Bonjour,
Sam's a écrit:Les Vénézuéliens ont donc perdu 32 % de pouvoir d'achat exceptés ceux qui détiennent leur épargne en or physique et voient, sinon leur capital consolidé, leur pouvoir d'achat augmenter d'autant.
Je vais commencer par une réserve sur ce point. Une dévaluation n'équivaut pas à une baisse de même ampleur du pouvoir d'achat.
Il faut regarder le détail des produits importés ou produits fabriqués sur place déjà.
Le Venezuela importe notamment des produits médicaux et pharmaceutiques, des matériaux de base pour l'industrie, des produits chimiques, des matériaux de construction, certains produits alimentaires, et de l'acier.
Mais le Venezuela produit (et exporte même) outre du pétrole, des produits agricoles, des minerais, de l'aluminium, des produits chimiques et quelques produits industriels de base.
On peut donc s'attendre par exemple à une inflation des prix sur le coût du logement et sur les soins de santé.
Et à une inflation de moindre ampleur sur l'alimentation et les produits manufacturés. Mais pas sur l'énergie ou les transports.
D'autre part, il me semble que le Venezuela a mis en place des dispositifs de contrôle des prix, certains secteurs étant même subventionnés.
Cela devrait atténuer en principe l'inflation sur la santé, sur la construction de logements, sur l'alimentation et sur l'energie.
Il y a aussi une dimension sociale à prendre en compte, le Venezuela étant un pays de très fortes inégalités.
Il est fort probable par exemple que l'alimentation constitue le poste de dépenses le plus important pour les pauvres.
S'il s'agit d'acheter de la viande, du lait, des oeufs, du maïs, bref tout ce qui est produit localement, l'inflation devrait être minime là-dessus.
Au contraire, les classes supérieures beaucoup plus consommatrices de produits importés devraient être davantage pénalisées.
Pour la France, il faudra évaluer les conséquences d'une dévaluation de la même manière en fonction de la structure de consommation des différentes catégories sociales, et surtout des nécessaires dispositifs de contrôle des prix et contrôle des capitaux à mettre en place en parallèle de cette dévaluation.