmenté de 0,2 % en septembre, contre 0,1 % en août et -0,2 % en juillet. La déflation s’éloigne et laisse place à sa symétrique : l’inflation. Sur un an, la voilà à 1,5 % en septembre contre 1,1 % les mois d’avant. Derrière cette inflation, le prix du pétrole joue un rôle, mais il varie en tous sens. C’est du côté des salaires qu’il faut regarder. Le coût du travail a augmenté de 0,6 % entre mars et juin et de 2,3 % sur un an, à fin juin. C’est l’inflation salariale qui vient. Et même en retard, avec ce taux de chômage à 5 % depuis des mois.
Et ce n’est pas fini. La patronne de la Fed, Janet Yellen, a dit que, selon elle, des chômeurs n’avaient pas encore rejoint le marché du travail. Ils restent sous le choc de la crise de 2008. Donc il faut laisser monter encore les salaires et l’inflation tout en augmentant doucement les taux courts. Donc l’inflation « sait » qu’elle peut aller vers, peut-être, 2,5 % !
Allons au Royaume-Uni puis en zone euro. Le Brexit a fait baisser la livre de 15,8 %. Par rapport au dollar, elle est à son plus bas depuis trente ans. Cette livre ultra-faible aide à exporter et encourage les touristes, mais fait aussi monter l’inflation importée. La Banque d’Angleterre pense que l’inflation totale sera autour de 2% l’an prochain, puis à 2,4 % en 2018. Les marchés parlent de 4% ! En zone euro, l’inflation remonte à 0,4 %, à 0,5 % en France et autant en Allemagne.
L’inflation sort du tube ! On la voit dans les pays en plein emploi, passant par les salaires. On la trouve chez les autres, passant par les services. Donc les taux longs vont encore monter. Ils ne vont pas attendre les hausses des taux des banques centrales : ils savent qu’elles seront en retard. Ils vont même ne pas les écouter, pour prendre les devants. Autant de gagné ! Alors la bourse va s’interroger et regarder les entreprises trop endettées, avec trop peu de trésorerie.
Alors les banques centrales vont se réjouir et mesurer la pâte dentifrice sortie du tube : Etats-Unis d’abord, puis Royaume-Uni et Japon, puis zone euro. 2 % en vue ! Laissons faire, diront-elles. On entendra des pleurs : les entreprises qui ont trop profité des crédits en solde, les pays émergents qui vont trouver l’argent plus cher, les investisseurs qui vont se demander ce qui leur a pris d’acheter des bons du trésor à 50 ans qui leur rapporteront royalement 0,5 % ces cinquante prochaines années. Et comment l’expliquer aux clients !
Puis, disons dans un an, les Etats-Unis vont dire que c’est assez. Les salaires auront assez monté, les taux longs aussi, avec le dollar. Le commerce extérieur va piquer du nez, les profits aussi, donc la bourse. Derrière le chômage qui a permis la hausse des salaires vient l’inflation à combattre, par la récession.
Partout, on va alors se dire qu’on en a trop fait : trop de quantitative easing, trop de crédit pas cher pour désespérer l’épargnant et attirer l’emprunteur ! Trop de confiance et de liberté pour les banques centrales ! Quelle idée que leur « monnaie hélicoptère » ! La monnaie, amassée chez les ménages et les entreprises, va se dire qu’il faut sortir. Vite. Sortir pour acheter avant que les prix n’augmentent, acheter l’appartement avant que les taux ne prennent l’ascenseur. Et les entreprises vont penser que c’est maintenant ou jamais qu’il faut faire des OPA ou des OPE sur le concurrent. Mais c’est déjà bien tard.
Alors, on va tout faire pour faire rentrer l’inflation dans le tube. Janet Yellen et Mario Draghi vont dire que tout est sous contrôle : pas de panique ! On demandera à l’épargnant de rester en banque, on le paiera même pour cela ! On s’inquiétera des clients en assurance vie qui veulent vendre leurs obligations, quitte à prendre leur perte avant qu’elle n’augmente encore. On leur parlera. Peut-être qu’on les bloquera, s’ils persistent. Ambiance.
L’inflation n’est jamais celle qu’on veut, ni autant qu’on veut. Elle peut venir des salaires, impôts et taxes ou des importations. Mais, pour qu’elle se manifeste, il lui faut toujours de la monnaie. Et il n’y en a jamais eu autant, pour aussi peu d’inflation. Cependant, la monnaie ne dit jamais ce qu’elle va faire. C’est son secret, bien connu, dans son tube.


Texte de François Trahan

Le stratège boursier François Trahan qui conservait une vision positive des marchés depuis le début de 2016 prévoit depuis la mi-septembre une période négative qui aura des conséquences plus sérieuses que par le passé.

Suite à une nouvelle analyse des indices précurseurs, «j’ai changé mon fusil d’épaule», a-t-il déclaré récemment à Québec, étonnant un parterre de quelque 120 analystes financiers réunis à l’invitation de l’Association CFA Québec.

Conscient que son virage ne plait à personne, le co-président de Cornerstone Macro a même répété à ses auditeurs «de ne pas tirer sur le messager» quand il leur annonce qu’ils disposent d’un mois ou deux pour repositionner leurs portefeuilles de façon plus défensive.

Originaire de Montréal, François Trahan a mérité en 2015 le titre de meilleur stratège financier aux États-Unis, rang qui lui a d’ailleurs été attribué neuf fois ces 12 dernières années.
Selon lui, l’indice ISM ( pour Institute of Supply Management qui prédit le niveau d’activité manufacturière) devrait bientôt culminer à 52 points, «52,5 si on est chanceux» aux États-Unis. C’est moins élevé que les sommets observés lors des cycles précédents (59,5 en 2011 et 57,1 en 2014).

Cette donnée devrait, dit M. Trahan, repasser dès le printemps sous la barre des 50 points, seuil qui indique un ralentissement de la croissance de l’économie. Et l’indice ISM devrait rester sous pression pour la majorité de 2017.
Depuis les années 80, les investisseurs se sont habitués à des atterrissages en douceur pour 79 % des cycles, mais, cette fois-ci, le stratège-vedette évalue plutôt à 79 % la probabilité d’une chute plus abrupte.
À cela s’ajoutent la surcapacité industrielle développée par la Chine et les vents de face qu’impose à l’économie japonaise sa décroissance démographique.
Le spécialiste se demande même si ces économies ne sont pas à risque d’être «poussées hors des rails» par le ralentissement de la consommation américaine.
Portefeuille défensif

Face à cela, le secteur boursier le plus à risque aux États-Unis serait celui des services financiers.
Il recommande même aux gestionnaires de portefeuille d’augmenter leur exposition aux titres à revenu fixe. Du côté des actions, il privilégie les sociétés américaines actives sur le marché domestique, notamment dans les secteurs des biens de consommation, des soins de santé, des services publics ou des télécommunications.

À ceux qui craignent la forte évaluation des titres «défensifs», il répond que celle-ci pourrait encore augmenter avec le ralentissement anticipé.

Re: Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Dim 23 Oct 2016 20:11
par la tune
Comme il n'y a pas de croissance réelle, si on veut éviter de faire un haircut sur les dettes souveraines, il ne reste qu'à espérer cette inflation. :? Alors...méthode Coué ? ;) :mrgreen: :lol:
A.M.H.A. bien sûr... :)

Re: Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Dim 23 Oct 2016 21:55
par azorgues
L'énergie (à venir avec les soucis d'EDF), le pétrole (à venir avec l'augmentation récente) , la demande en matière première... La bouffe , les vacances... Même Orange augmente ses tarifs des LiveBox ! Encore pire ; les assurances et les mutuelles ( en 10 mois j'en suis à 3000€ pour ma famille sans même avoir de soins) ! Moi j'ai fais la calcul ; c'est une inflation à 25% au global... C'est de la folie.

Regardez le prix des vacances en 2017... J'ai l'impression d'être devenu un citoyen du tier-monde... On n'a plus le même pouvoir d'achat sur certaines destinations ; les étrangers font exploser les prix.

Moi dans ma vie quotidienne ; je n'ai pas ce sentiment de déflation que vous constatez.

Re: Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Dim 23 Oct 2016 22:17
par iron man
Je donne ma version des choses sur le premier article.

Je pense qu'il ne faut pas écouter les propos de Draghi et ses conneries sur le dentifrice. La seule chose qui va sortir du tube c'est un bon gros tas de merde.

Ces propos ne sont que communication pour légitimer ces manœuvres de politiques monétaires qui ont (en partie) flingué le système monétaire.

Tous sont en train d'avoir des visions prémonitoires d'inflation pour justifier leur activités que certains jugent criminelles.

De regarder les Etats-Unis et de prétendre que l'économie est en plein emploi et que les salaires augmentent, c'est comme de prétendre que DSK rentre au couvent. Ça manque terriblement de crédibilité.

Regardons le taux de participation en chute libre, regardons la faible qualification des emplois qui sont crées, pour comprendre que nous sommes tout, sauf au plein emploi aux US. Et que par conséquent, l'inflation ne sera pas au rendez-vous.

Ensuite, et j'en ai déjà maintes fois parlé içi, du point de vue de l'économie réelle, lorsque vous avez une économie réelle qui se transforme d'économie industrielle en économie de service du fait du vieillissement démographique, lorsque vous appliquez des politiques économique récessionnistes, que vous favorisez le flexibilité précarisation du travail, que vous encouragez la désintermédiation du financement de l'économie en Europe, vous ne pouvez au final qu'avoir une spirale déflationniste en bout de course.

Si demain les investisseurs se jettent sur les matières premières, c'est grave. Cela veut dire que plus aucun ne croit en l'économie. Et là, ce n'est pas par des mécanismes économiques traditionnelles que nous verrons revenir l'inflation ou l'hyperinflation arriver, mais par des mouvements brusques de paniques bancaires et financières.

Et à ce niveau, ni les banques centrales, ni Caton 1er ne pourront rien y faire.

A ce niveau, il vous faut un Schacht ou un Roosevelt et pas la clique de nullités venimeuses que nous avons.

Eventuellement, un Sapir enragé au 6 ème étage, avec une technostructure prêt à le suivre en enfer...

Re: Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Dim 23 Oct 2016 22:41
par iron man
L'énergie (à venir avec les soucis d'EDF), le pétrole (à venir avec l'augmentation récente) , la demande en matière première... La bouffe , les vacances... Même Orange augmente ses tarifs des LiveBox ! Encore pire ; les assurances et les mutuelles ( en 10 mois j'en suis à 3000€ pour ma famille sans même avoir de soins) ! Moi j'ai fais la calcul ; c'est une inflation à 25% au global... C'est de la folie.

Regardez le prix des vacances en 2017... J'ai l'impression d'être devenu un citoyen du tier-monde... On n'a plus le même pouvoir d'achat sur certaines destinations ; les étrangers font exploser les prix.

Moi dans ma vie quotidienne ; je n'ai pas ce sentiment de déflation que vous constatez.


Ce que tu constates toi, c'est le corollaire du mécanisme déflationniste qui est en marche.

Pour compenser la paupérisation de la population, l'Etat prends le relai et fabrique de la fausse croissance au travers de la dépense publique.

En parallèle du chômage qui grandit, la pression fiscale sur le travailleurs, les entreprises (le consommateur) et l'épargnants se durcit.

Pour le moment, le prix du pétrole est un faux problème.

Pour les soins, je laisse le soin aux espèces d'étrons qui se plaignent du système français de santé et qui préféreraient vivre aux U.S t'expliquer le pourquoi du comment.

Ne vous faites pas d'illusion, ce n'est pas la baisse des prix que vous allez voir, mais l'effondrement de nos économies.

Re: Un retour de l'hyper-inflation ?

MessagePosté: Lun 24 Oct 2016 18:24
par azorgues
Merci pour vos points de vue.

Le scénario "catastrophe" est tout de même cette inflation des matière premières qui prouverai le manque de confiances des acteurs de l'économie...

Quand mon action Eramet fait du +30% ce mois-ci et que tous les sites boursier se mettent à vanter les matières premières .. Je n'ai pas l'impression d'y être si loin que ça de ce moment.