Robert a écrit:Quelle est l’influence du cours de « l’or-papier » sur le « cours » de « l’or-métal » c'est-à-dire en finale sur le prix des pièces que nous achetons (ou vendons) ?
Très forte et prédominante. Mais il faudrait aussi poser la question en sens inverse. Quelle est l'influence du marché du physique sur celui du papier ? Quasi-nulle, pour le moment... Mais cela n'empêche pas le marché du papier d'être relié à des problématiques fondamentales et physiques : coût d'extraction, stocks d'or "livrables"...
Robert a écrit:D’autre part il y a l’or-métal, dont on nous dit que le prix est fixé à Londres 2 fois par jour.
Voir le site du London Gold Fixing:
Pour moi le LBMA est aussi un marché papier. Certaines études d'
Adrian Douglas par exemple, déjà relayées sur le forum, montrent que ce marché fonctionne comme un système de réserves fractionnaires.
A noter aussi que la devise de cotation à Londres, est le
dollar pas la livre sterling et cela n'est pas neutre.
Le cours spot aussi bien que les fixings de Londres reflètent donc uniquement le prix de l'or papier.
Pour le cours du physique, ce qui s'en approche le plus chez nous c'est celui du lingot et des pièces chez Cpor Devises.
Durant des années, quasi aucune différence entre prix de l'or papier et cours des pièces. C'est ce qui rend la notion de "prime" si difficile à comprendre par certains. Mais depuis peu, la prime est là et je crois qu'elle est durable.
La prime de mon point de vue exprime le niveau de décorrélation entre papier et physique sur le marché de l'or.
Nous avons donc des cours du papier sous diverses formes (futures, LBMA, ETFs) apparemment peu impactés par nos achats physiques pour le moment.
A mon avis, certains marchés papiers seraient "légitimes" s'ils n'étaient pas autant trafiqués et manipulés.
Acheter de l'or à terme sur un marché de futures comme le Comex, le HKMEX, le PAGE, peut se justifier pour un joaillier ou raffineur craignant des difficultés d'approvionnement par exemple.
Et vendre à terme une partie de leur production pour stabiliser le bénéfice anticipé peut en principe se justifier de la part de sociétés minières.
Seuls ces types d'acteurs sur les marchés à terme devraient pouvoir bénéficier du statut privilégié de "commerciaux". Bien évidemment, ce n'est pas le cas et ce sont des banques qui jouissent de ce statut.
Ces marchés de futures ne sont tirés par les cours du physique que dans une circonstance, la backwardation (pénurie pour faire court). Une pénurie d'or livrable sur des produits très particuliers comme les barres de 400 onces.
Cette backwardation est inévitable pour l'or, et une backwardation prolongée signifierait peut-être la mort du dollar...
Je passe rapidement sur les ETFs qui faussent le marché d'une manière particulière et perverse, puisque lorsque des investisseurs veulent se réfugier sur du physique et demandent une livraison, c'est interpreté comme une liquidation de contrat d'achat et cela fait donc baisser les cours...
iron man a écrit:Cela veut dire que nous arriverons à un moment ou l'offre ne sera alors plus composé que d'or papier ?
Non, ça ne peut pas arriver ou sinon faillite des principaux marchés d'or papier, car une partie importante des intervenants de ces marchés est là pour trouver du physique véritable.
iron man a écrit:Cela peut aussi dire que nous sommes face à un compte à rebours. Que se passera t'il quand des gros joueurs se rendront compte qu'ils ne peuvent plus acheter du physique ?
Mon avis est que le compte à rebours est enclenché. Les places de marché sur lesquelles la fraude est la plus évidente pourraient faire faillite (ou bien cesser la cotation de l'or, ce qui revient au même).
Et la diversification des places, avec l'apparition de la
PAGE chinoise en juin 2012 (qui cotera l'or en yuans et non plus en dollars), pourrait très bien aider à faire exploser en vol les places les plus véreuses.