Je ne comprends pas les survivalistes qui envisagent cette "pratique" comme une assurance (autrement dit, de l'argent dépensé "au cas où", perdu s'il ne se passe rien, gagné si il arrive une catastrophe).
Enfin si, je comprends la démarche, mais je pense qu'ils loupent quelque chose, et que c'est cette vision de la chose qui pousse effectivement à se comporter in fine comme un gogo consommateur (consommateur de gadgets, mais aussi de solutions toutes faites, de prêt à penser), logique à l'inverse du "survivalisme" bien compris.
Pour moi, c'est avant tout un mode de vie qui doit rendre heureux, car (toujours selon moi), il est une sorte d'impératif pour que l'homme satisfasse sa nature. La nature de l'homme, c'est l'indépendance, c'est la possession de ses moyens de production, c'est la transformation du réel et le développement de ses capacités, mais toujours en adéquation avec l'ordre du monde. Je ne pense pas que le modèle actuel de civilisation permette cela. Je pense qu'il est même son exact opposé.
Pour clarifier mon propos, je me permets de citer Robert Heinlein:
« Un être humain devrait savoir changer une couche-culotte, planifier une invasion, égorger un cochon, manœuvrer un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, faire un bilan comptable, monter un mur, réduire une fracture, soutenir un mourant, prendre des ordres, donner des ordres, coopérer, agir seul, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, répandre de l'engrais, programmer un ordinateur, cuisiner un bon repas, se battre efficacement, et mourir bravement. La spécialisation, c'est bon pour les insectes. »
Cette démarche "d'assurance-vie", on peut l'avoir avec l'or, mais avec ce qu'on appelle le survivalisme, je trouve que c'est très réducteur.
Bref, si vous voulez une "BAD", vivez dedans, n'attendez pas la fin du monde si l'idée d'indépendance vous plait. Faites les choses pour de vrai, confrontez-vous au réel. Et pour tenter de le faire progressivement dans ma vie personnelle, je peux vous assurer que c'est vraiment plaisant (en tout cas pour l'instant, je reste prudent).
Le reste, encore une fois, c'est de la masturbation; c'est effectivement le ninja de salon pré pubère qui rêve de tuer des zombies comme sur sa ps3, le type qui a rien compris et qui pense que la guerre civile c'est fun, et que ce sera l'occasion de parcourir la campagne avec son flingue préféré (voire de faire le grand ménage de telle ou telle communauté), ou encore celui qui se croit plus malin et qui veut conserver son confort d'embourgeoisé grâce à son super plan B quand les autres crèveront la dalle... mais en attendant, il fait plein de blé avec son métier ignoble, alors pourquoi changer?
Dans tous ces cas, ce sont des démarches parasitaires et non universelles, qui risquent de plus de ne pas être viables très longtemps.

