Mort d'un dictateur. Hollande rend hommage à Lee Kuan Yew.François Hollande a rendu hommage à l'ex-premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew, décédé aujourd'hui, saluant la mémoire d'un "homme d'Etat visionnaire, qui a su guider le développement remarquable de Singapour depuis son indépendance en 1965".
"Alors que Singapour et la France célèbrent cette année le cinquantenaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques, la France perd un ami, qui avait oeuvré au rapprochement entre nos deux pays et à l'approfondissement de nos coopérations dans tous les domaines", a estimé dans un communiqué le président français, adressant "ses condoléances sincères aux proches de Lee Kuan Yew et au peuple singapourien".
Source: AFP
Mêmes éloges de la part d'Obama:
Lee Kuan Yew était « un visionnaire » qui a fait de Singapour « l'un des pays les plus prospères du monde », a déclaré Barack Obama. « C'était un fonctionnaire dévoué et un leader remarquable ».
« J'ai personnellement apprécié sa sagesse, y compris nos discussions au cours de mon voyage à Singapour en 2009, qui furent extrêmement importantes pour m'aider à élaborer notre politique de rééquilibrage en Asie-Pacifique », a t-il ajouté dans un communiqué.
Singapour est un État à parti unique où l'opposition est muselée et criminalisée. Les châtiments corporels y sont fréquents pour une trentaine de délits politiques ou de droit commun. La peine de mort y est systématique pour les crimes graves et le trafic de drogue. La liberté d'expression, de la presse et d'Internet y sont inexistantes. Faire grève est illégal et conduit les contrevenants en prison. Les travailleurs migrants n'ont aucun droit et risquent la prison ou la déportation pour un simple arrêt de travail. L'homosexualité est illégale. L'État de Singapour a aussi pratiqué l'eugénisme depuis les années 80.
Lee Kwan Yew est arrivé au pouvoir à Singapour la même année que Castro à Cuba en 1959. Bien sûr, alors que le second était diabolisé par l'Occident, le premier était loué comme un "leader remarquable et visionnaire".
Même mort, Lee Kwan Yew continue d'inspirer de la terreur aux singapouriens à qui il a promis de revenir d'outre-tombe pour continuer à gouverner le pays.
Comme pour l'Arabie saoudite et le Qatar, l'Occident a ses "bonnes dictatures". Singapour est un paradis fiscal et bancaire, ce qui lui a permis de devenir un pilier de la finance mondiale.
Son ultralibéralisme, son libre-échangisme faisaient de Lee Kwan Yew, comme Pinochet, un dictateur fréquentable.
L'incontestable développement économique connu par Singapour au cours des dernières décennies et que nos dirigeants occidentaux attribuent à la politique de Lee Kwan Yew (qu'ils érigent donc en modèle) est en réalité la conséquence du hasard géographique plaçant Singapour sur une voie maritime stratégique (détroit de Malacca) aussi bien pour les USA et pour la Chine, et a été acquise au prix du quasi-esclavage de travailleurs singapouriens et immigrés férocement exploités.