par hellor le Jeu 1 Mar 2012 18:42
Qui vend des CDS? Les banques et assureurs privés, pour ce qui est de la Grèce surtout des banques américaines.
Qui décide du paiement des CDS? L'ISDA, qui est composé de représentants de... banques... là on nage en plein délire. Aucune autorité de régulation, juste un jeu de débiles. Et il faut vraiment l'être pour souscrire et cotiser des CDS.
Participants du jour:
"Liste des participants au comité de détermination de l'Isda sur la Grèce : Bank of America-Merrill Lynch, Barclays, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan Chase Bank, Morgan Stanley, UBS, BNP Paribas, Société Générale, Cital Investment Group, D.E.Shaw Group, BlueMontain Capital, Elliott Management Corporation, PIMCO."
(source: les Echos.fr)
Tu m'étonnes qu'ils ne débloquent pas de CDS tout de suite, c'est eux qui risqueraient de payer... tout simplement.
Questions du jour:
1- Est-ce que les détenteurs de titres grecs ont vu leur statut de créancier altéré par la Banque centrale européenne (BCE) et d'autres banques centrales nationales, qui ont cédé leurs propres obligations helléniques à la Grèce avant le vote d'une nouvelle loi, de telle sorte qu'on puisse parler d'une subordination des créanciers privés ?
Leur réponse : Non. Alors que la BCE a repris des obligations avec un échange à 100% (ie: la Grèce s'engage à rembourser 100% de sa dette envers la BCE) des créanciers privés qui n'ont jamais accepté l'échange ni une quelconque négociation se voit dans l'obligation d'accepter l'échange à partir de demain.
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Mon avis: C'est vrai que je ne vais pas compatir avec ceux qui saignent la Grèce, mais ils sont plus légitimes que la BCE, qui elle, a juste créé l'argent sur un compte. D'autres ont vraiment placé leur bénéfices industrielles, ou leur capital-retraite. Je suis contre ce système, mais quand il devient hypocrite envers lui-même là je reste bouche-bée.
Disons que vous prêtez de l'argent, le débiteur ne va pas bien. D'après les règles du jeu, rien ne vous oblige à renégocier sa dette, et vous pouvez attendre tranquillement l'échéance. S'il ne paie pas, vous avez le droit de lui demander "Alors, mon bonhomme, il est où mon pognon?". Il aussi le droit de vous répondre "Désolé, j'ai pas, repasse plus tard". Le créancier, d'après les règles du jeu a le droit d'aller voir son assureur et lui dire : "Regarde, il ne m'a pas remboursé, donc notre contrat doit s'accomplir, c'est à toi de combler le déficit, vu que j'ai cotisé pour que tu te porte garant."
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Ils peuvent s'amuser à écraser qui ils veulent, mais en faisant cela les autres spéculateurs verront bien qu'il y a aussi deux poids deux mesures dans le monde de la finance, ça sent pas bon la confiance. Et rien ne leur dit que les gouvernements proche de la faillite ne vont pas tout simplement demander la même faveur.
De plus, on ne nous a toujours pas expliqué comment on efface autant d'argent, vu que certains créanciers doivent aussi oublier une partie de leur capital. 53% normalement. Ca en fait des fonds prochainement ruinés. Des caisses-retraites? Des mutuelles? Des entreprises?
On ne peut pas indéfiniment imposer tout et n'importe quoi dans le système monétaire. Il va y avoir un retour de bâton, et croire que les gens vont continuellement fonctionner comme des moutons... et quand bien même ils le feraient, ils finiraient pas ne plus consommer.
Donc, la question du jour : ils vont faire comment les créanciers privés, qu'on va priver de 100 milliards?
PS: Ah j'oubliais la deuxième question du jour pour l'ISDA:
2- est-ce que l'accord conclu entre la Grèce et les créanciers privés constitue un événement de crédit ?
réponse: non plus! Ne riez pas c'est pas une blague.
L'ISDA affirme aussi qu'il est possible qu'elle se réunisse si d'autres questions sont à traiter, et d'autres CDS sont possibles. Apparemment, on pourrait croire qu'ils veulent laisser passer une part des dettes avant de débloquer quelques CDS. A suivre...