Petit article intéressant, en rapport avec ce sujet, que j'ai reçu de " l'édito des matières premières "
Afrique du Sud : le silence est d'or...
Par Marc Mayor, rédacteur de La Lettre de Marc Mayor
L'Afrique du Sud produira cette année autant d'or qu'en 1922. Ne vous réjouissez pas trop vite, c'est quatre fois moins que durant son âge d'or des années 1970.
Car oui, la production chute dans le pays qui était encore le premier producteur au monde il y a vingt ans. En janvier, la production d'or en Afrique du Sud a chuté de 11%. En décembre, elle avait déjà reculé de 8%. Cette année, le pays devrait extraire environ 220 tonnes de métal jaune. C'est autant qu'en 1922, lorsque les progrès technologiques n'existaient même pas en rêve. Les mines les plus importantes arrivent en fin de vie, lorsqu'elles n'ont pas déjà fermé.
Au niveau mondial, l'or a probablement connu un pic de production au début des années 2000. Vu que la demande continue de progresser, les cours ne peuvent apparemment que prendre l'ascenseur.
Et pourtant l'or recule
Pourtant, sur les marchés, l'once a reculé de près de 8% sur la première quinzaine de mars. Le dollar s'est repris contre le yen et l'euro, tandis que la Fed a annoncé vouloir retarder son nouveau programme d'assouplissement quantitatif. Mais les vendeurs négligent toute une partie de l'équation sur l'or.
Il y a vingt ans, l'Afrique du Sud était le principal producteur au monde, avec une marge considérable : plus de 600 tonnes de métal jaune sortaient de ses mines chaque année.
Mais la géologie a toujours raison et la production a été divisée par trois depuis 1990. Le pays a déjà été dépassé par la Chine, l'Australie, les Etats-Unis et bientôt par la Russie.
Malheureusement, le déclin ne va pas s'arrêter de sitôt.
L'Afrique du Sud a-t-elle déjà connu son pic de l'or ?
On continue à creuser dans les mines existantes, vers des profondeurs inédites où la sécurité prend des airs de point d'interrogation. Les nouvelles installations sont soit plus petites, soit leurs teneurs en or sont plus basses, soit les deux. La baisse de la production n'a rien de cyclique, en Afrique du Sud.
Ce recul explique en grande partie la stabilité de la production mondiale depuis deux décennies. Certaines analyses estiment qu'elle a même reculé, et que l'or a connu un pic de production au début des années 2000.
Côté demande, les banques centrales ne faiblissent pas
L'offre demeure sous pression alors que la demande continue de progresser, en particulier de la part des investisseurs. De vendeuses, les banques centrales sont dorénavant acheteuses. Les plus puissantes d'entre elles accumulent des réserves ou tentent de prendre contrôle de celles de pays plus modestes.
Bien sûr, la chute de la production sud-africaine est telle qu'on peut se demander si les statistiques du temps de l'apartheid étaient vraiment fiables. On peut aussi imaginer que le stupéfiant essor de la production d'or chinois ces dernières années bénéficie aussi d'un coup de pouce statistique.
Un marché de plus en plus schizophrène
Mais la réalité est que les mines de la planète produisent de moins en moins d'or et que le monde n'a pas vu de découvertes majeures depuis une bonne vingtaine d'années. En revanche, la quantité d'or papier a bel et bien explosé, dans une belle schizophrénie.
Conclusion, je me précipite sur l'or physique tant qu'il y en a, afin de le garder hors du système bancaire et hors de toute société spécialisée dans la location de coffres. Comme vous le savez, c'est là que l'Etat ira un jour le "réquisitionner" (euphémisme pour "confisquer"), comme à chaque fois...