Puisqu'il semble impossible de commenter chez Chevallier si j'ai bien compris, un simple petit commentaire ici pour aider à faire comprendre pourquoi les monétaristes ne comprennent toujours rien à l'or.
Chevallier nous présente un graph d'évolution du PIB réel (américain) censé illustrer l'augmentation de la richesse des nations au niveau mondial. Déjà, il y a une petite contradiction : les USA ne sont pas le monde.
Mais surtout ce graph est exprimé en
dollars. Exprimé en n'importe quoi d'autre qu'en dollars, pétrole, maïs, jus d'orange... ou plus simplement exprimé en or, la courbe serait beaucoup plus plate.
Chevallier ne tient pas compte du fait que le dollar n'a cessé de se dévaluer en pouvoir d'achat réel (98% de perte de valeur pour le billet vert depuis 1913)
J.P. Chevallier dit:
Pour qu’il en soit ainsi à l’avenir, il est indispensable que le prix de l’or baisse comme pendant les deux dernières décennies du XX° siècle qui ont effectivement correspondu, pour tout le monde et en particulier pour les Américains, à une augmentation très importante de la richesse.
La première partie de la phrase n'a aucun sens pour les partisans de l'étalon-or... En système d'étalon-or, la convertibilité est fixe, l'or ne pourra donc ni baisser, ni monter. Le but recherché est justement la stabilité monétaire.
Mais pour que l'étalon-or soit de nouveau envisageable, il faudrait que la valeur des stocks d'or puisse reflèter de nouveau la richesse des nations. Par conséquent, si l'on considère l'or comme monnaie, l'or est
considérablement sous-évalué aujourd'hui.
Il est donc logique d'attendre une hausse en dollars, en euros, en yens, en francs suisses, en yuans..., tant que la remonétisation (complète ou peut-être sous la forme d'un panier de quelques devises) n'aura pas eu lieu.
La croissance mondiale des 40 dernières années est une illusion d'optique puisqu'on la regarde en dollars. Peu de vraies richesses nouvelles ont été créées à mon avis, surtout des transferts : au niveau social, transfert des classes populaires et moyennes vers la classe capitaliste, au niveau national, transfert des richesses publiques vers les banques (aggravé par le dogme monétariste "d'indépendance" des banques centrales), au niveau géopolitique, transfert des ex-pays développés vers les émergents.
Ce n'est pas la baisse de l'or durant deux décennies qui a provoqué cette pseudo-croissance, ni même l'inverse. Seule la politique de Volcker de resserrement du robinet monétaire (les taux directeurs monteront jusqu'à 20% en 1981) est responsable du coup d'arrêt donné à la hausse de l'or à ce moment là. Une fois encore, on a préféré trafiquer les thermomètres plutôt que de s'attaquer à la fièvre elle-même...
L'étalon-or ne sera pas un frein à une croissance soutenable (telle que celle observée tout au long du XIXème siècle).
Au contraire, il apportera même la stabilité monétaire nécessaire pour que entreprises et pouvoirs publics puissent entreprendre des investissements à long terme.
Ce sont les monétaristes les "pires idiots"
