je voulais donner mon sentiment sur le livre de Werrebrouck :
"banques centrales-indépendance ou soumission-?" que je suis en train de lire doucement car, en effet, ce n'est pas une lecture facile...
Je n'en suis qu'au début, c'est à dire à sa méthodologie et j'y vois une faille importante dans sa critique de "l'ethnocentrisme supposé de Marx" quant à son affirmation du rôle moteur de l'économie dans l'évolution des sociétés humaines et des différentes formes d'état qui en découlent.
Tout d'abord, leurs méthodes ont ceci en commun qu'elles se basent effectivement sur l'historicité (dont on peut faire remonter l'origine à Rousseau), avec le même refus des "fausses évidences" du normatif et des visions "exogènes" de la puissance publique devenue état-nation.
Ce qui pose problème est la volonté de J.C Werrebouck reprenant, comme il le reconnait lui-même la pensée de René girard sur la "violence et le sacré", de partir du fait religieux (à tout le moins d'une "extériorité radicale") pour établir, sans vraie démonstration, la primauté du Politique (dont les états sont le siège) et de leurs entrepreneurs sur les acteurs économiques qui n'interviendraient qu'ensuite en fonction des lois communes partagées par tout groupe social, équivalent d'une "dette" (de sang, d'existence...) remontant à la barbe des 1ers prophètes...
On peut regretter l'absence de raisonnement en termes de division des tâches, de partage de la valeur ajoutée entre capital et travail et de classes sociales qui , au point oû j'en suis arrivé, semble encore évacué du débat.
Bref, il renverse la proposition marxiste classique même si, dans ses développements ultérieurs, il renoue avec une tradition sociale (pour ne pas dire "socialiste") de contrôle des banques centrales à récupérer et de re-nationalisation des signes monétaires, nécéssaires selon lui (et à juste titre) pour établir une société plus "démocratique" (le mot reste ambigu chez lui), de plein emploi, d'inflation structurelle et de bilans bancaires "corrects" dans laquelle la finance serait tenue en respect.
Cela est fort bien, mais l'auteur néglige les apports d'un M.Mauss notamment, qui voit à l'oeuvre dans les sociétés primitives, moins les mécanismes d'extériorité, de pouvoir, de sacrifice et de dette que des principes d'échanges basés sur le Don et le contre-don, selon la triple réciprocité du "donner, recevoir et rendre", elle même fondatrice ensuite du lien social de la "common decency" des gens ordinaires chère à Orwell et plus près de nous, à de vrais partisans de la démocratie tels qu'Etienne Chouard ou J.C Michéa...
Bref, je suis un peu perplexe car je m'attendais à une analyse "objective", technique du fonctionnement bancaire et financier et l'auteur, me semble-t-il se perd (au moins dans le 1er quart du bouquin) dans une lointaine origine des évènements discutable, à résonnance religieuse certaine!
Son approche est cependant intéressante et novatrice et je vais poursuivre, bien entendu...
Le tableau que j'ai tenté de poster (sans touche Tab, merci pour le rajout

) est exemplaire du propos central du livre qui est de montrer le lien entre le statut d'une banque centrale et le type de société (protectrice? sociale/ou pas?, "mondialiste"...) que nous voulons?
(à suivre...)