Forum Or

 

Accueil du site Acheter Or

L'Or physique | L'Or papier | Fiscalité de l'or | Liens | Contact | Forum Or sur Facebook  Forum Or sur Twitter  Forum Or sur Linkedin

 

Actualité de la crise + MàJ

Forum de discussions générales sur l'Or. Analyse des cours de l'or, actualité économique, financière et géopolitique. Fondamentaux de l'or et des métaux précieux.

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar traze le Mar 11 Juin 2013 18:07

bonjour,c'est rare de voir quelqu'un de son niveau dire autant de vérité
"Vítor Constâncio, vice-président de la BCE, décrit les véritables causes de la crise

Le Vice-Président de la Banque centrale européenne, le Portugais Vítor Constâncio, a récemment prononcé un discours remarquable lors d’une conférence de la Banque de Grèce. Je dis « remarquable » parce qu’il dénonce les arguments austéritaires (entre autres, de l’Allemagne) et souligne le rôle de l’intégration financière européenne en tant que cause majeure de la crise. Jamais une personnalité aussi élevée de la zone euro, Constâncio est peut-être le fonctionnaire européen le deuxième plus puissant après Mario Draghi, n’a conforté ainsi les thèses des progressistes américains (Krugman, etc.) et des souverainistes français (Dupont-Aignan, etc.).

Je présente un résumé du discours ainsi qu’une traduction de passsages choisies. Les diapos du discours sont également disponibles.

Constâncio présente quatre arguments principaux :

La crise n’est pas principalement due aux déficits publics excéssifs, c’est-à-dire au non-respect du Pacte de Stabilité et de Croissance (la fameuse règle des 3 %). Des pays qui l’ont respecté connaissent des crises graves (Irlande, Espagne), des pays qui ne l’ont pas respecté s’en sortent relativement bien (France, Allemagne).
La crise est surtout due à l’explosion des prêts et de la dette privés, notamment sous l’impulsion des bulles financières provoquées par les investissements douteux des banques.
Ces déséquilibres économiques ont été provoqués et agravés par l’intégration financière européenne, qui a complètement libéralisé les mouvements de capitaux et rendu ces bulles incontrôlables.
L’euro a placé les pays de la périphérie en position de vulnérabilité financière comparable à des pays du Tiers-Monde, notamment à cause de la fuite massive des capitaux et l’incapacité de s’auto-garantir par la banque centrale.

Traduction :

[L]e premier des récits de la crise, progressivement corrigé par les universitaires mais toujours apprécié dans certains segments de l’opinion, peut être résumé ainsi : Il n’y avait rien de fondamentalement erroné avec la conception initiale de l’[Union économique et monétaire], et la crise a été provoquée principalement du fait que plusieurs pays de la périphérie n’ont pas respecté cette conception – en particulier les règles budgétaires du Pacte de Stabilité et de Croissance – ce qui a provoqué la crise des dettes souveraines. C’est le récit « c’est surtout budgétaire », qui peut être facilement lié à deux autres : l’indiscipline budgétaire a provoqué la surchauffe économique, l’augmentation des salaires et des prix impliquant une perte de compétitivité, et cela a ensuite provoqué une crise de la balance des paiements.

Si ce récit présente une cohérence interne, elle n’est pas exacte, surtout en tant que cause principale de la crise.

D’abord, il n’y aucune corrélation marquée entre le respect ou non du Pacte de Stabilité et de Croissance avant la crise par un État-membre donné, et les taux d’intérêts demandés par les marchés financiers aujourd’hui. Par exemple, l’Allemagne et la France n’ont pas respecté le Pacte en 2003-4 ; l’Espagne et l’Irlande l’ont respecté à peu près complètement jusqu’à 2007. […]

Je propose, pour avoir un récit plus exact des causes de la crise, qu’on regarde au-delà des seules politiques budgétaires : les déséquilibres sont venus principalement de l’augmentation des dépenses du secteur privé, qui étaient eux-mêmes financés par les secteurs bancaires des pays créditeurs et débiteurs. […]

D’où est venu le financement pour cette explosion de la dette privée ? Un aspect particulier du processus d’intégration financière en Europe après l’introduction de l’euro a été une augmentation importante de l’activité bancaire transfrontalière. Les prêts [exposure] des banques des pays non-stressés [c’est-à-dire, pas en crise, France, Allemagne, etc.] aux pays en crise ont quintuplé entre l’introduction de l’euro et le début de la crise financière.

Si cette explosion des flux financiers a été distribuée de manière très inégale parmi les pays de la périphérie, elle les a touché tous, et limiter ses effets s’avéra extrêmement difficile.

De mon expérience j’ai pu directement constater les difficultés auxquelles ont fait face les pays de la périphérie. Les règles européennes sur le libre mouvement des capitaux, l’objectif de créer un champs uniforme [level-playing field] pour les différents secteurs bancaires, et la croyance en l’efficacité de marchés financiers soi-disant auto-équilibreurs, ont tous rendu extrêmement difficile la mise en œuvre d’une quelconque politique d’endiguement. De plus, personne n’a jamais prédit qu’un arrêt soudain, caractéristique des économies émergentes, pourrait se produire dans la zone euro. [...]

http://blogs.mediapart.fr/blog/craig-ja ... mmentaires
cordialement
traze


Messages: 482
Enregistré le: Mer 23 Nov 2011 06:42

Publicité

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar Inf le Mar 11 Juin 2013 21:33

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/11715620

allez hop, encore du jamais vu ...

je savais pas si il fallait mettre ca dans humour ou un quelconque topic sur la grèce :lol:

en tout cas, je pense que le niveau intellectuel des grecs devrait monter en flèche maintenant, vivement qu on fasse ca chez nous :lol: :lol:
Inf


Messages: 1590
Enregistré le: Ven 23 Sep 2011 18:32

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar Dan le Mar 11 Juin 2013 23:16

DANS LE SECRET DU CRIME FINANCIER
Pour lever le voile et éclairer la scène de crime dont parle le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud, Dans le secret du crime financier nous entraîne aux États-Unis d’où la crise qui continue de sévir est partie dans les années 2008 avant de s’étendre sur la planète tout entière…

Derrière les mécanismes, il existe des institutions, des hommes… C’est sur eux que Dans le secret du crime financier met le projecteur. Ceux-là mêmes qui étaient responsables aux USA de la débâcle de 2008, où les grandes institutions financières – Goldman Sachs par exemple – ont étendu leur pouvoir au monde entier. Ils ont bénéficié de complicités multiples, agences de notations financières, gouvernements, responsables politiques de gauche comme de droite, institutions internationales, commission européenne, BCE et FMI par exemple…C’est cette troïka justement qui dicte des mesures assassines contre les peuples à travers l’Europe notamment…

Dans le secret du crime financier met chacun de ces protagonistes à la place qui lui revient, confrontant les bénéficiaires de la crise aux peuples qui tentent de survivre face à leurs décisions, qui subissent le bouleversement des relations sociales et sont ramenés des décennies en arrière. Les images parlent d’elles-mêmes…. En Espagne, en Grèce… Le plus grand armateur du Pirée d’un côté, vantant sa flotte… Des Grecs de la classe moyenne recueillis par Médecins du Monde de l’autre… Le contraste est édifiant. Mais si tout cela n’était que la préfiguration de ce qui se prépare en France ? Des pans de la société basculent

En donnant cette dimension, Dans le secret du crime financier met en relation la frange qui tire bénéfice de la crise et la majorité qui sombre, « criminels » et « victimes »…. Le crime financier, crime parfait ? Pas si sûr ! Un détour par l’Islande indique que les responsables peuvent aussi être coupables et payer la note qui leur revient…

Documentaire réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin.
Produit par France Télévisions.

http://www.france2.fr/emissions/infraro ... 2013_63093
Avatar de l’utilisateur
Dan


Messages: 1461
Enregistré le: Mer 26 Sep 2012 07:06

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar maraboo666 le Jeu 13 Juin 2013 09:34

Image
Les stratégies de la suprématie
publié le 8 juin 2013 sur le blog Investig'action.
Un texte passionnant qui revisite une séquence historique longue et prend appui dessus pour proposer un schéma explicatif du présent. C'est gratuit...et c'est mieux qu'un bouquin d'A.Decaux ( je ne parle même pas de J.Michelet ou de Mallet/Isaac ) pour comprendre l'histoire en tant qu'adultes responsables! ;)

Chaque Etat impérialiste vise à établir sa suprématie planétaire, lui permettant de disposer des richesses mondiales assurant sa prééminence sur les autres pays impérialistes. Les puissances impérialistes sont donc des adversaires inconciliables - ce que le marxisme a appelé « les contradictions internes de l’impérialisme ».

Les rivalités ne peuvent engendrer que l’agressivité. Mais il est primordial pour la puissance visant à imposer sa suprématie de se placer au préalable en position de force, afin de limiter les possibilités de ses rivales à réagir à l’agressivité entreprise. Ses moyens politiques, économiques ou militaires doivent réduire les marges de manœuvre de l’adversaire (ainsi aujourd’hui, les Etats-Unis proclament "assurer la paix à travers la force", faisant du chantage par la menace).
A la fin du 18e siècle, la France combat l’Angleterre sans l’attaquer. A cette époque, la France est une nouvelle puissance industrielle et elle "doit" détrôner la puissance en titre, pour "le bien de la France". Comme moyen pour combattre l’Angleterre, Napoléon choisit le blocus économique, en interdisant le commerce avec l’Angleterre. Le blocus économique n’avait de sens pour lui qu’à condition que toute l’Europe se trouvât sous le pouvoir de Napoléon, car le contrôle rigoureux de l’application complète du "blocus économique continental" de l’Angleterre exigeait la soumission absolue de toute l’Europe et de la Russie à la volonté de Napoléon. Durant vingt ans de guerres en Europe, Napoléon suit sa logique d’imposer le blocus économique de l’Angleterre.

A la fin du 19e siècle, l’Allemagne unifiée par la Prusse - encore sous régime féodal - fait des bonds économiques spectaculaires. Sa tactique pour réduire la puissance de ses concurrents se présente sous deux tendances :
1. - Celle des grands propriétaires terriens qui prônaient une politique d’annexion à grande échelle : annexer des pays avoisinants (la France, la Belgique) pour augmenter le potentiel industriel allemand ; annexer des terres agricoles (des pays baltes et de la Pologne) ; pénétration vers l’Adriatique en annexant la Serbie et le Monténégro, etc. Evidemment, ils veulent aussi s’emparer de certaines colonies françaises et belges, pour unifier l’empire colonial allemand disséminé à travers toute l’Afrique. Ces desseins ne peuvent être réalisés que par la force.
2. - Une autre tactique optait pour une politique mondiale expansionniste, fondée sur le libre commerce, estimant que la force industrielle allemande suffit pour l’emporter par une concurrence ouverte, avec l’avantage d’éviter la riposte que provoqueraient les annexions. Cette tendance, que représentaient les monopoles allemands, était pour une communauté économique européenne, sans l’Angleterre et la Russie (pour ne pas perdre leurs marchés), mais avec la France et la Belgique, qui seraient soumises au contrôle économique allemand… (L’idée d’"Etats-Unis d’Europe" était déjà en l’air depuis un certain temps, considérant cette solution comme un rempart contre les guerres . Les Etats-Unis d’Amérique, qui à cette époque développent leur industrie exclusivement sur leur territoire, évitent les conflits majeurs, mais profitent des besoins d’approvisionnement des belligérants.

La Russie tsariste, dont les relations commerciales et productives sont surtout avec l’Allemagne, est la cinquième puissance mondiale. Elle ne vise pas à sortir de sa vaste étendue de la Pologne à la Sibérie, mais elle est confrontée aux appétits de l’Allemagne voisine .

Pendant la guerre franco-prussienne Marx fait une analyse très intéressante :

"L’influence prépondérante du tsar (russe) sur l’Europe prend racine dans son autorité traditionnelle sur l’Allemagne. […] Du fait de l’épuisement réciproque de l’Allemagne et de la France (dans la guerre de 1870), Alexandre se flattait qu’il deviendrait l’arbitre suprême de l’Ouest européen. Telle est la loi du système politique vieillissant : le gain de l’un est la perte de l’autre. (Mais) la Russie autocratique doit se considérer en péril du fait d’un empire allemand sous direction prussienne […], au moment où en Russie-même des forces sociales volcaniques menacent de secouer les bases les plus profondes de l’autocratie. Le tsar pourrait-il supporter une telle perte de prestige à l’étranger ? […] Si l’arrogance de l’Allemagne du succès (sur la France) et les intrigues dynastiques la conduisent à une spoliation de territoires français (l’Alsace et la Lorraine), il ne lui restera alors que deux partis possibles. Ou bien elle doit, à tout risque, devenir l’instrument direct de l’expansion russe, ou bien, après un court répit, elle devra se préparer à nouveau à une autre guerre "défensive", non pas une de ces guerres "localisées" d’invention nouvelle, mais une guerre de races, une guerre contre les races latines et slaves coalisées." (le souligné est dans le texte original : "Seconde adresse du Conseil Général de l’Association Internationale des Travailleurs /la I Internationale/ sur la guerre franco-allemande", aux membres en Europe et aux USA – Londres, le 9 sept. 1870 – texte écrit par Marx)

Nous voyons là l’engrenage qui mènera l’Allemagne aux deux guerres mondiales où elle vise à détrôner l’Angleterre, sa position de force préalable étant sa puissance militaire.

Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis arrivent à s’imposer sur les autres pays impérialistes, ravagés et affaiblis par la guerre. Ils imposeront un dictat époustouflant, qui s’appuie sur la position du dollar comme monnaie internationale, qu’ils ont pu obtenir face à la proposition anglaise de monnaie internationale fictive, présentée par John Meynard Keynes à la conférence de Bretton Woods (USA) en 1944, à laquelle ont participé quarante-quatre pays.

Mais, comme le dit si bien Samir Amin, "le capitalisme engendrant en permanence une tendance à la surproduction, la crise est alors, la forme normale de son état, tandis que la prospérité est, elle, l’exception".

Aux Etats-Unis, la crise économique commence dès les années 1960.

Mais s’étant assuré leur suprématie sur les autres puissances impérialistes par le dollar-monnaie internationale, ils s’engagent dans des guerres en Asie et dans des interventions en Afrique, dont le but est de déloger les anciennes puissances. Le coût de leurs efforts militaires aggrave leurs crises économiques… qu’ils font payer au monde entier, ayant supprimé la convertibilité du dollar en 1971.

Un demi-siècle de répit s’était imposé après la Deuxième guerre mondiale avec la victoire de l’URSS sur le fascisme, suivie des révolutions socialistes des pays de l’Europe de l’Est et de la Chine et des luttes de libération nationale des pays colonisés, qui a pu nourrir l’illusion qu’enfin le capitalisme, contraint de s’y ajuster, parvenait à se civiliser. Mais, se trouvant sans contrepoids politique depuis la désagrégation de l’URSS en 1991, l’offensive des Etats-Unis s’est amplifiée.

Les Américains sont moins convaincus que ne le sont en apparence leurs alliés européens, des vertus de la concurrence. Dans la conjoncture actuelle de crise générale - économique, politique et militaire - ils ont repris l’offensive, pour organiser leur hégémonie planétaire en système mondial dans toutes ses dimensions.

Les médias sont, sans doute, suffisamment contrôlés pour que les objectifs stratégiques du pouvoir américain ne soient jamais objet de débat. Ce qui est plus étonnant, c’est le silence des pouvoirs européens, qui ne souhaitent pas même évoquer l’existence d’une stratégie globale américaine. Orchestrant la manipulation médiatique, d’une efficacité redoutable, les forces impérialistes ont provoqué une véritable crise de l’idée et de la pratique démocratiques. Le système néolibéral exclut toute avancée de la démocratie.

La notion de "démocratie" est mobilisée de façon cynique pour abattre un adversaire socialiste ou populaire, qui défend une démocratie authentique allant au-delà des simples élections pluralistes, mais plutôt une démocratie de justice sociale, défendant son indépendance - avec une dimension anti-impérialiste qui ne soit pas alignée sur la stratégie régionale ou mondiale des Etats-Unis.

L’offensive de l’impérialisme américain est déployée dans toutes les directions : - dénigrement des grands combats portant sur les choix de société ; - émiettement maximal des forces potentielles anti-impérialistes ; - éclatement des formes étatiques d’organisation de la société (dénommé "démolition contrôlée") ; - impuissance de l’Etat capitaliste, voulue et organisée par la bourgeoisie monopoliste qui a instauré l’hégémonie des monopoles ; - limiter au maximum la démocratie dans des pays souverains à soumettre, en alliance avec les forces réactionnaires locales.


L’offensive ciblée pays par pays, vise à imposer ou à conserver des systèmes non démocratiques, parce qu’ils sont la condition de leur soumission aux exigences économiques de la mondialisation impérialiste. Le "grand bandit" - l’impérialisme - ne peut se passer des services terroristes de "voyous" (fascistes en politique et extrémistes en religion) qu’il a excités et exaltés sur des thèmes qui font naître le fanatisme religieux et le chauvinisme national. Et… des armes modernes leur sont fournies ! Les puissances occidentales ne veulent pas de la démocratie. L’impérialisme n’est pas démocratique, par nature.


Le projet structuré de domination mondiale, que les Etats-Unis ont développé, est appelé "gouvernance globale". Il est construit sur deux volets :

- volet économique : en marginalisant l’ONU, transférer le pouvoir de décision aux "institutions économiques internationales", directement à la botte des Etats-Unis et de leurs transnationales ; et

- volet militaire : substituer l’OTAN à direction américaine, à toute autre organisation internationale, s’inscrivant dans le cadre de l’ONU. La force est érigée en principe suprême, en dépit du droit international, auquel le discours officiel fait référence. La réalisation des objectifs de domination mondiale s’appuie sur l’intervention militaire, dont la force est fondée sur - d’une part, l’alignement de l’Union européenne sur les objectifs stratégiques des Etats-Unis ; et - d’autre part, sur le choix américain de leurs méthodes militaires, renforçant leur suprématie : bombardements américains sans risque, et utilisation de troupes européennes supplétives pour l’intervention sur le terrain.


Quels sont les pays impérialistes qui risquent d’entrainer les peuples dans une nouvelle guerre mondiale ? Dès l’entrée définitive du capitalisme dans sa phase monopoliste/impérialiste au début du 20e s., les pays qui se sont affirmés comme impérialistes sont quatre : l’Angleterre, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis d’Amérique. D’autres puissances capitalistes (comme le Japon ou l’Italie) ont eu des visées de domination et ont mené des agressions militaires d’envergure. Mais, à chaque fois, leurs conquêtes sont accaparées par une des quatre premières. Quelle est la raison de l’incapacité des autres puissances capitalistes à s’imposer comme puissances impérialistes ? Même si elle n’est pas formulée explicitement, Lénine en donne la réponse ("L’impérialisme, stade suprême du capitalisme") dans la grille de classification qu’il dresse concernant les avoirs bancaires des principaux pays capitalistes. On constate que les avoirs des quatre pays impérialistes indiqués ci-dessus sont de trois à quatre fois supérieurs à ceux des pays qui les suivent, et ensemble ils possèdent 80% des réserves d’argent dans le monde. Ils se détachent des autres pays par la puissance de leurs banques !

Dans le langage écrit, les puissances impérialistes sont désignées par : "Nord/Sud" (opposition évidente) ; chez certains auteurs : "le Centre" - "la périphérie" (comme le "Sud") étant le reste du monde ; ou bien "l’Occident". Ces "géographismes" permettent de ne pas mettre en avant la principale caractéristique qui leur est commune : la possibilité de leurs banques d’enfermer les pays faibles dans le système du crédit, s’assurant ainsi leur soumission financière. Ce sont aussi leurs banques qui décident des firmes à privilégier ou à saboter, des pays à sanctionner ou à favoriser, gérant ainsi leurs décisions politiques.

Tout au long de l’histoire de l’accumulation du capital - entamée sous le féodalisme - les centres du capital en expansion ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial (au 15e s. – la ville-Etat de Gênes, aux 16e et 17e s. – les Pays-Bas, aux 18e et 19e s. – l’Angleterre, au 20e s. – les Etats-Unis). Durant la dernière étape du cycle, les capitalistes transfèrent leurs capitaux dans d’autres endroits, et finalement, dans le nouveau centre qui s’est affirmé comme capital en expansion. Dès le début du 21e s., le centre de l’argent est sur le point de sortir des Etats-Unis. La Russie et la Chine sont les endroits privilégiés du transfert. Or, la Chine n’a pas utilisé la dette extérieure américaine pour dévaster l’économie des Etats-Unis… Une telle chute aurait provoqué la riposte nucléaire américaine.


Etant en voie d’affaiblissement, les Etats-Unis essaient de maintenir leur position de centre du système mondial par la force brutale, en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes. Les Américains vont de plus en plus déléguer leurs missions à d’autres pays, comme déjà à la France - en Libye et au Mali. C’est une décentralisation visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. La France et l’Allemagne feront des compromis. Mais déjà, leurs classes politiques (de gauche et de droite) se battent pour mieux servir le centre impérialiste américain, parce qu’elles profitent du système mondial corrompu : l’élite de l’Europe occidentale a ses intérêts propres dans ce système.

En cas d’attaque américaine, les Etats-Unis privilégient les armes nucléaires tactiques. Les ennemis potentiels ne croyant pas à la menace nucléaire avec les armes actuelles - trop destructrices pour être employées -, il est donc plus concevable "l’usage de mini-bombes nucléaires, comme instrument de paix" . Néanmoins, celles-ci possèdent une capacité d’explosion dépassant de trois à six fois la bombe d’Hiroshima. Les analystes de l’OTAN ne prennent pas en compte les retombées radioactives et la contamination, qui seraient dévastatrices sur une très vaste zone, entraînant un nombre extrêmement élevé de victimes civiles.

Dans le scénario de la guerre contre l’Iran, il est prévu l’emploi combiné d’armes nucléaires tactiques et de bombes conventionnelles , provoquant des nuages en champignon (!). D’autres armes pourraient être également utilisées, comme les systèmes électromagnétiques permettant de déstabiliser les infrastructures gouvernementales, les systèmes de communication, le commandement, etc.

Les techniques de modification de l’environnement (guerre météorologique), développées dans le cadre du programme HAARP, sont totalement opérationnelles et pourraient également être employées comme "élément de la sécurité intérieure et internationale". Leurs applications pourraient être offensives, défensives ou dissuasives. La capacité de générer des précipitations, du brouillard, des tempêtes ou de modifier les conditions climatiques, produisant des conditions climatiques artificielles (comme la pluie diluvienne avec éclairage éblouissant sur Bruxelles en août 2011, au décollage de nuit des bombardiers partant pour la Libye) ; le rayonnement électromagnétique permettant de "détériorer la santé à distance" ; les armes biologiques capables de "cibler des génotypes spécifiques" provoquant la terreur, font partie d’un ensemble de technologies intégrées pour augmenter la portée de la puissance américaine, ou diminuer celle d’un adversaire. Les demandes du Département de la Défense des Etats-Unis sont approuvées par le Commandement du Pacifique (responsable de la Corée du Nord) et le Commandement central (responsable de l’Iran), coordonnés par le Commandement Stratégique des Etats-Unis.

La stratégie de suprématie de l’impérialisme américain est aujourd’hui la principale menace pour le progrès social, la démocratie et la paix.

Et le ralliement des gouvernements européens, de l’opinion publique et des forces de gauche occidentales au projet américain de suprématie mondiale et au sentiment de "supériorité de l’Occident" vis-à-vis des peuples de "la périphérie", constitue une grave entrave aux luttes pour le progrès, dont les conséquences ne peuvent être que tragiques.

Mais les arguments idéologiques médiatiques, utilisés pour camoufler les objectifs du capital monopoliste de contrôle et de pillage des ressources naturelles de la planète et de surexploitation de la main-d’œuvre des pays dominés, ne rallient que l’opinion occidentale (ravie de la bonne conscience qu’ils lui donnent).

Déjà l’Amérique Latine relève un défi à la suprématie. L’association de coopération latino-américaine, l’ALBA, ainsi que le mouvement bolivarien de Hugo Chavez, constituent un pôle de résistance qui peut se développer. Une nouvelle société, celle des classes travailleuses, perce le jour.

Face à une classe bourgeoise qui s’était formée en trois siècles d’activités marchandes et d’accumulation du capital, quand les classes dirigeantes aristocratiques n’avaient plus d’argent, les révolutions bourgeoises qui éclatèrent dans les centres de l’accumulation capitalistique purent réussir à renverser le féodalisme, pour asseoir la domination de la bourgeoisie dans le nouveau système sociopolitique capitaliste !... Nous sommes en train d’assister à son essoufflement.
Paris, avril-mai 2013
"Qu’est ce que l’Histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord ?" (Napoléon Bonaparte)
Avatar de l’utilisateur
maraboo666


Messages: 5094
Enregistré le: Dim 20 Nov 2011 19:33
Localisation: Paris

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar Dan le Ven 14 Juin 2013 23:24

Les taux de change sont manipulés.
http://www.bloomberg.com/news/2013-06-1 ... ients.html
_______________________________________
Liste des marchés manipulés (avec certitude):
Libor - interest rates (link)
ISDAfix - swaps (link)
Platts - oil prices (link)
WM/Reuters - FX (link)
High-Frequency Trading - equities (link)
http://www.zerohedge.com/news/2013-06-1 ... ed-markets
Avatar de l’utilisateur
Dan


Messages: 1461
Enregistré le: Mer 26 Sep 2012 07:06

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar Dan le Sam 15 Juin 2013 01:27

Singapour sanctionne 20 banques accusées de manipulation de taux.
La Banque Royale d'Écosse (RBS), ING et UBS ont subi les amendes les plus sévères compte tenu du nombre d'opérateurs, de la gravité et de la fréquence des manipulations. Les banques doivent verser une somme d'argent considérable à la banque centrale pendant un an.

http://www.finance-investissement.com/t ... es/a/51866
Avatar de l’utilisateur
Dan


Messages: 1461
Enregistré le: Mer 26 Sep 2012 07:06

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar Stephane le Sam 15 Juin 2013 03:17

Singapour sanctionne 20 banques accusées de manipulation de taux.

Et 2 banques françaises parmi elles (BNP et Crédit Agricole).
Je n'apprécie pas le régime singapourien d'habitude, mais là je dis bravo !
Stephane

Admin du site Acheter Or
Suivez Forum Or sur Twitter/X et Facebook
Avatar de l’utilisateur
Stephane
Administrateur du site


Messages: 7284
Enregistré le: Mer 24 Fév 2010 15:29

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar aikongo le Sam 15 Juin 2013 09:56

maraboo666 a écrit:Les stratégies de la suprématie
publié le 8 juin 2013 sur le blog Investig'action.
Un texte passionnant qui revisite une séquence historique longue et prend appui dessus pour proposer un schéma explicatif du présent. C'est gratuit...et c'est mieux qu'un bouquin d'A.Decaux ( je ne parle même pas de J.Michelet ou de Mallet/Isaac ) pour comprendre l'histoire en tant qu'adultes responsables! ;)

Chaque Etat impérialiste vise à établir sa suprématie planétaire, lui permettant de disposer des richesses mondiales assurant sa prééminence sur les autres pays impérialistes. Les puissances impérialistes sont donc des adversaires inconciliables - ce que le marxisme a appelé « les contradictions internes de l’impérialisme ».
Paris, avril-mai 2013


Texte très intéressant, quoique légèrement flippant !

Je le croiserai bien avec un penseur sud américain de gauche, assez méconnu en dehors des caricatures proposées par les médias, mais dont les réflexions sur la globalisation à l'américaine éclairent a mon avis très justement ce que l'on expérimente aujourd'hui et finalement va assez bien avec ce texte !


"La politique, en tant que moteur de l'Etat-nation, n'existe plus. Elle sert seulement à gérer l'économie, et les hommes politiques ne sont plus que des gestionnaires d'entreprise. Les nouveaux maîtres du monde n'ont pas besoin de gouverner directement. Les gouvernements nationaux se chargent d'administrer les affaires pour leur compte. Le nouvel ordre, c'est l'unification du monde en un unique marché. Les Etats ne sont que des entreprises avec des gérants en guise de gouvernements, et les nouvelles alliances régionales ressemblent davantage à une fusion commerciale qu'à une fédération politique."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"L'un des mensonges néolibéraux consiste à dire que la croissance économique des entreprises produit une meilleure répartition de la richesse et de l'emploi. C'est faux. De même que l'accroissement du pouvoir d'un roi n'a pas pour effet un accroissement du pouvoir de ses sujets (c'est plutôt le contraire, l'absolutisme du capital financier n'améliore pas la répartition des richesses et ne crée pas de travail."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"Dans le cabaret de la globalisation, l'Etat se livre à un strip-tease au terme duquel il ne conserve que le minimum indispensable : sa force de répression. Sa base matérielle détruite, sa souveraineté et son indépendance annulées, sa classe politique effacée, l'Etat-nation devient un simple appareil de sécurité au service des méga-entreprises. Au lieu d'orienter l'investissement public vers la dépense sociale, il préfère améliorer les équipements qui lui permettent de contrôler plus efficacement la société."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997

"Les marchés financiers n'ont que faire de la couleur politique des dirigeants des pays : ce qui compte, à leurs yeux, c'est le respect du programme économique. Les critères financiers s'imposent à tous. Les maîtres du monde peuvent tolérer l'existence d'un gouvernement de gauche, à condition que celui-ci n'adopte aucune mesure pouvant nuire aux intérêts des marchés. Ils n'accepteront jamais une politique de rupture avec le modèle dominant."
Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste - Le Monde Diplomatique, août 1997
Avatar de l’utilisateur
aikongo


Messages: 384
Enregistré le: Mer 13 Mar 2013 21:51

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar maraboo666 le Sam 15 Juin 2013 15:08

@ Aikongo.
Bonnes citations effectivement.
L'Amérique latine reste un continent oû LA GAUCHE ANTICAPITALISTE, si elle n'est pas la panacée universelle garde au moins un semblant de SENS...
En Europe, c'est le parti de la croissance (sic) de l'innovation et du progrès (D.S.K)
TROP beau le progrès! :mrgreen:
"Qu’est ce que l’Histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord ?" (Napoléon Bonaparte)
Avatar de l’utilisateur
maraboo666


Messages: 5094
Enregistré le: Dim 20 Nov 2011 19:33
Localisation: Paris

Re: Actualité de la crise + MàJ

Messagepar iron man le Dim 16 Juin 2013 16:28

Lars Seier Christensen, le directeur général adjoint de la banque danoise Saxo Bank A / S, a déclaré que le récent rebond de l’euro est illusoire et que la monnaie unique est vouée à l’échec parce que le continent ne l’a pas soutenue par une union fiscale.

«Le tout est condamné,” a déclaré hier Christensen dans une interview au siège de la banque à Dubaï. “Actuellement, nous sommes dans une de ces fausses solutions où les gens pensent que le problème est contenu ou traité, ce qui n’est pas vrai du tout».


http://www.les-crises.fr/saxo-bank-euro-condamne/
Furor arma ministrat

« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve » - Hölderlin

Φ Deadbankers ⋀ Lysis †
Avatar de l’utilisateur
iron man


Messages: 4432
Enregistré le: Jeu 16 Juin 2011 10:40

PrécédenteSuivante

Retourner vers Forum Or

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Google [Bot] et 11 invités


Powered by phpBB © phpBB Group