Oui, moi !
Je reposte ce que j'avais écrit il y a 1 mois et quelque sur un autre forum.
"Pour moi, il s’agit d’une tentative de l’Arabie Saoudite et ses voisins de reprendre la main sur
la domination Américaine.
Je ne pense pas que les US voient d’un bon oeil son industrie du fracking mise à bas, nous verrons très
bientôt les résultats des grandes banques d'affaires US impliquées dans le fracking.
Si les Saoudiens étaient d’accord avec les USA, ils feraient en sorte de limiter la baisse
à 70-75$/baril. Ce qui impacterait toujours fortement la Russie, L’Iran, l’Algérie, le Venezuela qui ont tous besoin d’un baril >90$ et resterait neutre pour les USA.
Au passage, il faut remarquer que ces pays ont des coûts d'extraction très inférieurs à 90$
mais utilisent massivement les revenus pétroliers pour établir le budget de l'État,
c'est cela qui les fragilise terriblement.
La guerre du pétrole actuelle est en réalité un bras de fer entre les Saud (le pouvoir) et le clan pétrolier US. Ils font semblant d'aider les ricains à tailler une croupière à la Russie et se mettent en même temps en position de force pour les futures négociations dites de l'après-Quincy.
Avec en arrière-plan la possibilité de négocier des contrats en or ou en yuan comme le souhaite
la Chine, devenue leur plus gros client.
Flash-back :
Au retour de la conférence de Yalta en 1945, le Président Roosevelt rencontra le Roi Ibn Saud et signa l’accord dit du Quincy, donnant les droits exclusifs d’exploration et d’exploitation sur l’ensemble du territoire Saoudien au groupe pétrolier US de Rockefeller (Aramco), accord modifié lors de la première rébellion Saoudienne, créant le premier choc pétrolier de 1973 et obligeant les USA à un rééquilibrage de l’accord du Quincy.
En compensation, H. Kissinger limita la perte pour les USA en obligeant les pétroliers à vendre exclusivement en dollars, point de départ des pétrodollars.
Le 13 février 2015 cet accord arrive à son terme, à la grande terreur des pétroliers US.
Ici ça devient compliqué ! je cite Thierry Meyssan :
== Le roi fondateur, Ibn Saud, ayant eu 32 épouses et 53 fils, de graves rivalités entre successeurs potentiels ne tardèrent pas à se faire jour.
Aussi fut-il tardivement décidé que la couronne ne se transmettrait pas de père en fils, mais de demi-frère en demi-frère.
Cinq fils d’Ibn Seoud sont déjà montés sur le trône.
Le roi actuel, Abdallah Ier 89 ans, est un homme plutôt ouvert d’esprit, bien que totalement déconnecté des réalités contemporaines.
Conscient que le système dynastique actuel va à sa perte, il souhaite réformer les règles de succession.
Le souverain serait alors désigné par le Conseil du royaume, c’est-à-dire par des représentants des diverses branches de la famille royale et pourrait être d’une plus jeune génération. ==
L’Arabie saoudite devrait remettre en cause le monopole des concessions pétrolières accordé aux USA et le montant des royalties qu’elle perçoit.
Dans cette perspective, il est devenu obsessionnel pour les grandes compagnies pétrolières de contrôler le processus de succession monarchique.
Or le roi actuel, Abdallah Ier est réputé souhaiter rechercher des rapports d’égalité et non plus de vassalité avec Washington.
De plus, le premier successeur du clan des Saud et prétendant au trône est le prince Walid Ben Talal Ben Abdel Aziz Al Saoud. Fils du prince Talal BEN Abdel Aziz, un des princes progressistes de l'épopée nassérienne. Extrêmement riche, contrôlant de nombreux supports médiatiques, intrépide, wahhabite, musulman pratiquant, progressiste, prônant la compréhension entre musulmans et chrétiens.
Peu américanophile, élevé et instruit en Grande-Bretagne, à l’inverse de la majorité de la descendance maternelle Sudairi, il travaille à rendre aux Arabes leur indépendance perdue.
Or le second prétendant, du clan maternel ennemi Sudairi, le prince Bandar, surnommé Mr Bandar Bush pour ses liens étroits avec l’élite Israélo-Américaine et Bush père en particulier.
Son gout pour l’action clandestine le mêle à toutes les aventures états-uniennes :
D’abord en Afghanistan du temps de la guerre froide.
Puis il organise des actions terroristes, du Maroc au Xinkiang chinois ainsi qu’en Palestine.
Bref, un prétendant idéal pour les ricains.
Or "curieusement" depuis un certain temps des troubles sont fomentés en Arabie Saoudite et Walid Ben Talal a échappé récemment à un accident de voiture qui ressemble étrangement à un attentat, petite musique bien connue...
Est-ce aussi en réaction à ces menaces musclées, peut-être ? toujours est-il que la baisse des cours, amorcée depuis quelques mois, touchant de nombreux pays producteurs, impacte également l’industrie US du fracking, particulièrement dans certaines régions des USA ou les coûts de production sont en moyenne de 75$/baril.
Dans d’autres régions des USA ce sont les coûts du transport qui posent problème.
La manipulation des Saoudiens semble être la suivante:
- Mettre sous haute pression les compagnies pétrolières américaines avant les prochaines
négociations qui vont s'ouvrir, l'accord de Quincy arrivant à son terme.
La négociation sera extrêmement dure puisque les Saoudiens souhaitent un partenariat égalitaire et aussi ouvrir le pays à la concurrence étrangère.
Ils souhaitent également semble-t-il pouvoir abandonner les transactions en Dollars, qui
deviennent encombrantes avec la réorientation de leurs ventes vers l'Asie.
Or on sait que la moindre velléité en ce sens met Wall Street et les forces américaines
en ébullition.
- Saper l'industrie américaine du fracking devenue une concurrence dangereuse et qui par son succès risque de s'étendre à d'autres pays.
Sur ce point, comme sur la question des pétrodollars ils sont en phase avec les autres membres de l'OPEC; ce qui est peut-être la raison de leur absence d'opposition.
Toujours est-il qu’il se prépare une redistribution des cartes au Moyen-Orient et ailleurs d'où les ricains ne sortiront pas forcément gagnants..."