maraboo666 a écrit:Mais je ne pige toujours pas pourquoi cet économiste brillant s'en prend toujours de façon aussi véhémente au principe de l'étalon-or que défendent mordicus de nombreux "contrariens"?
Si quelqu'un a une explication ou des références sur ce sujet, je suis preneur...
voici 2 liens,un extrait du premier
"Ce qui est vrai est que cette période des années 1930 a joué un rôle décisif dans la maturation des réflexions sur ce que devait être un système international monétaire et commercial. On doit se souvenir que les leçons que Keynes en tira allaient dans trois directions . Il déduisit des processus du début des années 1930 l’importance capitale de l’alimentation en liquidité du système international. Ceci le renforça dans son opposition à toute forme d’étalon or. Il évolua d’une position plutôt favorable au libre-échange vers une position admettant non seulement des formes de protectionnisme comme système permanent . Une leçon clairement tirée par Keynes est que le libre-échange a épuisé son contenu positif. La troisième direction, et qui est sans doute la plus importante, est que si une coordination entre États est nécessaire, celle-ci ne doit pas empêcher de mener des politiques nationales qui sont les seules légitimes . Toute architecture de coordination doit donc préserver cette liberté d’action ou être condamné à l’échec. Le contrôle des changes était pour Keynes l’instrument essentiel permettant de combiner un système monétaire international coordonné et la liberté d’action au niveau national.
Telles sont les véritables leçons des années 1930 qu’il faut prendre en compte pour porter remède à la crise actuelle."
http://www.cirpes.net/imprimer.php3?id_article=246
http://www.utopie-critique.fr/index.php ... &Itemid=33
extrait pour le second
La question de la liquidité internationale
La pratique des dévaluations compétitives est, quant à elle, une réponse à la pénurie de liquidités internationales qui se manifeste durant 1930. Celle-ci oblige de nombreux pays, confrontés à des sorties brutales de devises et d'or induites par la crise des banques américaines et au rapatriement des capitaux qui s'en suit, à tenter de dégager un solde commercial excédentaire à tout prix afin de dégager de cette manière les liquidités nécessaires. L'hypothèse des chercheurs du NBER d'un rôle important du Gold Exchange Standard dans les flux commerciaux doit ici être reformulée[15]. Ce qui est mesuré dans leur étude est l'impact d'un système monétaire international stable, réduisant les incertitudes et les coûts de transaction. Il est clair que le Gold Exchange Standard réunit ces conditions, mais ne peut en assurer la pérennité. En effet, les conditions de propagation de la crise montrent que ce système ne permet pas l'émission des liquidités nécessaires pour combattre la trappe à liquidité induite par la crise boursière puis par l'effondrement du système bancaire.
Les dévaluations qui ont lieu entre 1931 et 1934 sont très probablement excessives, mais c'est en raison du fardeau qui pèse sur la balance commerciale des pays considérés. Celle-ci devient en l'absence de sources internationales de liquidité (et ici se trouve la responsabilité du Gold Exchange Standard), la seule variable d'ajustement possible. Dans ces conditions, les mesures de sauvegarde qui sont souvent critiquées n'apparaissent pas comme une cause mais comme une conséquence. L'instabilité monétaire, qui tranche tant avec la situation précédente, est justement induite par le manque total de flexibilité induit par le lien à l'or.
cordialement

