Les fonds spéculatifs d’outre-Atlantique boudent le métal jaune « refuge » pour parier sur une opération plus que juteuse en usant des travers du plan de « sauvetage » européen.
Les bons du Trésor grec sont devenus, ces tout derniers jours, un produit hautement recherché du côté de Wall Street. Alors que l’or, valeur « refuge » traditionnelle, est boudé, on constate maintenant des mouvements d’achats massifs de ces titres pourtant réputés à haut risque. Les traders des hedge funds états-uniens, des fonds spécialisés dans les opérations ultra-spéculatives, y voient des perspectives très juteuses. L’explication : compte tenu de la chute de la valeur des titres d’emprunt grecs sur les marchés, ils peuvent les racheter aujourd’hui pour seulement un peu plus du tiers (36 %) de leur valeur faciale (le prix initial de l’emprunt souscrit par l’État grec). Et ils font le pari que les États de la zone euro, la commission et le FMI réussiront à adopter d’ici à fin octobre le plan de « sauvetage » de la Grèce mis au point lors du sommet européen extraordinaire du 21 juillet dernier.
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Si un sauvetage financier d’Athènes est indispensable, sa réussite passe par des choix prenant le contre-pied de ces normes et donc des règles de fer de la Banque centrale européenne (BCE) ou du pacte euro plus dans lesquelles s’enferrent les dirigeants européens. La zone euro et Athènes ne devront leur salut qu’à leur capacité à s’extraire des griffes des marchés et non plus à s’y complaire. Cela passe par des solutions radicales ouvrant la possibilité aux États de recourir directement au crédit très bon marché de la BCE, pour stimuler l’activité en élargissant les investissements utiles aux populations dans les services publics, la recherche, la formation. Et non en garrottant ces fluides. Si vitaux pour la Grèce et toutes les sociétés européennes.
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