J'avais eu raison de mentionner UBS, car ils sont dans le coup dans cette affaire...
Rappel des faits. En mars, la banque néerlandaise nationalisée ABN Amro envoyait à ses clients une lettre indiquant des changements de leurs conditions pour le trading de métaux précieux, la banque y expliquait que les métaux précieux physiques ne seraient plus livrables aux clients, que leurs conditions tarifaires seraient légèrement modifiées et qu'ils avaient trouvé un nouveau gardien pour leurs métaux précieux. ABN Amro conseillait à ses clients de ne rien faire du tout, indiquant qu'il s'agit seulement d'une nouvelle manière d'administrer et gérer les possessions de métaux précieux pour le compte de leurs clients.
On en sait maintenant un peu plus sur les nouvelles conditions de trading de métaux précieux chez ABN Amro.
La banque indique qu'elle "
tentera de détenir au moins 70% des fonds investis en métaux précieux stockés par UBS dans ses coffres de Zürich" tout en se protégeant en ne promettant "
aucune garantie que ce soit le cas".
Mais il y a plus. L'or, ou les autres métaux physiques promis, sont évidemment non alloués, et c'est pour cette raison qu'ils ne sont pas livrables. Malgré tout, UBS peut choisir d'avoir une partie de cet or alloué par une tierce partie inconnue d'ABN Amro et de ses clients. Et les conditions précisent que la banque ne "
peut pas être reconnue responsable en cas de faillite de cette tierce partie ou faillite d'UBS".
Troublant également, si UBS juge les conditions de marché "
extrêmes", elle se réserve le droit d'ignorer les ordres transmis par les clients d'ABN Amro, ou de cesser le service fourni en liquidant d'un seul coup le stock de métaux des clients.
Bref, les clients d'ABN Amro qui n'auraient pas profité de l'avertissement du mois de mars en sortant de ce placement en prétendus métaux précieux, se retrouvent avec la catégorie la plus précaire qui puisse exister d'or papier, accumulant non seulement les risques de contre-parties de métaux qui de toute évidence n'existent pas (puisqu'on refuse de garantir ce simple fait), mais aussi des risques de voir leurs ordres ignorés selon le bon vouloir de l'opérateur, des risques de vente forcée à des moments qu'ils ne contrôlent pas, des risques de faillite non seulement d'UBS mais aussi d'une mystérieuse tierce partie dont ils ne connaissent même pas le nom... Ça fait beaucoup là !
http://www.jcaschipper.nl/2013/05/natio ... ools-gold/