@ taupe91
M.Maloney parle de son bouquin dans sa video-fleuve : "Debt collapse" (sous-titres en Français). Il me semble que fin 2011, il n'était toujours pas traduit, mais que c'était à l'étude. A surveiller donc...
@ Iron man
Je viens de "déterrer" ceci, du sieur Werrebrouck dans un article très long de Décembre 2009 intitulé:
"Le trou noir de la finance n'engloutira pas les états". >>
La bonne méthode consiste à commencer par la répudiation de la dette publique, partout où les circonstances l’exigent. Dans un contexte de désinflation, cela passe par sa monétisation, c’est-à-dire l’alimentation sans limite des comptes des Trésors, comme l’est aujourd’hui, quasiment sans limite, l’alimentation des comptes des banques à la banque centrale.
Cela signifie évidemment, l’abandon de l’indépendance des banques centrales.
Même sans inflation, la dette publique s’en trouvera largement évaporée, d’abord au détriment des non-résidents, victimes de la chute massive des taux de change qui résultera de la monétisation .
La répudiation de la dette publique doit s’accompagner, partout où les circonstances l’exigent, d’une renégociation de la dette privée, visant à desserrer l’étau financier chez les agents privés.
L’objectif global de ces deux formes de répudiation, au moins partielle, de la dette est, bien évidemment, la diminution globale de l’endettement, endettement dont l’ascension irresponsable a engendré la crise.
Le système bancaire, repris en main, par le pouvoir politique devra quant à lui obéir à de nouvelles injonctions et reconfigurations : retour à la spécialisation et au Glass-Steagall Act, démantèlement de la structure oligopolistique et fixation d’une taille maximale des bilans, interdiction de la titrisation et des activités de trading pour compte propre, limitation stricte de l’importance des leviers et donc augmentation des fonds propres, activités financières sur produits de base réservés aux seuls acteurs de l’économie réelle, etc.
Cette liste de décisions ne saurait être exhaustive. Sans doute, la monétisation entraînera-t-elle une augmentation nouvelle de la base monétaire, mais la reconfiguration de la totalité du système bancaire bloquera de possibles nouvelles bulles d’actifs, ce qu’à l’inverse nous constatons aujourd’hui.
Que ce retour de l’autorité du souverain sur le banquier soit accompagné de réelles difficultés, est un fait d’évidence. En particulier, certains seront tentés par l’expatriation. Les effectifs concernés seront pourtant faibles, en raison de l’approfondissement de la crise partout dans le monde.
Le réarmement des Etats vis-à-vis de la finance – la fin de la capture des régulateurs par les régulés, pour employer le langage académique – ne solutionne la question de l’équilibre macro économique, que par l’outil de la répudiation par monétisation.
La crise est le produit d’un endettement excessif , lui-même enfant des dérives d’une mondialisation mal comprise et mal conçue. La solution classique plus ou moins retenue jusqu’à aujourd’hui, celle du deleveraging, correspond aussi à une chute de la demande globale, en sorte que le niveau d’endettement n’est plus acceptable, tout en restant indispensable puisqu’il nourrit une demande potentiellement insuffisante, eu égard au pouvoir d’achat distribué.
Contradiction majeure de la conjoncture présente : il faut réduire le volume de la dette… mais surtout sans toucher au volume du crédit.
Il s’ensuit, comme précédemment indiqué, que le deleveraging ne peut prendre que la forme de la répudiation par monétisation.
Seule la répudiation, au moins partielle, permettra aux Etats le maintien, voire la confirmation, de l’Etat-providence, et donc le niveau de la dépense correspondante. Seule la répudiation par monétisation, au moins partielle, permettra aux ménages de retrouver une situation saine.
Il conclut comme suit:
Dans l’immensité de l’univers, des trous noirs engloutissent des galaxies. Sur terre, le trou noir de la finance n’engloutira pas les Etats. La reprise en main de l’ensemble des systèmes bancaires, par des Etats en faillite, est un scénario fort probable, à échéance peu lointaine.
Est-il au contraire de M.Drac (sapir se situant dans une posture "intermédiaire"), un incorrigible optimiste?
En tous cas, c'est assez clair et...ça donne vraiment envie de s'user les neurones sur son bouquin!
Je passe commande...
