En quelques mots, voilà pourquoi je me tiens à l'écart du Rhodium.
La volatilité exceptionnelle des cours n'est pas seulement due à la rareté du métal, mais surtout au fait que les transactions en Bourse ne représentent qu'un toute petite minorité des échanges réels de métal, qui eux se font hors-marché directement entre constructeurs automobiles et sociétés minières et à des prix la plupart du temps inconnus.
La dépendance des cours de ce métal à l'industrie automobile (90% de la consommation) ne me semble pas saine, surtout en ce moment. Une industrie aussi dépendante du crédit, des primes à la casse et autres formes de subventions déguisées, de plans de sauvetage ou nationalisations in extremis... ça ne me semble pas particulièrement rassurant ni même raisonnnable, mais ce n'est que mon humble avis.
Ce marché est aussi complètement dépendant de l'offre russe, 2ème producteur derrière l'Afrique du Sud mais qui détient de fait le pouvoir de déclencher à volonté la hausse des prix mondiaux ou leur effondrement, selon qu'ils déstockent ou au contraire rationnent leurs exportations.
Autre problème : la R&D est constante de la part de l'industrie automobile pour tenter de remplacer tel ou tel alliage de platinoïdes couteux par un autre alliage qui le serait moins, et les découvertes sont assez fréquentes. Cela a parfois profité au Rhodium lorsque l'on s'est rendu compte qu'un alliage de ce métal avec l'argent permettait de remplacer le palladium. Mais cela pourrait être l'inverse un jour. N'ayant pas le temps de m'intéresser aux recherches scientifiques sur un secteur aussi pointu, je ne prendrai pas le risque d'investir dans le rhodium.
Dernier problème, mais commun à tous les platinoïdes. Pour les particuliers, il n'existe pas de marché de l'investissement en physique. Cette sécurité supplémentaire existante pour l'investisseur en or ou argent qui ne sont pas obligés d'investir uniquement sur des dérivés papier, ne se retrouve pas pour les autres métaux dits précieux.
