Cet article du journal Le Monde m'interpelle : (j'ai mis en couleur le passage qui m'inquiète)
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/art ... 55770.htmlAmende BNP : un risque pour le système bancaire ?
Les autorités françaises font valoir qu'une ponction de 10 milliards de dollars sur une banque de cette importance ne manquerait pas d'avoir un impact sur l'ensemble du système financier européen.
« Si on affaiblit la BNP », soupçonnée par la justice américaine d'avoir réalisé des opérations avec des pays sous embargo, comme le Soudan et l'Iran, entre 2002 et 2009, c'est « l'ensemble du système bancaire européen » qui sera visé, a affirmé mercredi 4 juin l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand.
De leur côté, les autorités françaises font également valoir qu'une ponction de 10 milliards de dollars sur une banque de cette importance ne manquerait pas d'avoir un impact sur l'ensemble du système financier européen.
« Caractère disproportionné des sanctions »
« Nous sommes là pour protéger la stabilité du système financier en France, pour s'assurer de sa capacité à financer correctement l'économie », française, et plus largement européenne, a déclaré mardi le ministre français des finances, Michel Sapin.
Le dossier BNP « fait certainement partie des sujets qui méritent d'être abordés » par les deux présidents, qui se rencontrent jeudi lors des cérémonies d'hommage au Débarquement, a-t-il ajouté.
Dès avril, le président français, François Hollande, s'est ému auprès de son homologue américain, Barack Obama, du « caractère disproportionné des sanctions envisagées et des risques associés à celles-ci », rapporte l'AFP.
Des risques « systémiques » ?
Les risques sont-ils si grands ? Sont-ils « systémiques », c'est-à-dire mettant en danger le système financier européen lui-même ?
L'agence de notation Standard and Poor's a menacé mercredi d'abaisser la note à long terme de BNP Paribas, actuellement fixée à A+ :
Amende record en vue pour BNP Paribas aux Etats-Unis ?
La banque pourrait être sanctionnée pour avoir contourné l'embargo américain sur plusieurs pays (Iran, Cuba, Soudan) en effectuant des paiements en dollars. Au total, elle pourrait payer plus de 10 milliards de dollars (7,35 milliards d'euros) ! Son avenir n'est cependant pas menacé.
« La surveillance négative reflète les incertitudes quant au dénouement de l'enquête. Cela inclut le montant de l'amende que pourrait avoir à payer BNP Paribas et la nature des sanctions additionnelles auxquelles elle pourrait faire face »
« Il faut attendre de voir la facture pour savoir quel sera son impact sur la banque« », abonde un analyste bancaire sous couvert d'anonymat. « Mais, même si la note était élevée, il n'est absolument pas question de la faillite de BNP Paribas. On ne se situe pas dans une affaire à caractère systémique », juge-t-il.
Une facture à déterminer
Pour l'heure, BNP Paribas a provisionné 1,1 milliard de dollars pour couvrir le litige mais elle a dit prévoir que le montant de l'amende puisse finalement être « très significativement supérieur ». Selon Alain Branchey, directeur senior chargé des institutions financières au sein de Fitch Ratings, « BNP Paribas devrait être capable d'absorber une amende par son résultat ou ses fonds propres ».
L'agence de notation, tout comme sa consœur Moody's, a surtout pointé le risque commercial pour l'établissement de faire face à un exode de clients, en particulier si son activité de compensation en dollars était suspendue par la justice américaine.
Lire : La chambre de compensation, la clé de l'amende BNP
Mais au-delà de la seule santé de la banque, il existe des risques d'effets secondaires. Si elle était de grande ampleur, l'amende devrait avant tout avoir un impact sur sa capacité à octroyer des financements, notamment aux entreprises.
« Ce qui m'inquiète, c'est le caractère imprévisible de la sanction. Cela peut renforcer la frilosité des banques, notamment pour le financement à l'export », souligne Bernard Cohen-Hadad, président de la commission financement des entreprises de l'organisation patronale française CGPME.
Obésité morbide du bilan des banques européennes
Il semble que le dossier ne soit pas suivi qu'en France. La Banque centrale européenne (BCE), qui a refusé de commenter le sujet, craindrait que la sanction encourue par BNP Paribas ne fasse tache d'huile, alors que d'autres banques européennes sont dans le viseur des autorités américaines, et que la croissance est toujours faible en zone euro.
Selon le Wall Street Journal, la BCE examinerait si les banques ont mis assez d'argent de côté pour couvrir les risques judiciaires qu'elles pourraient encourir. Et l'Autorité bancaire européenne a demandé aux régulateurs de chaque pays d'évaluer l'impact d'éventuelles sanctions, alors que vont être menés les tests de résistance censés vérifier la capacité de ces établissements à absorber des soubresauts économiques.
L'économiste David Thesmar s'interroge sur Twitter : les banques sont-elles devenues trop importantes pour pouvoir être mises à l'amende ? Citant le dernier rapport du Comité européen du risque systémique, il juge que le bilan des banques européennes, le volume de leurs engagements financiers, est devenu trop lourd pour être sain.
Si la BCE vérifie que les banques ont mis assez d'argent de côté, c'est qu'elle craint que d'autres banques sont peut-être visée par la "justice" américaine. Or, les banques européennes sont fragiles et le bail-in a été voté...
Faut-il s'attendre à un racket du système bancaire européen par les yankee et dès lors, un racket des citoyens ? Vu l'ampleur de l'endettement US, je m'attends à tout !