Point de non retour peut-être, mais certainement pas le chemin de la sortie de l'euro.
Ce que je vais dire va sans doute effrayer ceux qui se fient à l'aspect "kawaii" de mon avatar...
On ne peut pas convaincre l'Allemagne autrement que par la force de prendre des décisions, légitimes à nos yeux, mais qu'elle n'a aucun intérêt à prendre.
Faudra-t-il envoyer nos chars Leclerc encercler le siège de la BCE pour obtenir une dévaluation ?
J'espère que non, mais c'est la solution extrême à laquelle risquent de nous conduire les discours actuels sur l'euro.
Un petit peu de Jacques Sapir à ce sujet :
Les alternatives possibles
Dès lors, dans une telle situation, quelles sont les alternatives possibles ? Nous pouvons accabler l’Allemagne de demandes pour que les salaires soient massivement augmentés, et pour qu’une politique de transferts budgétaires soit mise en place. Mais il en sera de ces demandes comme des sempiternelles demandes concernant l’Europe sociale. Elles ne seront suivies d’aucun effet, si ce n’est d’accroître de manière considérable la frustration des personnes qui honnêtement suivent une telle politique. Car nous ne sommes pas dans un monde de bisousnours, n’en déplaise au PS, où il suffit de demander pour être exaucé.
Nous pourrions aussi envahir l’Allemagne et demander, par la force de notre armée, que nos demandes – que nous considérons comme légitimes naturellement – soient prises en considération. Il est certain que si une compagnie de chars Leclerc encerclait le siège de la BCE à Francfort ceci aurait quelques effets sur la politique de cette institution. Mais est-ce cela que l’on veut ? C’est heureusement une hypothèse encore plus illusoire que la première alternative. Néanmoins, cette « solution » est dans la logique des discours qui sont aujourd’hui tenus, et dont leurs propres auteurs ne mesurent pas ce que leurs propres mots impliquent. Si, effectivement, les demandes que nous soumettons au gouvernement allemand sont légitimes, et si nous sommes confrontés à des fins de non-recevoir qui elles ne le sont pas, alors il serait logique d’user de la violence. Car, dans un monde où prédominent les rapports de force la violence de la politique du gouvernement allemand par rapport aux autres pays européens appelle logiquement en retour la violence de ces derniers vis-à-vis de l’Allemagne.
Mais, heureusement, il existe une troisième alternative. Nous pouvons agir de façon telle que, quelle que soit la position du gouvernement allemand, nous obtiendrons satisfaction, et ceci sans violence et sans chercher à obtenir par la contrainte ce que nous ne pouvons obtenir par la négociation. Cela est parfaitement possible. Il suffit de sortir de l’Euro et de dévaluer notre monnaie retrouvée. Cette solution peut d’ailleurs être appliquée par l’ensemble des pays de l’Europe du Sud.
http://russeurope.hypotheses.org/1186