Le métal jaune profite des dernières déclarations de la Réserve fédérale, qui a affaibli le dollar. Il a touché un nouveau plus haut à 1.296,30 dollars en séance à New York et a entraîné l'argent dans la foulée. Les prévisions des analystes restent positives.
C'est automatique. Dès que le dollar toussote, l'or brille de tous ses feux. Profitant des dernières déclarations de la Réserve fédérale américaine qui s'est dite prête mardi à assouplir à nouveau sa politique monétaire, l'once vole de record en record. L'or était hier à une encablure des 1.300 dollars. En séance, il a atteint un plus haut à 1.296,30 dollars, dépassant ainsi pour la première fois de son histoire, la barre des 1.290 dollars. Il a franchi de nouveaux sommets au cours des cinq dernières séances !
Une hausse de 11 % en deux mois
Les investisseurs craignant que la monnaie américaine ne se déprécie par de nouvelles émissions monétaires, l'or joue à plein son rôle de valeur refuge. Sur les deux derniers mois, le métal jaune a gagné 11 % ; depuis le début de l'année, sa progression dépasse 16 %. L'argent, son petit frère, n'est pas en reste. Il cotait hier en séance à 21,157 dollars, un plus haut depuis deux ans et demi, et se rapprochait d'un record vieux d'il y a trente ans.
En période de doutes, l'or rassure les investisseurs inquiets sur l'état de santé de l'économie américaine, la locomotive de l'économie mondiale. « C'est le seul actif qui est admis en mode de paiement dans toutes les cultures depuis la nuit des temps ; cela lui confère une valeur exceptionnelle. C'est aussi le seul actif entièrement souverain dont la valeur n'est pas soumise à des décisions d'autorités politiques. Personne n'émet de l'or. Il n'appartient à personne et n'a pas d'origine. On peut le fondre et refondre indéfiniment », rappelle Frédéric Lasserre, directeur de la recherche matières premières à la Société Générale.
Sur les marchés financiers, les anticipations restent positives, malgré ce rebond rapide. L'absence de vendeur structurel - le Fonds monétaire international étale ses ventes sur une longue période pour éviter tout soubresaut -constitue un fort soutien au mouvement haussier. Ce phénomène est d'autant plus exacerbé que les banques centrales des pays émergents, essentiellement dans la zone asiatique, à forts excédents commerciaux et soucieuses de diversifier leurs réserves de change au-delà du dollar, sont devenues acheteuses d'or depuis septembre 2009. Et ce, alors que les banques centrales des pays développés ont cessé de monnayer leurs réserves.
A court terme, « il n'y a donc aucune raison pour laquelle le métal jaune ne continuerait pas à grimper », commente un expert. A la Société Générale, les analystes prédisent que l'or battra les 1.300 dollars à la fin de l'année et ils s'attendent à ce que l'argent atteigne les 22 dollars en 2011. D'autres banques sont convaincues que le métal jaune franchira les 1.500 dollars.
http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... r=RSS-2012
