Voici une petite sélection de citations des années 1940 à nos jours, toutes très lourdes en implications, et toutes à contre-courant de l’histoire officielle ainsi que des traitements médiatiques de cette question. Je me suis abstenu de faire un commentaire et ai préféré laisser ces citations telles quelles afin qu’il ne puisse y avoir de procès sur l’interprétation ou la subjectivité.
« Les pays du nord de l’Europe – Groenland, Islande, Grande-Bretagne, Norvège, Danemark, Suède... – n’ont pas adopté l’euro, à part la Finlande. Aucun de ces pays n’a rejoint l’euro. Et comparativement, ces pays s’en sont mieux tirés, économiquement, pendant ces années qui ont suivi la crise de 2008, que les pays de la zone euro, Allemagne exceptée.
Il est donc difficile d’arguer aujourd’hui que l’adhésion à l’euro est une condition indispensable à la réussite économique. Pour ma part, je ne vois pas d’argument nouveau qui justifierait l’adhésion de l’Islande à l’euro. »
Ólafur Ragnar Grímsson, élu cinq fois président de l’Islande, en février 2013.
« Si elle devait quitter la zone Euro, elle retrouverait probablement sa compétitivité, et la Grèce pourrait alors se remetre sur pieds. »
Anders Borg, ministre de l’Économie suédois, en octobre 2012.
« Ce qui n’était pas prévu, c’est que les peuples puissent refuser ce que proposent les gouvernements. »
Michel Rocard, International Herald Tribune, en juillet 1992.
« Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe. »
Julien Dray, Assemblée nationale, mai 1992 .
« Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. »
Alain Madelin à Chalon-sur-Saône, septembre 1992 .
« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. »
Valéry Giscard d’Estaing, RTL, juillet 1992 .
« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. »
Michel Sapin, ministre socialiste des Finances, Le Figaro, aout 1992 .
« Le Groupe Bilderberg a aidé à la création de l’Euro dans les années 1990. »
Étienne Davignon, mars 2009, ancien président du Groupe Bilderberg .
« Les États-Unis ont en réalité bien plus soutenu la construction européenne que les Européens ne l’ont fait eux-mêmes. C’est très inhabituel pour une puissance hégémonique, pour reprendre un terme scientifique, d’essayer de construire un second centre, si vous voulez, dans sa sphère d’influence, mais les USA l’ont fait pendant de nombreuses décennies. »
Geir Lundestad, Commission Nobel, dans un entretien à l’Université de Berkeley le 20 Septembre 2005 .
« L’euro ne remplacera jamais le dollar et sera toujours une illusion technocratique. Pourquoi ? Parce que les travailleurs européens ne sont pas assez mobiles, qu’il y a trop de blocages économiques et que les nombreuses différences culturelles entre les pays européens sont insurmontables. Un jour, l’adoption de cette monnaie “contre nature” coûtera cher aux pays européens. »
Milton Friedman, prix Nobel d’économie, en 2002 .
« Je me suis comporté en dictateur pour faire adopter l’euro. »
Helmut Kohl, ancien chancelier allemand, dans un entretien en 2002 .
« L’entrée de la drachme grecque dans le mécanisme de change témoigne de l’attractivité de la future zone euro et de la crédibilité du processus d’ajustement économique dans lequel la Grèce s’est engagée avec détermination. Ceci favorisera la convergence entre l’économie grecque et celle des autres États membres. Pour les partenaires de la Grèce, notamment pour les entreprises, cette appartenance de la drachme au mécanisme de change facilitera le développement des relations économiques et commerciales. »
Communiqué de presse de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie, le 16 mars 1998 à l’ocasion de l’entrée de la drachme dans le mécanisme de change européen.
« L’euro nous apportera plus de choix dans nos achats, des prix plus bas, de nouvelles parts de marché, de nouvelles possibilité d’investissement et donc d’emplois. Il nous apportera plus de stabilité dans un monde incertain, plus de force face aux grands pôles économiques ou politiques, qui existent ou se développent sur la planète. »
Jacques Chirac, vœux de 1998.
« Alain Peyrefitte : Il y a une conviction répandue dans les esprits, surtout dans la jeunesse, c’est que, sans l’Europe, la France ne sera plus rien.
Charles de Gaulle : Il est possible que la fin du Marché commun, ce soit justement la fin de ce mythe. Ce serait heureux : il a été forgé par les fumistes qui ont voulu faire croire à l’Europe supranationale. »
Conversation rapportée par Alain Peyrefitte dans C’était de Gaulle
« Une note des “Affaires européennes” datée du 11 juin 1965, recommande au vice-président de Conseil économique de l’Europe, Robert Marjolin, de poursuivre discrètement l’idée d’une union monétaire. Elle recommande de supprimer tout débat jusqu’au point ou “l’adoption de telles mesures deviendrait de fait, inévitable”. »
Selon des archives américaines déclassifiées en 2000 et rapportées par le Telegraph anglais.
« Rien ne pourrait m’être plus agréable que d’apprendre que les états d’Europe occidentale ont décidé d’unir dans une ville d’Europe, disons à Luxembourg, des délégués responsables avec le mandat de rédiger le règlement constitutionnel de l’Europe, de désigner la capitale et qu’à partir du 1er janvier l’Europe occidentale fonctionnera comme fédération [...]. Aucune autre décision ne pourrait mieux nous aider dans la tâche que nous poursuivons ! »
Entretien avec le général Eisenhower dans Match, le 27 octobre 1951.
« Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec lui ; qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés ; qu’il est un ennemi de la construction européenne et qu’en conséquence, il doit être détruit dans l’intérêt des Français. »
Jean Monnet à propos de de Gaulle, dans une correspondance avec Harry Hopkins de la Maison Blanche, le 6 mai 1943.