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Elections Européennes 2014

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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar Stephane le Ven 30 Mai 2014 12:05

maraboo666 a écrit:ils n'ont toujours rien compris à la fonction essentielle de l'immigrationnisme dans le système capitaliste mondialisé, ni à la critique radicale qu' en avait fait Marx dans le Capital (§ 7/ Livre 1, je crois?) en choisissant l'exemple Irlandais pour développer son fameux concept de "surpopulation inhérente au système et d'armée de réserve".

Il n'y a bien sûr chez Marx aucune critique radicale de "l'immigrationnisme" (concept qui n'avait pas encore été inventé à son époque), ni même de critique de l'immigration tout court.
Le concept marxien de surpopulation relative et d'armée de réserve va bien au-delà de la seule question de l'immigration/émigration.
Cette surpopulation ouvrière (quel que soit le moyen de la créer, mais le chômage de masse étant le moyen principal) est essentielle/constitutive au capitalisme et n'existe que parce que le capitalisme existe. Il ne sert à rien de la mettre sur le dos des immigrés, qui n'y sont absolument pour rien. C'est le capitalisme lui-même qui crée ces oppositions artificielles parmi les travailleurs, les attiser c'est donc soutenir et appuyer ce régime capitaliste.

Je copie-colle le chapitre mentionné par maraboo afin que chacun puisse juger sur pièces.


!
Attention ! Pour ceux de nos lecteurs qui n'auraient jamais fourré leur nez dans des écrits économiques de Marx (ses écrits historiques et politiques sont bien plus populaires et accessibles), la lecture de ce qui va suivre est réellement ardue.
Vous êtes avertis que la lecture de ce texte est susceptible de provoquer une augmentation irrémédiable de votre Quotient Intellectuel, et même dans certains cas graves de changer totalement votre vision du monde.
Poursuivez donc la lecture à vos risques et périls...


Chapitre XXV : Loi générale de l’accumulation capitaliste
III. - Production croissante d’une surpopulation relative ou d’une armée industrielle de réserve

La demande de travail absolue qu'occasionne un capital est en raison non de sa grandeur absolue, mais de celle de sa partie variable. qui seule s'échange contre la force ouvrière. La demande de travail relative qu'occasionne un capital, c'est-à-dire la proportion entre sa propre grandeur et la quantité de travail qu'il absorbe, est déterminée par la grandeur proportionnelle de sa fraction variable Nous venons de démontrer que l'accumulation qui fait grossir le capital social réduit simultanément la grandeur proportionnelle de sa partie variable et diminue ainsi la demande de travail relative. Maintenant, quel est l'effet de ce mouvement sur le sort de la classe salariée ?

Pour résoudre ce problème, il est clair qu'il faut d'abord examiner de quelle manière l'amoindrissement subi par la partie variable d'un capital en voie d'accumulation affecte la grandeur absolue de cette partie, et par conséquent de quelle manière une diminution survenue dans la demande de travail relative réagit sur la demande de travail absolue ou effective.

Tant qu'un capital ne change pas de grandeur, tout décroissement proportionnel de sa partie variable en est du même coup un décroissement absolu. Pour qu'il en soit autrement, il faut que le décroissement proportionnel soit contrebalancé par une augmentation survenue dans la somme totale de la valeur-capital avancée. La partie variable qui fonctionne comme fonds de salaire diminue donc en raison directe du décroissement de sa grandeur proportionnelle et en raison inverse de l'accroissement simultané du capital tout entier. Partant de cette prémisse, nous obtenons les combinaisons suivantes :

Premièrement : Si la grandeur proportionnelle du capital variable décroît en raison inverse de l'accroissement du capital tout entier, le fonds de salaire ne change pas de grandeur absolue. Il s'élèvera, par exemple toujours à quatre cents francs, qu'il forme deux cinquièmes d'un capital de mille francs ou un cinquième d'un capital de deux mille francs.

Deuxièmement : Si la grandeur proportionnelle du capital variable décroît en raison supérieure à celle de l'accroissement du capital tout entier, le fonds de salaire subit une diminution absolue, malgré l'augmentation absolue de la valeur-capital avancée.

Troisièmement : Si la grandeur proportionnelle du capital variable décroît en raison inférieure à celle de l'accroissement du capital tout entier, le fonds de salaire subit une augmentation absolue, malgré la diminution survenue dans sa grandeur proportionnelle.

Au point de vue de l'accumulation sociale, ces différentes combinaisons affectent la forme et d'autant de phases successives que les masses du capital social réparties entre les différentes sphères de production parcourent l'une après l'autre, souvent en sens divers, et d'autant de conditions diverses simultanément présentées par différentes sphères de production. Dans le chapitre sur la grande industrie nous avons considéré ces deux aspects du mouvement.

On se souvient, par exemple, de fabriques où un même nombre d'ouvriers suffit à mettre en œuvre une somme croissante de matières et d'outillage. Là l'accroissement du capital ne provenant que de l'extension de sa partie constante fait diminuer d'autant la grandeur proportionnelle de sa partie variable ou la masse proportionnelle de la force ouvrière exploitée, mais n'en altère pas la grandeur absolue.

Comme exemples d'une diminution absolue du nombre des ouvriers occupés dans certaines grandes branches d'industrie et de son augmentation simultanée dans d'autres, bien que toutes se soient également signalées par l'accroissement du capital y engagé et le progrès de leur productivité, nous mentionnerons ici qu'en Angleterre, de 1851 à 1861, le personnel engagé dans l'agriculture s'est abaissé de deux millions onze mille quatre cent quarante-sept individus à un million neuf cent vingt-quatre mille cent dix; celui engagé dans la manufacture de laine longue de cent deux mille sept cent quatorze à soixante-dix-neuf mille deux cent quarante-neuf; celui engagé dans la fabrique de soie de cent onze mille neuf cent quarante à cent un mille six cent soixante-dix-huit, tandis que dans la même période le personnel engagé dans la filature et la tissanderie de coton s'est élevé de trois cent soixante et onze mille sept cent soixante-dix-sept individus à quatre cent cinquante-six mille six cent quarante-six, et celui engagé dans les manufactures de fer de soixante-huit mille cinquante-trois à cent vingt-cinq mille sept cent onze [1].

Enfin, quant à l'autre face de l'accumulation sociale, qui montre son progrès dans une même branche d'industrie alternativement suivi d'augmentation, de diminution ou de l'état stationnaire du chiffre des ouvriers employés, l'histoire des péripéties subies par l'industrie cotonnière nous en a fourni l'exemple le plus frappant.

En examinant une période de plusieurs années, par exemple, une période décennale, nous trouverons en général qu'avec le progrès de l'accumulation sociale le nombre des ouvriers exploités s'est aussi augmenté, bien que les différentes années prises à part contribuent à des degrés très divers à ce résultat, ou que certaines même n'y contribuent pas du tout. Il faut donc bien que l'état stationnaire, ou le décroissement, du chiffre absolu de le population ouvrière occupée, qu'on trouve au bout du compte dans quelques industries à côté d'un considérable accroissement du capital y engagé, aient été plus que compensés par d'autres industries où l'augmentation de la force ouvrière employée l'a définitivement emporté sur les mouvements en sens contraire. Mais ce résultat ne s'obtient qu'au milieu de secousses et dans des conditions de plus en plus difficiles à remplir.

Le décroissement proportionnel de grandeur que la partie variable du capital subit, dans le cours de l'accumulation et de l'extension simultanée des puissances du travail, est progressif. Que, par exemple, le rapport entre le capital constant et le capital variable fût à l'origine comme 1 : 1, et il deviendra 2 : 1, 3 : 1, 5 : 1, 6 : 1, etc., en sorte que de degré en degré 2/3, 3/4, 5/6, 6/7, etc. de la valeur-capital totale, s'avancent en moyens de production et, par contre, 1/3, 1/4, 1/6, 1/7, etc., seulement, en force ouvrière

Quand même la somme totale du capital serait dans le même ordre, triplée, quadruplée, sextuplée, septuplée, etc., cela ne suffirait pas à faire augmenter le nombre des ouvriers employés. Pour produire cet effet, il faut que l'exposant de la raison dans laquelle la masse du capital social augmente soit supérieur à celui de la raison dans laquelle le fonds de salaire diminue de grandeur proportionnelle.

Donc, plus bas est déjà descendu son chiffre proportionnel, plus rapide doit être la progression dans laquelle le capital social augmente : mais cette progression même devient la source de nouveaux changements techniques qui réduisent encore la demande de travail relative. Le jeu est donc à recommencer.

Dans le chapitre sur la grande industrie, nous avons longuement traité des causes qui font qu'en dépit des tendances contraires les rangs des salariés grossissent avec le progrès de l'accumulation. Nous rappellerons ici en quelques mots ce qui a immédiatement trait à notre sujet.

Le même développement des pouvoirs productifs du travail, qui occasionne une diminution, non seulement relative, mais souvent absolue, du nombre des ouvriers employés dans certaines grandes branches d'industrie, permet à celles-ci de livrer une masse toujours croissante de produits à bon marché. Elles stimulent ainsi d'autres industries, celles à qui elles fournissent des moyens de production, ou bien celles dont elles tirent leurs matières, instruments, etc.; elles en provoquent l'extension. L'effet produit sur le marché de travail de ces industries sera très considérable, si le travail à la main y prédomine. « L'augmentation du nombre des ouvriers », dit le rédacteur officiel du Recensement du Peuple Anglais en 1861, - « atteint en générai son maximum dans les branches d'industrie où les machines n'ont pas encore été introduites avec succès [2]. » Mais nous avons vu ailleurs que toutes ces industries passent à leur tour par la métamorphose technique qui les adapte au mode de production moderne.

Les nouvelles branches de la production auxquelles le progrès économique donne lieu forment autant de débouchés additionnels pour le travail. A leur origine ils revêtent la forme du métier, de la manufacture, ou enfin celle de la grande industrie. Dans les deux premiers cas, il leur faudra passer par la transformation mécanique, dans le dernier la centralisation du capital leur permet de mettre sur pied d'immenses armées industrielles qui étonnent la vue et semblent sortir de terre. Mais, si vaste que paraisse la force ouvrière ainsi embauchée, son chiffre proportionnel, tout d'abord faible comparé à la masse du capital engagé, décroît aussitôt que ces industries ont pris racine.

Enfin, il y a des intervalles où les bouleversements techniques se font moins sentir, où l'accumulation se présente davantage comme un mouvement d'extension quantitative sur la nouvelle base technique une fois acquise. Alors, quelle que soit la composition actuelle du capital, la loi selon laquelle la demande de travail augmente dans la même proportion que le capital recommence plus ou moins à opérer. Mais, en même temps que le nombre des ouvriers attirés par le capital atteint son maximum, les produits deviennent si surabondants qu'au moindre obstacle dans leur écoulement le mécanisme social semble s'arrêter; la répulsion du travail par le capital opère tout d'un coup, sur la plus vaste échelle et de la manière la plus violente; le désarroi même impose aux capitalistes des efforts suprêmes pour économiser le travail. Des perfectionnements de détail graduellement accumulés se concentrent alors pour ainsi dire sous cette haute pression; ils s'incarnent dans des changements techniques qui révolutionnent la composition du capital sur toute la périphérie de grandes sphères de production. C'est ainsi que la guerre civile américaine poussa les filateurs anglais à peupler leurs ateliers de machines plus puissantes et à les dépeupler de travailleurs. Enfin, la durée de ces intervalles où l'accumulation favorise le plus la demande de travail se raccourcit progressivement.

Ainsi donc, dès que l'industrie mécanique prend le dessus, le progrès de l'accumulation redouble l'énergie des forces qui tendent à diminuer la grandeur proportionnelle du capital variable et affaiblit celles qui tendent à en augmenter la grandeur absolue. Il augmente avec le capital social dont il fait partie, mais il augmente en proportion décroissante [3].

La demande de travail effective étant réglée non seulement par la grandeur du capital variable déjà mis en œuvre, mais encore par la moyenne de son accroissement continu, l'offre de travail reste normale tant qu'elle suit ce mouvement. Mais, quand le capital variable descend à une moyenne d'accroissement inférieure, la même offre de travail qui était jusque-là normale devient désormais anormale, surabondante, de sorte qu'une fraction plus ou moins considérable de la classe salariée, ayant cessé d'être nécessaire pour la mise en valeur du capital, et perdu sa raison d'être, est maintenant devenue superflue, surnuméraire. Comme ce jeu continue à se répéter avec la marche ascendante de l'accumulation, celle-ci traîne à sa suite une surpopulation croissante.

La loi de la décroissance proportionnelle du capital variable, et de la diminution correspondante dans la demande de travail relative, a donc pour corollaires l'accroissement absolu du capital variable et l'augmentation absolue de la demande de travail suivant une proportion décroissante, et enfin pour complément : la production d'une surpopulation relative. Nous l'appelons « relative », parce qu'elle provient non d'un accroissement positif de la population ouvrière qui dépasserait les limites de la richesse en voie d'accumulation, mais, au contraire, d'un accroissement accéléré du capital social qui lui permet de se passer d'une partie plus ou moins considérable de ses manouvriers. Comme cette surpopulation n'existe que par rapport aux besoins momentanés de l'exploitation capitaliste, elle peut s'enfler et se resserrer d'une manière subite.

En produisant l'accumulation du capital, et à mesure qu'elle y réussit, la classe salariée produit donc elle-même les instruments de sa mise en retraite ou de sa métamorphose en surpopulation relative. Voilà la loi de population qui distingue l'époque capitaliste et correspond à son mode de production particulier. En effet, chacun des modes historiques de la production sociale a aussi sa loi de population propre, loi qui ne s'applique qu'à lui, qui passe avec lui et n'a par conséquent qu'une valeur historique. Une loi de population abstraite et immuable n'existe que pour la plante et l'animal, et encore seulement tant qu'ils ne subissent pas l'influence de l'homme.

La loi du décroissement progressif de la grandeur proportionnelle du capital variable, et les effets qu'elle produit sur l'état de la classe salariée, ont été plutôt pressentis que compris par quelques économistes distingués de l'école classique. Le plus grand mérite à cet égard revient à John Barton, bien qu'il confonde le capital constant avec le capital fixe et le capital variable avec le capital circulant. Dans ses « Observations sur les circonstances qui influent sur la condition des classes laborieuses de la société », il dit :

« La demande de travail dépend de l'accroissement non du capital fixe, mais du capital circulant. S'il était vrai que la proportion entre ces deux sortes de capital soit la même en tout temps et dans toute circonstance, il s'ensuivrait que le nombre des travailleurs employés est en proportion de la richesse nationale. Mais une telle proposition n'a pas la moindre apparence de probabilité. A mesure que les arts sont cultivés et que la civilisation s'étend, le capital fixe devient de plus en plus considérable, par rapport au capital circulant. Le montant de capital fixe employé dans une pièce de mousseline anglaise est au moins cent fois et probablement mille fois plus grand que celui qu'exige une pièce pareille de mousseline indienne. Et la proportion du capital circulant est cent ou mille fois plus petite... L'ensemble des épargnes annuelles, ajouté au capital fixe, n'aurait pas le pouvoir d'augmenter la demande de travail [4]. » Ricardo, tout en approuvant les vues générales de Barton, fait cependant, à propos du passage cité, cette remarque : « Il est difficile de comprendre que l'accroissement du capital ne puisse, en aucune circonstance, être suivi d'une plus grande demande de travail; ce qu'on peut dire tout au plus, c'est que la demande se fera dans une proportion décroissante (« the demand will be in a diminishing ratio [5]. »). » Il dit ailleurs : « Le fonds d'où les propriétaires fonciers et les capitalistes tirent leurs revenus peut augmenter en même temps que l'autre, dont la classe ouvrière dépend, peut diminuer; il en résulte que la même cause (à savoir : la substitution de machines au travail humain) qui fait monter le revenu net d'un pays peut rendre la population surabondante (« render the population redundant ») et empirer la condition du travailleur [6]. » Richard Jones déclare à son tour : « Le montant du capital destiné à l'entretien du travail peut varier indépendamment de tout changement dans la masse totale du capital... De grandes fluctuations dans la somme du travail employé et de grandes souffrances peuvent devenir plus fréquentes à mesure que le capital lui-même devient plus abondant[7]. » Citons encore Ramsay : « La demande de travail s'élève... non en proportion du capital général. Avec le progrès de la société, toute augmentation du fonds national destiné à la reproduction arrive à avoir de moins en moins d'influence sur le sort du travailleur [8] »

Si l'accumulation, le progrès de la richesse sur la base capitaliste, produit donc nécessairement une surpopulation ouvrière, celle-ci devient à son tour le levier le plus puissant de l'accumulation, une condition d'existence de la production capitaliste dans son état de développement intégral. Elle forme une armée de réserve industrielle qui appartient au capital d'une manière aussi absolue que s'il l'avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit à ses besoins de valorisation flottants, et, indépendamment de l'accroissement naturel de la population, la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible.

La présence de cette réserve industrielle, sa rentrée tantôt partielle, tantôt générale, dans le service actif, puis sa reconstitution sur un cadre plus vaste, tout cela se retrouve au fond de la vie accidentée que traverse l'industrie moderne, avec son cycle décennal à peu près régulier - à part des autres secousses irrégulières - de périodes d'activité ordinaire, de production à haute pression, de crise et de stagnation.

Cette marche singulière de l'industrie, que nous ne rencontrons à aucune époque antérieure de l'humanité, était également impossible dans la période d'enfance de la production capitaliste. Alors, le progrès technique étant lent et se généralisant plus lentement encore, les changements dans la composition du capital social se firent à peine sentir. En même temps l'extension du marché colonial récemment créé, la multiplication correspondante des besoins et des moyens de les satisfaire, la naissance de nouvelles branches d'industrie, activaient, avec l'accumulation, la demande de travail. Bien que peu rapide, au point de vue de notre époque, le progrès de l'accumulation vint se heurter aux limites naturelles de la population, et nous verrons plus tard qu'on ne parvint à reculer ces limites qu'à force de coups d'État. C'est seulement sous le régime de la grande industrie que la production d'un superflu de population devient un ressort régulier de la production des richesses.

Si ce régime doue le capital social d'une force d'expansion soudaine, d'une élasticité merveilleuse, c'est que, sous l'aiguillon de chances favorables, le crédit fait affluer à la production des masses extraordinaires de la richesse sociale croissante, de nouveaux capitaux dont les possesseurs, impatients de les faire valoir, guettent sans cesse le moment opportun; c'est, d'un autre côté, que les ressorts techniques de la grande industrie permettent, et de convertir soudainement en moyens de production supplémentaires un énorme surcroît de produits, et de transporter plus rapidement les marchandises d'un coin du monde à l'autre. Si le bas prix de ces marchandises leur fait d'abord ouvrir de nouveaux débouchés et dilate les anciens, leur surabondance vient peu à peu resserrer le marché général jusqu'au point où elles en sont brusquement rejetées. Les vicissitudes commerciales arrivent ainsi à se combiner avec les mouvements alternatifs du capital social qui, dans le cours de son accumulation, tantôt subit des révolutions dans sa composition, tantôt s'accroît sur la base technique une fois acquise. Toutes ces influences concourent à provoquer des expansions et des contractions soudaines de l'échelle de la production.

L'expansion de la production par des mouvements saccadés est la cause première de sa contraction subite; celle-ci, il est vrai, provoque à son tour celle-là, mais l'expansion exorbitante de la production, qui forme le point de départ, serait-elle possible sans une armée de réserve aux ordres du capital, sans un surcroît de travailleurs indépendant de l'accroissement naturel de la population ? Ce surcroît s'obtient à l'aide d'un procédé bien simple et qui tous les jours jette des ouvriers sur le pavé, à savoir l'application de méthodes qui, rendant le travail plus productif, en diminuent la demande. La conversion, toujours renouvelée, d'une partie de la classe ouvrière en autant de bras à demi occupés ou tout à fait désœuvrés, imprime donc au mouvement de l'industrie moderne sa forme typique.

Comme les corps célestes une fois lancés dans leurs orbes les décrivent pour un temps indéfini, de même la production sociale une fois jetée dans ce mouvement alternatif d'expansion et de contraction le répète par une nécessité mécanique. Les effets deviennent causes à leur tour, et des péripéties, d'abord irrégulières et en apparence accidentelles, affectent de plus en plus la forme d'une périodicité normale. Mais c'est seulement de l'époque où l'industrie mécanique, ayant jeté des racines assez profondes, exerça une influence prépondérante sur toute la production nationale; où, grâce à elle, le commerce étranger commença à primer le commerce intérieur; où le marché universel s'annexa successivement de vastes terrains au Nouveau Monde, en Asie et en Australie; où enfin les nations industrielles entrant en lice furent devenues assez nombreuses, c'est de cette époque seulement que datent les cycles renaissants dont les phases successives embrassent des années et qui aboutissent toujours à une crise générale, fin d'un cycle et point de départ d'un autre. Jusqu'ici la durée périodique de ces cycles est de dix ou onze ans, mais il n'y a aucune raison pour considérer ce chiffre comme constant. Au contraire, on doit inférer des lois de la production capitaliste, telles que nous venons de les développer, qu'il est variable et que la période des cycles se raccourcira graduellement.

Quand la périodicité des vicissitudes industrielles sauta aux yeux de tout le monde, il se trouva aussi des économistes prêts à avouer que le capital ne saurait se passer de son armée de réserve, formée par l'infima plebs des surnuméraires.

« Supposons », dit H. Merrivale, qui fut tour à tour professeur d'économie politique à l'Université d'Oxford, employé au ministère des colonies anglaises et aussi un peu historien, « supposons qu'à l'occasion d'une crise la nation s'astreigne à un grand effort pour se débarrasser, au moyen de l'émigration, de quelque cent mille bras superflus, quelle en serait la conséquence ? C'est qu'au premier retour d'une demande de travail plus vive l'on se heurterait contre un déficit. Si rapide que puisse être la reproduction humaine, il lui faut en tout cas l'intervalle d'une génération pour remplacer des travailleurs adultes. Or les profits de nos fabricants dépendent surtout de leur faculté d'exploiter le moment favorable d'une forte demande et de s'indemniser ainsi pour la période de stagnation. Cette faculté ne leur est assurée qu'autant qu’ils ont à leur disposition des machines et des bras; il faut qu'ils trouvent là les bras; il faut qu'ils puissent tendre et détendre selon le caprice du marché, l'activité de leurs opérations, sinon ils seront tout à fait incapables de soutenir dans la lutte acharnée de la concurrence cette suprématie sur laquelle repose la richesse de notre pays [9]. » Malthus lui-même, bien que de son point de vue borné il explique la surpopulation par un excédent réel de bras et de bouches, reconnaît néanmoins en elle une des nécessités de l'industrie moderne. Selon lui, « les habitudes de prudence dans les rapports matrimoniaux, si elles étaient poussées trop loin parmi la classe ouvrière d'un pays dépendant surtout des manufactures et du commerce, porteraient préjudice à ce pays... Par la nature même de la population, une demande particulière ne peut pas amener sur le marché un surcroît de travailleurs avant un laps de seize ou dix-huit ans, et la conversion du revenu en capital par la voie de l'épargne peut s'effectuer beaucoup plus vite. Un pays est donc toujours exposé à ce que son fonds de salaire croisse plus rapidement que sa population [10]. » Après avoir ainsi bien constaté que l'accumulation capitaliste ne saurait se passer d'une surpopulation ouvrière, l'économie politique adresse aux surnuméraires, jetés sur le pavé par l'excédent de capital qu'ils ont créé, ces paroles gracieuses, pertinemment attribuées à des fabricants-modèles : « Nous fabricants, nous faisons tout notre possible pour vous; c'est à vous de faire le reste, en proportionnant votre nombre à la quantité des moyens de subsistance [11]. »

Le progrès industriel, qui suit la marche de l'accumulation, non seulement réduit de plus en plus le nombre des ouvriers nécessaires pour mettre en œuvre une masse croissante de moyens de production, il augmente en même temps la quantité de travail que l'ouvrier individuel doit fournir. A mesure qu'il développe les pouvoirs productifs du travail et fait donc tirer plus de produits de moins de travail, le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail du salarié, soit en prolongeant sa journée, soit en rendant son labeur plus intense, ou encore d’augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l'homme par la femme, l'adulte par l'adolescent et l'enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l'offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires.

L'excès de travail imposé à la fraction de la classe salariée qui se trouve en service actif grossit les rangs de la réserve, et, en augmentant la pression que la concurrence de la dernière exerce sur la première, force celle-ci à subir plus docilement les ordres du capital. A cet égard il est très instructif de comparer les remontrances des fabricants anglais au dernier siècle, à la veille de la révolution mécanique, avec celles des ouvriers de fabrique anglais en plein XIX° siècle. Le porte-parole des premiers, appréciant fort bien l'effet qu'une réserve de surnuméraires produit sur le service actif, s'écrie : « Dans ce royaume une autre cause de l'oisiveté, c'est le manque d'un nombre suffisant de bras. Toutes les fois qu'une demande extraordinaire rend insuffisante la masse de travail qu'on a sous la main, les ouvriers sentent leur propre importance et veulent la faire sentir aux maîtres. C'est étonnant, mais ces gens-là sont si dépravés, que dans de tels cas des groupes d'ouvriers se sont mis d'accord pour jeter leurs maîtres dans l'embarras en cessant de travailler pendant toute une journée [12] », c'est-à-dire que ces gens « dépravés » s'imaginaient que le prix des marchandises est réglé par la « sainte » loi de l'offre et la demande.

Aujourd'hui les choses ont bien changé, grâce au développement de l'industrie mécanique. Personne n'oserait plus prétendre, dans ce bon royaume d'Angleterre, que le manque de bras rend les ouvriers oisifs ! Au milieu de la disette cotonnière, quand les fabriques anglaises avaient jeté la plupart de leurs hommes de peine sur le pavé et que le reste n'était occupé que quatre ou six heures par jour, quelques fabricants de Bolton tentèrent d'imposer à leurs fileurs un temps de travail supplémentaire, lequel, conformément à la loi sur les fabriques, ne pouvait frapper que les hommes adultes. Ceux-ci répondirent par un pamphlet d'où nous extrayons le passage suivant : « On a proposé aux ouvriers adultes de travailler de douze à treize heures par jour, à un moment où des centaines d'entre eux sont forcés de rester oisifs, qui cependant accepteraient volontiers même une occupation partielle pour soutenir leurs familles et sauver leurs frères d'une mort prématurée causée par l'excès de travail... Nous le demandons, cette habitude d'imposer aux ouvriers occupés un temps de travail supplémentaire permet-elle d'établir des rapports supportables entre les maîtres et leurs serviteurs ? Les victimes du travail excessif ressentent l'injustice tout autant que ceux que l'on condamne à l'oisiveté forcée (condemned to forced idleness). Si le travail était distribué d'une manière équitable, il y aurait dans ce district assez de besogne pour que chacun en eût sa part. Nous ne demandons que notre droit en invitant nos maîtres à raccourcir généralement la journée tant que durera la situation actuelle des choses, au lieu d'exténuer les uns de travail et de forcer les autres, faute de travail, à vivre des secours de la bienfaisance [13]. »

La condamnation d'une partie de la classe salariée à l'oisiveté forcée non seulement impose à l'autre un excès de travail qui enrichit des capitalistes individuels, mais du même coup, et au bénéfice de la classe capitaliste, elle maintient l'armée industrielle de réserve en équilibre avec le progrès de l'accumulation. Prenez par exemple l'Angleterre : quel prodige que la masse, la multiplicité et la perfection des ressorts techniques qu'elle met en œuvre pour économiser le travail ! Pourtant, si le travail était demain réduit à une mesure normale, proportionnée à l'âge et au sexe des salariés, la population ouvrière actuelle ne suffirait pas, il s'en faut de beaucoup, à l’œuvre de la production nationale. Bon gré, mal gré, il faudrait convertir de soi-disant « travailleurs improductifs » en « travailleurs productifs ».

Les variations du taux général des salaires ne répondent donc pas à celles du chiffre absolu de la population; la proportion différente suivant laquelle la classe ouvrière se décompose en armée active et en armée de réserve, l'augmentation ou la diminution de la surpopulation relative, le degré auquel elle se trouve tantôt « engagée », tantôt « dégagée », en un mot, ses mouvements d'expansion et de contraction alternatifs correspondant à leur tour aux vicissitudes du cycle industriel, voilà ce qui détermine exclusivement ces variations. Vraiment ce serait une belle loi pour l'industrie moderne que celle qui ferait dépendre le mouvement du capital d'un mouvement dans le chiffre absolu de la population ouvrière, au lieu de régler l'offre du travail par l'expansion et la contraction alternatives du capital fonctionnant, c'est-à-dire d'après les besoins momentanés de la classe capitaliste. Et c'est pourtant là le dogme économiste !

Conformément à ce dogme, l'accumulation produit une hausse de salaires, laquelle fait peu à peu accroître le nombre des ouvriers jusqu'au point où ils encombrent tellement le marché que le capital ne suffit plus pour les occuper tous à la fois. Alors le salaire tombe, la médaille tourne et montre son revers. Cette baisse décime la population ouvrière, si bien que, par rapport à son nombre, le capital devient de nouveau surabondant, et nous voilà revenus à notre point de départ.

Ou bien, selon d'autres docteurs ès population, la baisse des salaires et le surcroît d'exploitation ouvrière qu'elle entraîne stimulent de nouveau l'accumulation, et en même temps cette modicité du salaire empêche la population de s'accroître davantage. Puis, un moment arrive où la demande de travail recommence à en dépasser l'offre, les salaires montent, et ainsi de suite.

Et un mouvement de cette sorte serait compatible avec le système développé de la production capitaliste ! Mais, avant que la hausse des salaires eût effectué la moindre augmentation positive dans le chiffre absolu de la population réellement capable de travailler, on aurait vingt fois laissé passer le temps où il fallait ouvrir la campagne industrielle, engager la lutte et remporter la victoire !

De 1849 à 1859, une hausse de salaires insignifiante eut lieu dans les districts agricoles anglais, malgré la baisse simultanée du prix des grains. Dans le Wiltshire, par exemple, le salaire hebdomadaire monta de sept shillings à huit, dans le Dorsetshire ou huit shillings à neuf, etc. C'était l'effet d'un écoulement extraordinaire des surnuméraires ruraux, occasionné par les levées pour la guerre de Crimée, par la demande de bras que l'extension prodigieuse des chemins de fer, des fabriques, des mines, etc., avait provoquée. Plus le taux des salaires est bas, plus forte est la proportion suivant laquelle s'exprime toute hausse, même la plus faible. Qu'un salaire hebdomadaire de vingt shillings, par exemple, monte à vingt-deux, cela ne donne qu'une hausse de dix pour cent : n'est-il au contraire que de sept shillings et monte-t-il à neuf, alors la hausse s'élève à vingt-huit quatre septièmes pour cent, ce qui sonne mal aux oreilles. En tout cas, les fermiers poussèrent des hurlements et l'Economist de Londres, à propos de ces salaires de meurt de faim, parla sans rire d'une hausse générale et sérieuse, « a general and substantial advance [14] ». Mais que firent les fermiers ? Attendirent-ils qu'une rémunération si brillante fît pulluler les ouvriers ruraux et préparât de cette manière les bras futurs, requis pour encombrer le marché et déprimer les salaires de l'avenir ? C'est en effet ainsi que la chose se passe dans les cerveaux doctrinaires. Par contre, nos braves fermiers eurent tout simplement recours aux machines, et l'armée de réserve fut bientôt recrutée au grand complet. Un surplus de capital, avancé sous la forme d'instruments puissants, fonctionna dès lors dans l'agriculture anglaise, mais le nombre des ouvriers agricoles subit une diminution absolue.

Les économistes confondent les lois qui régissent le taux général du salaire et expriment des rapports entre le capital collectif et la force ouvrière collective, avec les lois qui distribuent la population entre les diverses sphères de placement du capital.

Des circonstances particulières favorisent l'accumulation tantôt dans telle branche d'industrie, tantôt dans telle autre. Dès que les profits y dépassent le taux moyen, des capitaux additionnels sont fortement attirés, la demande de travail s'en ressent, devient plus vive et fait monter les salaires. Leur hausse attire une plus grande partie de la classe salariée à la branche privilégiée, jusqu'à ce que celle-ci soit saturée de force ouvrière, mais, comme l'affluence des candidats continue, le salaire retombe bientôt à son niveau ordinaire ou descend plus bas encore. Alors l'immigration des ouvriers va non seulement cesser, mais faire place à leur émigration en d'autres branches d'industrie. Là l'économiste se flatte d'avoir surpris le mouvement social sur le fait. Il voit de ses propres yeux que l'accumulation du capital produit une hausse des salaires, cette hausse une augmentation des ouvriers, cette augmentation une baisse des salaires, et celle-ci enfin une diminution des ouvriers. Mais ce n'est après tout qu'une oscillation locale du marché de travail qu'il vient d'observer, oscillation produite par le mouvement de distribution des travailleurs entre les diverses sphères de placement du capital.

Pendant les périodes de stagnation et d'activité moyenne, l'armée de réserve industrielle pèse sur l'armée active, pour en refréner les prétentions pendant la période de surproduction et de haute prospérité. C'est ainsi que la surpopulation relative, une fois devenue le pivot sur lequel tourne la loi de l'offre et la demande de travail, ne lui permet de fonctionner qu'entre des limites qui laissent assez de champ à l'activité d'exploitation et à l'esprit dominateur du capital.

Revenons, à ce propos, sur un grand exploit de la « science ». Quand une partie du fonds de salaires vient d'être convertie en machines, les utopistes de l'économie politique prétendent que cette opération, tout en déplaçant, à raison du capital ainsi fixé, des ouvriers jusque-là occupés, dégage en même temps un capital de grandeur égale pour leur emploi futur dans quelque autre branche d'industrie. Nous avons déjà montré (voir « Théorie de la compensation », chapitre XV, numéro VI), qu'il n'en est rien; qu'aucune partie de l'ancien capital ne devient ainsi disponible pour les ouvriers déplacés, mais qu'eux-mêmes deviennent au contraire disponibles pour les capitaux nouveaux, s'il y en a. Ce n'est que maintenant qu'on peut apprécier toute la frivolité de cette « théorie de compensation ».

Les ouvriers atteints par une conversion partielle du fonds de salaire en machines appartiennent à diverses catégories. Ce sont d'abord ceux qui ont été licenciés, ensuite leurs remplaçants réguliers, enfin le contingent supplémentaire absorbé par une industrie dans son état ordinaire d'extension. Ils sont maintenant tous disponibles, et tout capital additionnel, alors sur le point d'entrer en fonction, en peut disposer. Qu'il attire eux ou d'autres, l'effet qu'il produit sur la demande générale du travail restera toujours nul, si ce capital suffit juste pour retirer du marché autant de bras que les machines y en ont jetés. S'il en retire moins, le chiffre du surnumérariat augmentera au bout du compte, et, enfin, s'il en retire davantage, la demande générale du travail ne s'accroîtra que de l'excédent des bras qu'il « engage » sur ceux que la machine a « dégagés ». L'impulsion que des capitaux additionnels, en voie de placement, auraient autrement donnée à la demande générale de bras, se trouve donc en tout cas neutralisée, jusqu'à concurrence des bras jetés par les machines sur le marché du travail.

Et c'est là l'effet général de toutes les méthodes qui concourent à rendre des travailleurs surnuméraires. Grâce à elles, l'offre et la demande de travail cessent d'être des mouvements partant de deux côtés opposés, celui du capital et celui de la force ouvrière. Le capital agit des deux côtés à la fois. Si son accumulation augmente la demande de bras, elle en augmente aussi l'offre en fabriquant des surnuméraires. Ses dés sont pipés. Dans ces conditions la loi de l'offre et la demande de travail consomme le despotisme capitaliste.

Aussi, quand les travailleurs commencent à s'apercevoir que leur fonction d'instruments de mise en valeur du capital devient plus précaire, à mesure que leur travail et la richesse de leurs maîtres augmentent; dès qu'ils découvrent que l'intensité de la concurrence qu'ils se font les uns aux autres dépend entièrement de la pression exercée par les surnuméraires; dès qu'afin d'affaiblir l'effet funeste de cette loi « naturelle » de l'accumulation capitaliste ils s'unissent pour organiser l'entente et l'action commune entre les occupés et les non-occupés, aussitôt le capital et son sycophante l'économiste de crier au sacrilège, à la violation de la loi « éternelle » de l'offre et la demande. Il est vrai qu'ailleurs, dans les colonies, par exemple, où la formation d'une réserve industrielle rencontre des obstacles importuns, les capitalistes et leurs avocats d'office ne se gênent pas pour sommer l'Etat d'arrêter les tendances dangereuses de cette loi « sacrée ».
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar maraboo666 le Ven 30 Mai 2014 15:38

Je suis d'accord avec Stéphane qu'il s'agit bien de l'extrait suivant du "Capital" dans lequel Marx développe ses lois fondamentales sur l'accumulation et la production capitalistes:
http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-3.htm
Je relèverai juste quelques extraits pour les commenter (autrement ça serait trop long) en y ajoutant quelques apports supplémentaires.
1)
Si l'accumulation, le progrès de la richesse sur la base capitaliste, produit donc nécessairement une surpopulation ouvrière, celle-ci devient à son tour le levier le plus puissant de l'accumulation, une condition d'existence de la production capitaliste dans son état de développement intégral. Elle forme une armée de réserve industrielle qui appartient au capital d'une manière aussi absolue que s'il l'avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit à ses besoins de valorisation flottants, et, indépendamment de l'accroissement naturel de la population, la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible.

Avec les progrès de la mondialisation, l'armée de réserve devient internationale de par la libre circulation des marchandises, des capitaux et des travailleurs.
De surcroît, si cette main-d’œuvre est dans une situation fragilisée, peu revendicative, l’effet risque de se manifester avec d’autant plus d’acuité. Et même si Marx ne désignait pas spécialement les immigrés par cette appellation, leur situation objective paraît passible d’une telle approche, dès lors bien plus actuelle qu’il n’y paraît au départ.
l'immigration tend à faire pression à la baisse sur les salaires (dumping social) en plus d'avoir l'avantage encore plus important pour les possédants de remplacer des masses radicales de ce que Marx apelait "le continent de la subversion du logos critique" par une armée de réserve en provenance des "continents du temps immobile de la soumission".
Pour le dire autrement, le petit rade dans lequel l'ouvrier de banlieue des années 60s/début 70s rencontrait ses congénères pour "refaire le monde" autour d'un verre de rouge, cède la place au "kebab", à la rencontre hasardeuse autour de l'Orangina oû les projets de l'économie souterraine liés au culte de la marchandise fétichisée ne viendront jamais remplacer la critique radicale du salariat et de l'argent.

2)
Le progrès industriel, qui suit la marche de l'accumulation, non seulement réduit de plus en plus le nombre des ouvriers nécessaires pour mettre en œuvre une masse croissante de moyens de production, il augmente en même temps la quantité de travail que l'ouvrier individuel doit fournir. A mesure qu'il développe les pouvoirs productifs du travail et fait donc tirer plus de produits de moins de travail, le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail du salarié, soit en prolongeant sa journée, soit en rendant son labeur plus intense, ou encore d’augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l'homme par la femme, l'adulte par l'adolescent et l'enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l'offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires.

Karl Marx met en évidence l’existence de l’armée de réserve de travailleurs, une réserve de travailleurs au chômage permettant aux capitalistes de disposer de mains d’œuvre et de maintenir les salaires au plus bas en faisant massivement appel aux femmes et aux enfants dans les fabriques.

Il y a un texte sur la situation de la classe ouvrière en Angleterre dans lequel Engels (Et non pas Marx, mille excuses...) explicite ces notions en prenant comme référence l'immigration Irlandaise en Grande-Bretagne aux alentours du milieu du 19e siècle.
A maintes reprises nous avons déjà eu l'occasion de mentionner l'existence des Irlandais venus s'installer en Angleterre. Nous allons maintenant examiner de plus près les causes et les effets de cette immigration.
Le rapide développement de l'industrie anglaise n'aurait pas été possible si l'Angleterre n'avait disposé d'une réserve : la population nombreuse et misérable de l'Irlande. Chez eux, les Irlandais n'avaient rien à perdre, en Angleterre ils avaient beaucoup à gagner; et depuis qu'on a su en Irlande que sur la rive est du canal St George tout homme robuste pouvait trouver un travail assuré et de bons salaires, des bandes d'Irlandais l'ont franchi chaque année. On estime qu'un bon million d'Irlandais ont ainsi immigré jusqu'ici et que maintenant encore, il y a 50,000 immigrants par an. Presque tous envahissent les contrées industrielles et en particulier les grandes villes, y constituant la plus basse classe de lapopulation. Il y a 120,000 Irlandais pauvres à Londres, 40,000 à Manchester, 34,000 à Liverpool, 24,000 à Bristol, 40,000 à Glasgow, et 29,000 à Edimbourg 173. Ces gens, qui ont grandi presque sans connaître les bienfaits de la civilisation, habitués dès leur jeune âge aux privations de toutes sortes, grossiers, buveurs, insoucieux de l'avenir, arrivent ainsi, apportant leurs moeurs brutales dans une classe de la population qui a, pour dire vrai, peu d'inclination pour la culture et la moralité.

Un peu plus loin:
Le Saxon qui est incapable de travailler dans de telles conditions est voué au chômage. L'Irlandais, ignorant de toute civilisation, chasse l'indigène saxon, non pas par sa force, mais par le contraire, et il s'empare de sa place (...)
Qui ne voit que la situation des couches inférieures de la masse des travailleurs anglais s'aligne de plus en plus sur celle des Irlandais qui leur font concurrence sur tous les marchés ? (...) C'est contre un concurrent de ce genre que doit lutter le travailleur anglais, contre un concurrent occupant le barreau de l'échelle le plus bas qui puisse exister dans un pays civilisé et qui, précisément pour cette raison, se contente d'un salaire inférieur à celui de n'importe quel autre travailleur. C'est pourquoi le salaire du travailleur anglais, dans tous les secteurs où l'Irlandais peut le concurrencer, ne fait que baisser constamment et il ne saurait en être autrement.

Il conclut: "Bref, les Irlandais ont découvert ce qu'est le minimum des besoins vitaux et ils l'apprennent maintenant aux
Anglais!
Et il faut savoir que Marx s'appuye si explicitement sur ces travaux d'Engels lorsqu'il développe son concept de surpopulation et d'armée de réserve tels que décrits dans le passage relevé par stéphane au point que j'avoue avoir fait cette confusion de croire que c'était lui-même qui avait écrit cette étude au tout début de ses recherches... ;)
Mais enfin, il ne semble pas y avoir de désaccord sur la question puisque Marx répond: (KARL MARX, lettre à Engels du 10 décembre 1869)
« La classe ouvrière anglaise ne va jamais rien accomplir avant qu’elle ne se soit débarrassée de l’Irlande. Le levier doit être appliqué en Irlande. C’est pourquoi la question irlandaise est si importante pour le mouvement social en général. »
........................
Pourquoi en 1970, le grand patron BOUYGUES fait-il campagne pour le regroupement familial des immigrés?
Alors, OUi ou NON, Marx parle-t-il d'immigration?
Comme le dit si bien Eric Zemmour: ""L’armée de réserve du capitalisme mondialisé, c’est les immigrés et les chômeurs" »
Et Marx l'explique très bien.
Allons donc un chapître plus loin que celui copié-collé par Stéphane, le IVe >>
IV. - Formes d’existence de la surpopulation relative. Loi générale de l’accumulation capitaliste.
Pour que les districts ruraux deviennent pour les villes une telle source d'immigration, il faut que dans les campagnes elles-mêmes il y ait une surpopulation latente, dont on n'aperçoit toute l'étendue qu'aux moments exceptionnels où ses canaux de décharge s'ouvrent tout grands."

Alors oui, Il s'agit bien ici d'immigration et de main d'œuvre. je précise que ce n'est pas l'immigration qui est la cause de la crise. L'immigration rentre en scène quand il y a une pénurie de bras pour les employeurs. Et comme les employeurs sont en concurrence, ils cherchent les prix les moins chers... Oui Marx parle d'immigration de nation à nation et pas seulement de l'exode rural :
« Il est notoire que l'excès de travail moissonne les raffineurs de Londres, et néanmoins le marché du travail à Londres regorge constamment de candidats pour la raffinerie, allemands la plupart, voués à une mort prématurée. »


Karl Marx met en évidence l’existence de l’armée de réserve de travailleurs, une réserve de travailleurs au chômage permettant aux capitalistes de disposer de mains d’œuvre et de maintenir les salaires au plus bas en faisant massivement appel aux femmes et aux enfants dans les fabriques.
On pourrait encore trouver d'autres exemples...
Pendant les périodes de stagnation et d'activité moyenne, l'armée de réserve industrielle pèse sur l'armée active, pour en refréner les prétentions pendant la période de surproduction et de haute prospérité. C'est ainsi que la surpopulation relative, une fois devenue le pivot sur lequel tourne la loi de l'offre et la demande de travail, ne lui permet de fonctionner qu'entre des limites qui laissent assez de champ à l'activité d'exploitation et à l'esprit dominateur du capital.

Etc...Etc...Etc...
Le lien entre armée de réserve et immigration est explicite dans le chapitre consacré à l'immigration irlandaise.
Oui, Marx parle bien d'immigration et celle-ci est articulée aux lois de l'accumulation du capital et aux crises de surproduction cycliques telles que décrites dans le chapître XXV..
Pour finir sur une note humoristique, ce lien vèrs une vidéo très courte de...ségolène Royal au moment des échéances de 2012, à une époque, oû elle semblait assez bien comprendre le "problème"... ;)
https://www.youtube.com/watch?v=ScNjBOtGzRA
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar Stephane le Ven 30 Mai 2014 16:38

Ce que je veux dire (et que Marx dit lui-même bien mieux que moi) c'est que les incantations anti-immigration ne servent à rien, sauf pour ceux qui s'illusionnent encore sur la possibilité de "réformer le capitalisme".

L'existence d'une armée de réserve est un élément constitutif du capitalisme, une loi du capitalisme.

Les promesses d'expulsion des immigrés sont tout aussi démagogiques que si l'on annonçait l'interdiction du travail des femmes ou bien l'élimination physique des 5 millions de chômeurs.
MEME si l'une ou l'autre de ces mesures était prononcée, l'armée de réserve se reconstituerait automatiquement de façon à préserver la surpopulation dont le capitalisme a besoin pour continuer à exister. Cela s'est déjà produit avec l'abolition du travail des enfants...

Ce qui veut dire que si l'on virait tous les travailleurs immigrés, il y aurait simplement encore plus (en proportion) de travailleurs français au chômage.

Je ne fais pas partie comme tu le sais de la "gauche morale". J'ai une vision des choses plus froidement économique, et cela inclut la question de l'immigration.
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar maraboo666 le Ven 30 Mai 2014 20:02

OK.
les incantations anti-immigration ne servent à rien

OUI...et non!
Il n'y a aucune incantation de ma part sur la question. Juste le constat que "l'immigration de masse" (et le complément du nom est important) est responsable du dumping social et provoque un certain remplacement de population qu'avait prévu le tandem Marx/Engels à partir de l'exemple de l'immigration irlandaise en GB.
Je me situe donc sur la "ligne Marchais" du PCF qui ne faisait que reprendre ce concept "d'armée de réserve" du Capital.
Ca n'a rien à voir avec une quelconque "xénophobie" ou un quelconque désir d 'expulser les immigrés" accusés de tous nos malheurs...Ce n'est évidemment pas le programme du FN.
En revanche, je pense que dans chaque état-nation, l'immigration doit être judicieusement contrôlée, ce que fait très bien La Russie de Poutine (soit dit en passant) qui n'a pas besoin de ces flux en raison d'une politique familiale (nataliste) aux antipodes de la nôtre...
L'existence d'une armée de réserve est un élément constitutif du capitalisme, une loi du capitalisme.

Oui. Je suis d'accord. Et elle peut revêtir différentes formes selon précisément le stade d'accumulation atteint.
Il ne sert à rien de caricaturer à outrance certaines positions pour en faire un épouvantail, mais on peut trouver un juste milieu.
Et le seul exemple concret de l'époque de Marx analysé par Engels est quand même significatif au point qu'un tel texte (de même que la "question juive "d'ailleurs) conduirait certainement son auteur devant les tribunaux...s'il avait le malheur d'écrire ces lignes au 21e siècle!
Le texte d'Engels est disponible en entier sur le net.
Voici un extrait significatif qui semblerait particulièrement "rude" aujourd'hui (c'est le moins qu'on puisse dire...), pour tous ceux qui souhaiteraient le vérifier par eux-mêmes... >>
http://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_4.htm
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar maraboo666 le Ven 30 Mai 2014 20:44

Sur la 1ere page de ce topic, il était beaucoup question de La Grèce suite à l'émission Jovanovic/Rougeyron.
Eh bien, j'ai trouvé cette page qui donne une centaine de statistiques plus effarantes les unes que les autres sur les conséquences dramatiques de l'austérité à la Grecque...et confirme ce qui avait été dit par les intervenants.
http://www.okeanews.fr/20140507-austerite-en-grece-tous-les-chiffres
En ce qui concerne la dette grecque, elle remonte bien à l’époque des « Colonels ». De 1967 à 1974, la
dictature militaire a fait quadrupler l’endettement de la Grèce. Ce que l’économiste Alexander Sack a nommé « la dette odieuse ». Car l’endettement n’était pas pour assurer au peuple grec des jours heureux, mais uniquement pour renforcer un régime politique despotique et démultiplier les outils d’oppressions à l’égard de celles et ceux qui s’opposaient aux militaires.
lien: http://sudbanques.voila.net/pdf/SQY0811.pdf
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar Stephane le Sam 31 Mai 2014 01:16

maraboo666 a écrit:Le texte d'Engels est disponible en entier sur le net.
Voici un extrait significatif qui semblerait particulièrement "rude" aujourd'hui (c'est le moins qu'on puisse dire...), pour tous ceux qui souhaiteraient le vérifier par eux-mêmes... >>

En effet ce texte est "rude". Et pourtant Engels a eu deux femmes irlandaises, on ne peut donc pas le soupçonner a priori de racisme.
Ou peut-être... ceci explique-t-il justement cela ? ;) Engels a du vraiment en baver avec sa femme pour en arriver à écrire des saloperies pareilles sur les irlandais. :mrgreen:
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar maraboo666 le Sam 31 Mai 2014 07:53

Voici l'analyse (succinte) des élections Européennes faite par le Front Monétaire de Genève , 31 Mai 2014 >
En Europe, la plupart des citoyens de l’UE se sont abstenus aux élections pour le parlement européen ou bien, mettant en pratique l’adage que “Les politiciens et les couches-culottes ont ceci en commun qu’il faut en changer régulièrement, et pour les mêmes raisons”, ils ont voté pour les souverainistes-eurocritiques qui sont seuls décidés à en finir avec le déclin de leurs États-nations et avec l’échec complet et irréversible de la construction européenne et de la monnaie unique supranationales qui, comme jadis l’URSS, ne sont plus réformables et qu’il importe donc de démanteler sans perdre plus de temps. La France, par exemple, est en état d’implosion entre corruption et impuissance de son personnel politique dit “de gouvernement” (UMP-PS, UDI-Modem, Verts, etc.) dont la crédibilité a atteint le niveau zéro, un peu comme elle l’était en 1958 à la fin de sa IVéme Republique, mais il n’y a plus d’homme providentiel tel Charles de Gaulle pour la redresser.

Si les Français ne reviennent pas aux fondamentaux nationaux qui ont fait leur grandeur et leur force au cours de leur histoire, ils seront balayés… parce qu’en réalité leur crise n’est ni économique ni sociale elle est POLITIQUE et MORALE (confiscation de la démocratie et de l’indépendance nationale -en particulier monétaire- par leurs fausses “élites” constituant le “parti de l’étranger”, parce que s’étant résignées à la domination germano-américaine, uniquement intéressées par leur enrichissement personnel à court terme). Ce qui ne se passerait pas sans convulsions extrêmes pour eux et leurs voisins. Toutefois, la “révolution” des Français contre l’euro-mondialisme qui commence ne résume pas qu’à l’émergence du FN comme “premier parti de France” (au demeurant plus symptomatique que porteuse d’alternative réelle durable en raison de l’impréparation actuelle de ses cadres) mais surtout par la revendication d’un rétablissement des valeurs nationales historiques françaises par la majorité du peuple (souverainistes et abstentionnistes réunis). Ce qui pourrait remettre la France sur la bonne voie pour autant que toute la classe politique dite “de gouvernement” actuelle, dont l’échec est avéré, soit chassée et que celle qui la remplacera retrouve le sens de l’intérêt national et des valeurs morales. D’ailleurs, en général, ceux qui font la révolution ne sont pas ceux qui dirigent ensuite (après Robespierre, il y a Napoléon…). Hollande ne finira pas son mandat présidentiel et la plupart des dirigeants actuels UMP-PS (Sarkozy inclus) disparaitront du fait du rejet populaire croissant les frappant ou des procédures judiciaires les éliminant.

Bon, ils ne se sont pas trop "foulés" sur ce coup.
Sur leur site, vous trouverez aussi un paragraphe sur la logique de confrontation entre L'occident+Japon et les BRICS...
Concernant les MPX:
Revenant aux marchés financiers, cela fait quelques années que le dollar US aurait dû s’effondrer si le Japon et la Suisse depuis 2011-2012, comme la zone euro dorénavant, n’avaient pas organisé les chutes du yen, du franc suisse, et maintenant de l’euro, qui ont artificiellement soutenu ledit dollar US et continuent de le faire. Mais aussi si la Federal Reserve US n’avait pas convaincu les autres banques centrales occidentales d’organiser la suppression du prix de l’or dans le but d’évincer le seul actif pouvant menacer le Systéme des monnaies fiduciaires flottantes de papier. Ce sont les banques centrales du Japon, de la Suisse et européenne qui permettent au dollar US de garder sa valeur monétaire et son monopole mondial. Et ce sont les BRICS qui veulent en finir avec l’exception monétaire exorbitante US, d’où la guerre “froide” tous azimuts que les USA leur livre. Le SMI actuel peut encore durer, les obligations d’Etat US poursuivrent leur hausse et l’or continuer de s’effondrer mais un jour tout cela finira. A notre avis, nous en sommes encore loin et il faudra d’abord en passer par un épisode violent pour que les catastrophistes-hyperinflationnistes (qui n’ont pas compris que nous sommes pour des années en DÉFLATION) aient finalement raison (à la condition qu’ils n’aient pas été préalablement ruinés avant en cas d’effondrement de l’or et d’autres actifs supposés sûrs).
-

Ca vaut ce que ça vaut... ;)
On dirait qu'ils n'ont pas "lu" le nouveau graphique de Raymond Blanc...Ou alors ce sont des partisans résolus de l'"ancienne hypothèse" ? :?
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar maraboo666 le Sam 31 Mai 2014 12:49

Je reviens aux commentaires de P.Y.Rougeyron vraiment excellent chez Jovanovic.
En particulier, son analyse impeccable du rôle de Mélenchon et son "débranchage" par le système via "Nouvelle Donne", le nouveau partil-leurre auquel O.Berruyer accorde cependant sa confiance, ce qui ne laisse pas de m'étonner... :?
Je rappelle qu'une des plus fines critiques de Mélenchon vient de sa propre famille politique. J'ai souvent eu l'occasion de dire que la "vérité sur Mélenchon" sort de la bouche de Maxime Gremetz.
Vous retrouverez facilement la vidéo courte, mais éloquente sur le personnage!
A Part ça, la critique en 8 points d'Eric Zemmour (qui se bonifie au fil du temps) est pas mal non plus:
1. Mélenchon siège très rarement à Bruxelles mais ne laissera pour rien au monde sa place de tête de liste aux élections européennes. Cela m’avait mis mal à l’aise, quand Jean-Luc s’était présenté tête de liste dans le Sud-Ouest, où il n’avait jamais milité de sa vie, j’avais trouvé cela très politicien.

2. Il dénonce une 5ème République d’inspiration bonapartiste alors que ses camarades communistes lui reproche de jouer à l’homme providentiel. Il y a un côté théâtral chez Méluche, et une fascination pour le général de Gaulle, de qui il disait pis que pendre, et pour Jaurès, dont il rêvait d’imiter les grandes envolées.

3. Il accuse Hollande de trahison tout en présentant sa candidature à Matignon. Et là, c’est vraiment énorme, Marine Le Pen a immédiatement mis le doigt là où cela fait mal : M. Mélenchon veut être le premier ministre du capitaine de pédalo !

4. Il exige la fin de l’austérité mais veut conserver l’euro. Et là, c’est vraiment la principale contradiction, que d’ailleurs, avec humour, Pierre Cassen et Christine Tasin avaient relevé dans « La faute du Bobo Jocelyn », où tous les mondialistes le félicitaient de ne pas demander la sortie de l’euro. Pour nombre de personnes qui constatent la faillite de l’Union européenne, le fait que même Mélenchon n’en demande pas la sortie montre qu’on ne peut rien faire. Attali et les siens peuvent être fiers de lui!

5. Il défend le mariage gay, joue au féministe enragé alors que la destruction des structures traditionnelles soumet des individus sans racine ni famille à la domination exclusive d’un marché qu’il vomit. Mais pour lui, ce soutien est davantage politicien que de conviction. Il pense que c’est un combat de gauche (sic!) donc il y va et, selon ses habitudes, insulte ceux qui sont dans le camp d’en face.

6. Il veut rétablir les frontières pour les mouvements de marchandise, de capitaux mais pas pour ceux des hommes. C’est là encore une des faiblesses du personnage, il n’aime pas la France, il n’aime pas l’homme blanc, il n’aime pas notre civilisation, il veut du multiculturalisme, sans paraître comprendre que cela va avec la mondialisation libérale. Je crois vraiment que cela relève de la psychanalyse, chez lui, cette fascination pour le Maroc de son enfance, et cette exécration de la civilisation dans laquelle il a grandi et s’est construit.

7. Il croit honorable de s’en prendre aux banquiers et pas aux immigrés. Mais les ouvriers, meilleurs marxistes que lui, ont bien compris que les patrons utilisaient les immigrés comme une armée de réserve du capitalisme afin de peser sur les coûts salariaux et diviser le camp des travailleurs. C’est d’ailleurs pourquoi il s’est ramassé la gamelle que l’on sait à Hénin Beaumont, et que, contrairement à ses promesses, il ne postulera pas aux municipales de 2014 dans cette ville. Mélenchon a sans doute beaucoup lu Marx, il a sans doute rencontré beaucoup de permanents syndicaux, mais n’a jamais rien compris à un peuple de France, ni à un monde du travail qu’il ne connaît pas.

8. Les électeurs de Mélenchon ne sont pas des ouvriers mais des socio-démocrates désabusés qui refusent seulement le virage social-libéral de Hollande. Comme Mélenchon lui-même, qui fut un excellent ministre du gouvernement Jospin (lui aussi social-libéral) dont il expliquait alors qu’il était le plus à gauche d’Europe. Boulevard Voltaire, cruellement, rappelle ce matin qu’il fut soubrette sous Jospin, c’est méchant, mais c’est hélas vrai...

Ca fait beaucoup pour un seul homme, mais j’ai compris la fonction de Jean-Luc Mélenchon. Il doit être le rebelle du système, tout en servant de rabatteur au candidat socialiste, pour éviter que le mécontentement ne se déplace chez Marine Le Pen, qui me parait déranger davantage nos décideurs que le patron du Parti de gauche…
Quand on a compris tout cela, on se sent mieux dans sa tête.

E.Zemmour : 1
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar iron man le Sam 31 Mai 2014 12:58

L'analyse de Zemmour est excellente, rien à redire.

Je suis tout comme toi extrêmement étonné, pour ne pas dire choqué, du rapprochement Nouvelle Donne - Berruyer.
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Re: Elections Européennes 2014

Messagepar Stephane le Sam 31 Mai 2014 20:18

Pas exactement une "analyse" et plutôt un billet d'humeur de Viktor Dedaj.
Mais parfois les coups de gueule ça fait du bien aussi :)
http://www.legrandsoir.info/lettre-inac ... ctuel.html
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