Après avoir battu un record historique à 1.921,40 dollars l'once, l'or a perdu jusqu'à 17 % de sa valeur. Il cote aujourd'hui 1.640 dollars, un niveau autour duquel il semble se stabiliser, puisqu'il oscille entre 1.600 et 1.680 dollars depuis la fin septembre. « Ce n'est pas pour autant la fin d'un âge d'or. Il n'y pas eu de bulle spéculative sur l'or. La flambée des cours en août dernier était modérée, seulement 12 %, une situation bien différente de celle de fin 1979-début 1980, quand le cours du métal jaune avait doublé sur une courte période », explique Paula Bujia, gérante or et métaux précieux chez Schroders, à Londres. « Les taux d'intérêt réels, bas, voire parfois négatifs, devraient le rester, et pour longtemps. Or, depuis trente ans, l'expérience montre que, quand ces derniers sont inférieurs à 3 %, la performance de l'or est bonne ; quand ils sont supérieurs à 3 %, le rendement du métal jaune est négatif. La demande est solide : les banques centrales chinoise, russe et mexicaine qui ont acheté de l'or cette année ne sont pas des spéculateurs. Quant à la joaillerie en Inde et en Chine, son niveau est élevé. A la fin des années 1970, quand la bulle sur l'or a éclaté, la demande n'était pas soutenue par celle des pays émergents, depuis en forte croissance. Le Qatar a récemment indiqué qu'il voulait investir 10 milliards de dollars sur l'or. Sur un marché étroit, un tel intérêt est de nature à soutenir les cours. Enfin, les problèmes liés à l'environnement macroéconomique, à la dette souveraine en Europe comme aux Etats-Unis ne seront pas réglés rapidement », ajoute-t-elle. « L'or a donc de fortes chances de conserver son statut de valeur refuge pendant encore longtemps », conclut Paula Bujia.
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