par Cornimonde le Jeu 29 Aoû 2013 18:21
Un indice peut-etre...
Il y a un truc depuis quelques siecles, qui s'appelle « la guerre juste ». En fait, de tout temps, des philosophes ont cherché à savoir ce qui permettait à un groupe de rentrer en guerre de façon justifiée. Thomas d'Aquin, Kant, Grotius, Walzer et d'autres ont ainsi essayé de dégager les principes qui rendaient une guerre juste, à la fois au niveau du cassus belli, de l'entrée en guerre (jus ad bellum), mais aussi au niveau des actions à mener pendant la guerre (jus in bello). Pour ces penseurs, il fallait par exemple que les belligérants constituent des nations, soient donc dépositaires de la puissance publique, ce qui rend du coup injuste par exemple une guerre entamée par une initiative individuelle. On retrouve aussi le fait que la guerre doive être faite en vue du bien commun, que la cause doive être juste, que la situation après le conflit ne doit pas être pire qu'avant etc.
Tout cela est bien compris, et plus ou moins appliqué tout au long de l'histoire. Les gens et les nations s'entretuent, avec plus ou moins d'entorses à ces règles.
Cependant, à l'époque, il semble que l'on s'avouait plus facilement les raisons d'une entrée en guerre. Basiquement, je veux tes territoires, tu ne veux pas me les donner. J'ai le droit de t'attaquer, tu as le droit de te défendre. Après tout, quand on y réfléchit, toute propriété reste du vol (à autrui ou à la nature), et les Etats actuels se sont tous construits par des guerres, des pillages, ce que vous voulez. Il est donc « de bonne guerre » de convoiter les biens du voisin, surtout quand les notres viennent à manquer. Entre toi et moi, je choisis moi, c'est justifiable moralement. Mais en général, ce voisin est perçu comme un adversaire, et pas un ennemi mortel. Cela a son importance.
Car aujourd'hui, le refus presque maladif de la violence physique dans les sociétés occidentalisées, liée en partie à l'idéologie des droits de l'homme, fait que quand on ne creve pas de faim, on a toutes les peines du monde à accepter que l'on envoie ses propres fils aller tuer ceux du voisin.
Pour continuer a assouvir leur désir de domination, les Etats et leurs dirigeants doivent donc biaiser et rendre la guerre nécessaire. C'est ce que l'on appelle « faire la guerre sans l'aimer ». Ils utilisent donc l'idée de guerre juste de façon détournée pour faire d'un différend entre deux souverainetés qui convoitent la meme chose un duel entre le bien et le mal. On change alors de registre et on passe d'un simple pillage à une opération de police: il y a un bon et un méchant, un qui a le droit et le devoir de punir, et l'autre qui doit être puni pour que justice soit faite. Pour faire accepter à un homme d'en tuer un autre, il faut soit que sa vie soit en jeu, soit qu'il en ait l'impression, qu'il croit que l'autre est le mal incarné. En général, l'adversaire est alors diabolisé, on dit que ce n'est pas un homme (car les droits de l'homme bien compris, encrés en nous, nous empecheraient de tuer d'autres « nous-memes ».
Toute l'histoire consiste alors à réussir à se faire passer aux yeux du peuple pour le gentil, le chevalier blanc dépositaire de la justice, histoire de débloquer les crédits pour aller piller l'adversaire avec l'aval moral de la communauté, au nom des droits de l'homme. Ou comment passer de la colonisation à l'ingérence humanitaire.
Revois l'histoire des USA à cette lumière.
Quant à Israel, le fait de mettre le foutoir tout autour de lui légitimerait une intervention future. Attaquer sans être menacé, c'est passer pour le méchant. Attaquer dans une posture défensive (chose qu'ils ont déjà faite par le passé, et qui leur permet a chaque fois de s'agrandir), et hop, la justice est avec nous. C'est d'ailleurs pas moi qui le dit, mais BHL... en substance: « la guerre en Lybie, c'est bon pour Israel », (trouvable sur Youtbe pour les sceptiques).
En espérant ne pas avoir été trop long.... (ah oui, et pour la religion, il vaut mieux avoir bien lu les textes incriminés avant de dire n'importe quoi).