Un à un, la dame sort chaînes, bracelets, boucles d'oreilles d'un sac en plastique. Un petit coup de lime, un rien d'acide et le verdict tombe. « Là, c'est de l'or ». « Mais ça, c'est du plaqué, je ne prends pas », prévient Jacqueline Marcos, directrice du Comptoir Or et Argent à Nantes. À raison de 17,50 € le gramme net... La cliente repart avec 120 €. Six personnes attendent leur tour et quelqu'un entre encore. Avec un lingot d'or à près de 34 000 €, le négoce de métaux précieux s'enflamme (1).
« Une folie comme je n'en ai jamais vue », témoigne Denis Guérin, un joaillier nantais expert en bijoux anciens qui, lui aussi, achète l'or sous toutes ses formes, y compris l'or dentaire. Émoustillés par les comptes rendus des cambistes et souvent poussés par le dénuement, les Français explorent greniers et caves. Ils retournent les tiroirs des antiques commodes, histoire de dénicher quelques « pépites ».
Des merveilles ont été fondues
À Nantes toujours, Christine Mariette s'est installée voilà six mois sous l'enseigne du Comptoir national de l'or, une franchise qui essaime un peu partout dans l'Hexagone. « Le panel des clients est varié. Cela va des personnes dans le besoin, parfois en détresse, qu'il faut accueillir avec respect, à celles profitant d'un cours alléchant pour faire du ménage. » Plus inattendu, il faut ajouter des craintifs, venus se délester d'un objet cher, histoire de ne pas l'être par un cambrioleur.
Une ruée vers l'or qui ne va pas sans dérapages. Dans son numéro de mars, le mensuel 60 millions de consommateurs tacle une société d'achat par correspondance « payant l'or au prix du plomb ». Vendre par le canal d'Internet ou dans l'arrière-cour d'hôtels ou autres commerces suppose un minimum de prudence. S'assurer par exemple que la taxe obligatoire de 8 % due à l'État apparaît bien au bas de la facture remise. À défaut, on risque un redressement.
Gare aussi à ne pas se départir d'un joyau au seul poids du métal. « On pourrait bien revivre ce qui s'est passé voilà quelques années avec la flambée de l'argent. Des couverts du XVIIIe, des merveilles, ont été fondus », met en garde Denis Guérin. « J'ai acheté une bague 2 000 € qui avait été estimée 300 ailleurs... »
On ne risque rien à pousser plusieurs portes, renchérit Frédéric Floriant, professionnel numismate. Chez lui, comme chez Christine Mariette, la course vers l'or se joue à double sens. « La demande a explosé aussi. Avant, nous avions une clientèle âgée : aujourd'hui des jeunes de 20 ans viennent s'offrir une pièce de 20 francs de temps en temps. » L'or, valeur refuge des temps incertains, alimente la ruée...
France info a traité aussi de l'or et l'argent, comme placement en valeur refuge.
Nous y sommes, les médias commencent a regarder l'autre face de la pièce "or", celle de l'achat comme placement refuge.


