Le bal des vampires
C’est sans vergogne que les banquiers, tout juste sauvés de la faillite par les deniers publics, ont réussi à transférer leurs mauvaises dettes privées, en dettes d’Etats. Forts de cet incroyable privilège ils spéculent maintenant sur les dettes de ces mêmes nations. Leurs discrètes succursales plus connues sous le nom de Hedges Funds(1), cachées aux iles Caïmans, mènent la curée.
La ruine des particuliers étant consommée, ce sont dorénavant sur les nations et autour de leurs dettes souveraines que ces vautours se rassemblent. La piétaille a droit à un mea culpa savamment orchestré par la déesse aux cent bouches, histoire de patienter quelques heures dans les files d’attente de la Soupe Populaire(2). Les débats au sénat américain affichent complet, c’eut été une faute de goût électorale de ne pas participer à une telle pantomime ! On aurait aimé voir ces élus un peu plus assidus à l’audition de l’inspecteur général de la réserve fédérale américaine(3), incapable d’expliquer la disparition de 9000 milliards de $.
Quand les médias braquent leur objectif sur un scandale financier, quand un sénateur accuse une banque d’avoir vendu « des produits de merde », ne vous imaginez pas informés, mais juste anesthésiés. Ce qui se joue en coulisse, vous le comprendrez encore une fois trop tard. Mieux encore, Goldman Sachs s’est déjà entendu avec la police financière pour payer une amende et fermer toutes enquêtes…………Les aigles du Capitole vous ont juste offert un concert de psittacismes. Cette mise en scène ressemble à s’y méprendre au bon mot de Tristan Bernard, remplacez juste le mot femmes par citoyens :
Avec les femmes, il faudrait que les paroles soient d'autant plus respectueuses, quand les gestes le deviennent de moins en moins.
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