13 Mars 2013:
Ce "gouvernement" se prépare à utiliser la procédure des ordonnances pour accélérer ses « réformes ".
Un suicide politique?
http://russeurope.hypotheses.org/1018
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L’interruption des négociations entre la Grèce et la TROÏKA (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) ramène brutalement les feux des projecteurs sur ce malheureux pays. On sait que la cause de cette interruption était la volonté de la TROÏKA de supprimer 150 000 postes de fonctionnaires dans les deux prochaines années. Même le gouvernement conservateur de Samaras a refusé de telles coupes. Rapportées à l’échelle de la France, pays dont la population est 6,5 fois plus élevées, ces coupes impliqueraient la suppression de 975 000 postes, sur les 2,15 millions de fonctionnaires d’État[1]. On comprend le refus du gouvernement grec.
En fait, la Grèce s’est appauvrie d’un quart de son PIB depuis le 2ème trimestre de 2008. L’effondrement économique est continu, et ceci quel que soit l’indicateur que l’on retient, qu’il s’agisse du PIB calculé à prix constants ou à prix courants.
On mesure bien que l’austérité ne fonctionne pas car pour chaque pourcent d’impôts en plus ou de dépenses en moins, nous avons aujourd’hui entre 1,4 et 1,7 pourcent de réduction de la croissance, ce qui mécaniquement engendre une réduction du même niveau des recettes fiscales. Le gouvernement a donc cherché à contrer cette baisse des impôts (TVA et taxes) par un accroissement des contributions des personnes. Mais, aujourd’hui, une vaste majorité de la population est désormais insolvable. Après avoir augmenté durant 2012, les impôts sur les personnes physiques et les ménages sont en train, maintenant, de s’effondrer. L’austérité ne peut pas fonctionner car la logique des dévaluations internes, qui est envisageable dans un pays entourés de voisins en forte expansion, est suicidaire quand elle mise en pratique simultanément par plusieurs pays. Dès lors, la rigueur débouche sur l’austérité, qui débouche sur un chômage de masse, 26% de la population active.
Dans ce contexte survient le samedi 16 mars l’annonce de l’accord sur Chypre, et de ses conséquences. Le gouvernement de Nicosie, pour obtenir le soutien de l’Union Européenne, a du mettre en œuvre une mesure extrêmement dangereuse : un prélèvement direct sur les comptes bancaires. Les effets de cette mesure ne se feront probablement pas attendre dans les autres pays. En effet, à Chypre même des queues se formaient devant les banques pour retirer l’argent des comptes, mais sans effets car le gouvernement avait gelé la veille les montants. Mais, ce qui est arrivé aux Chypriotes va servir de leçon pour les autres pays. Une telle mesure est parfaitement envisageable en Grèce, en raison de l’effondrement des recettes fiscales. La logique de la situation serait que l’on assiste à un « bank run », une panique bancaire en Grèce, puis probablement en Espagne et en Italie.
Concrètement, la situation de la Grèce a connu une nouvelle aggravation, dont les effets seront manifestes d’ici à juillet prochain. Mais, la combinaison de cette situation et du faux-pas des autorités à Chypre risque de confronter les autres pays en crise ouverte, l’Espagne, le Portugal et sans doute l’Italie, à la perspective de paniques bancaires qui, même si elle ne sont pas justifiées, seront extrêmement difficiles à contrôler. La TROÏKA veut continuer de voir couler le sang de la Grèce par ses veines grandes ouvertes, mais ce sang ne va pas tarder à nous éclabousser.
Jacques Sapir
Le « blocus monétaire » de Chypre qui vient d’être mis en œuvre par la BCE est un acte d’une extraordinaire gravité, dont les conséquences doivent être soigneusement étudiées. La décision de M. Mario Draghi porte sur deux aspects : tout d’abord la BCE n’alimente plus la Banque Centrale de Chypre en billets (point qui n’est pas essentiel car les réserves de « cash » semblent importantes) et ensuite elle interrompt les transactions entre les banques chypriotes et le reste du système bancaire de la zone Euro. C’est cette dernière mesure qui est la plus grave. D’une part, elle condamne à court terme les banques chypriotes (mais aussi les entreprises basées à Chypre) car désormais elles ne peuvent plus faire de transactions avec le reste de la zone Euro. D’autre part, elle équivaut à un « blocus » économique, c’est-à-dire dans les termes du droit international un « acte de guerre ». C’est donc dire la gravité de la décision prise par Mario Draghi. Elle pourrait d’ailleurs se prêter à contestation devant les cours internationales.
Sur l’interruption des relations entre banques chypriotes et la zone Euro, l’argument invoqué est le « doute » sur la solvabilité des dites banques chypriotes. C’est à l’évidence un pur prétexte car des « doutes » il y en a depuis juin dernier. Tout le monde sait qu’avec les conséquences du « haircut » imposé sur les créanciers privés de la Grèce, on a considérablement fragilisé les banques de Chypre. La BCE n’avait pas réagi à l’époque et ne considérait pas le problème de la recapitalisation de ces banques comme urgent. Elle se décide à le faire au lendemain du rejet par le Parlement chypriote du texte de l’accord imposé à Chypre par l’Eurogroupe et la Troïka. On ne saurait être plus clair. Le message envoyé par Mario Draghi est donc le suivant : ou vous vous pliez à ce que NOUS avons décidé ou vous en subirez les conséquences. Ce n’est pas seulement un message, c’est un ultimatum. On mesure ici que toutes les déclarations sur le « consensus » ou l’« unanimité » qui aurait présidé à la décision de l’Eurogroupe ne sont que des masques devant ce qui s’avère être un Diktat.
Mais il y a un message dans le message. Mario Draghi vient, d’un seul geste, de faire sauter la fiction d’une décision collective au sein de la BCE, car le Président de la Banque Centrale de Chypre n’a pas donné son accord. Les règles n’ont ainsi même pas été respectées. Il vient, ensuite, d’affirmer au reste du monde que les décisions ne sont pas prises par l’Eurogroupe ou l’Union Européenne mais par lui et lui seul, fonctionnaire désigné et non élu, irresponsable au sens le plus politique du terme. La nature profondément tyrannique des institutions mises en place dans le cadre européen se révèle pleinement dans cet incident. Les grands discours sur la coopération et sur l’expertise cèdent la place au froid rapport des forces et sentiment de puissance.
Les conséquences de cette décision seront, quoi qu’il advienne, dramatiques. Il est possible que le Parlement chypriote se déjuge sous la pression, mais ce faisant il ouvrira une crise ouverte avec son peuple. La tradition de violence politique que l’on a à Chypre ne doit pas être négligée. Il est aussi possible que l’on aille jusqu’au bout de cette crise et que Chypre soit de facto expulsée de la zone Euro du fait de la décision de Mario Draghi. Le précédent ainsi établi aura dans ce cas des conséquences profondes pour l’ensemble des autres pays. Nous aurons des indications sur le cours que les événements vont prendre d’ici 48 heures.




Libertad a écrit:à ce moment là y'a des films dans toutes les autres chaines.

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