La Banque centrale d'Irlande a dû seconder la Banque centrale européenne pour fournir des liquidités alors que des clients ont retiré des fonds.
L'Irlande est en proie à des craintes de panique bancaire. Patrick Honohan, le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, a reconnu hier que son institution avait dû seconder la Banque centrale européenne (BCE) pour alimenter en liquidités les banques irlandaises parce qu'elles avaient subi des retraits de la part de leur clientèle d'entreprise échaudée. Les investisseurs s'inquiétant de la solidité financière de ces banques et des possibles pertes qui seront imposées à leurs détenteurs d'obligations, les établissements irlandais peinent à se refinancer par la voie normale des marchés. Plusieurs opérateurs rapportent que le marché interbancaire leur est en particulier fermé. Parallèlement, la crainte que les particuliers commencent eux aussi à retirer leur argent est telle que le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a commencé hier son allocution au Parlement en réaffirmant que ces dépôts étaient garantis et que cette garantie avait été étendue jusqu'à fin 2011. Il ne fait guère de doutes que le fait que l'aide extérieure se précise contribue à calmer la situation et « tout est suspendu aux conditions qui seront négociées », explique un analyste financier, en notant que les cours des actions des banques irlandaises s'étaient bien repris hier.
Retrait de clients
La Banque centrale d'Irlande avait ainsi fourni près de 35 milliards de liquidités aux banques (contre des garanties) à fin octobre, contre 21,2 milliards mi-septembre, a fait savoir Patrick Honohan. Ces montants s'ajoutent aux 130 milliards fournis par la BCE, lesquels représentaient un quart du total alloué par cette institution. Bank of Ireland et Irish Life and Permanent ont communiqué des retraits de clients entreprises, à hauteur de 10 milliards pour la première, à cause de la dégradation de la note de leur dette par les agences. Allied Irish Bank, une des banques qui inquiètent le plus avec Anglo Irish -que le gouvernement est en train de fermer de la façon la plus ordonnée possible -, communiquera sur ses financements aujourd'hui. Selon l'agence Fitch, les banques étrangères, comme les britanniques Royal Bank of Scotland et Lloyds, gèlent de leur côté les engagements nouveaux de leurs filiales irlandaises.
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