[...]Dans les années 50 et 60, les gouvernements de la planète pouvaient simplement venir à la Réserve fédérale, toquer à la "fenêtre de l'or" et échanger leurs dollars contre du métal jaune.
Et c'est bien ce qu'a fait De Gaulle.
Dès 1958, il a ordonné à la Banque de France d'accélérer le rythme auquel elle transformait ses réserves de nouveaux dollars en or physique. Rien qu'en 1965, il a envoyé la Marine française de l'autre côté de l'Atlantique pour emporter 150 millions de dollars en or; en 1967, les proportions des réserves nationales françaises détenues en or étaient passées de 71,4% à 91,9%. La moyenne européenne n'était qu'à 78,1% à l'époque.
En 1968, De Gaulle s'était retiré du Gold Pool de Londres -- un cartel gouvernemental qui travaillait activement à contrôler le prix de l’or pour le maintenir en ligne avec les 35 $/once ordonnés par le gouvernement US. Trois ans plus tard, alors que l'or était transporté par voie aérienne depuis Fort Knox vers New York pour répondre à la demande étrangère de paiement en or, Richard Nixon mit fin au petit jeu de De Gaulle. Il cessa purement et simplement de payer en or.
De Gaulle appela le dollar "le privilège exorbitant de l'Amérique", reprenant une phrase de son économiste préféré, Jacques Rueff. Ce privilège donnait aux Etats-Unis le droit exclusif d'imprimer le dollar, la "devise de réserve" de la planète, et de l'imposer au reste du monde en paiement de leurs dettes. Selon les accords d'après-guerre de Bretton Woods, en 1946, le dollar ne pouvait pas être refusé.
En fait, aux côtés de l'or -- contre lequel le dollar était parfaitement interchangeable jusqu'en 1971 -- la devise US était du véritable argent, quelque chose de solide. Tout le reste pâlissait, à côté du dollar impérial. Tout, sauf l'or.
Adrian Ash
Directeur de la Recherche
Bullionvault.com