Le service de recherche économique de la banque Natixis jette un nouveau pavé dans la mare : "sur des bases purement macroéconomiques, l’Allemagne devrait sortir de la zone euro"Comme l'ont sans doute remarqué les internautes qui portent une attention de détail à mes interventions publiques, il m'est arrivé plusieurs fois de citer une étude publiée par la banque française Natixis, datée de juillet 2012, sur les évolutions futures des taux de change des nouvelles monnaies nationales en cas d'éclatement de l'euro.
Dans cette étude, Patrick Artus, économiste en chef de ce très sérieux établissement financier issu de la fusion des groupes Caisse d'Épargne et Banque Populaire, avait tordu le cou aux prophéties d'Apocalypse des européistes. Sur la base d'une analyse précise du système Target 2 et de modèles économétriques, cette étude concluait que le nouveau franc, issu d'un éclatement de l'euro, ne perdrait que -2% par rapport au cours pivot de l'euro vis-à-vis du dollar (en juillet 2012). Donc une baisse infime, très, très, très éloignée des -50%, voire -85%, annoncés avec des yeux exorbités d'effroi par les européistes, aussi ignorants des mécanismes monétaires et économiques qu'intolérants face à toute remise en cause rationnelle de leur fanatisme.
Or Patrick Artus et Natixis viennent de lancer un nouveau pavé dans la mare en publiant, ce 20 novembre 2013, une étude intitulée « SUR DES BASES PUREMENT MACROÉCONOMIQUES, L’ALLEMAGNE DEVRAIT SORTIR DE LA ZONE EURO ».
Le service de recherche économique de Natixis a naturellement pris soin de montrer patte blanche idéologique en préambule de cette étude puisqu'il écrit : « Il existe bien sûr de nombreuses raisons non économiques (politiques, géo-stratégiques...) pour former une union monétaire »
[ Soit dit en passant, on aimerait justement que l'on nous décrive de façon moins allusive quelles sont ces "raisons non économiques" puisque j'explique quant à moi que la politique bien comprise, de même que la géo-stratégie, devraient au contraire pousser la France à sortir au plus vite de l'euro et de l'UE. ]
Mais l'essentiel n'est pas là. Car, à peine formulée cette prudente révérence au dogme européiste, l'étude de Natixis produit ensuite une série de tableaux statistiques inédits qui constituent, en 6 pages, l'une des démonstrations les plus irréfutables et les plus accablantes qui soient sur l'impérieuse nécessité que l'Allemagne sorte de la zone euro. À la fois pour la santé de son économie et pour celle des pays du sud, embarqués dans la même folie dogmatique de la monnaie commune.
Parmi les différents tableaux et raisonnements ainsi servis au lecteur, on notera notamment l'analyse sur les différences de structure industrielle et d'élasticité des exportations au taux de change entre l'Allemagne et ses partenaires.
Le service de recherche de Natixis met ainsi en lumière un raisonnement et des courbes statistiques (p.5) qui corroborent de façon parfaite les analyses que je développe dans mes conférences depuis plusieurs années.
L'étude note d'ailleurs, exactement comme je le fais dans "La Tragédie de l'euro" et dans "Les 10 raisons pour sortir de l'UE" qu' « un euro faible est préférable pour la zone euro hors Allemagne, tandis que l'Allemagne préfère un euro fort pour réduire le coût des importations puisque ses exportations dépendent peu du taux de change ».
J'ajoute, quant à moi, que si le taux de change de l'euro se maintient dans la fourchette 1 € = 1,30-1,50 dollar, l'Allemagne engrange des excédents commerciaux records tandis que les industries française, italienne et espagnole disparaissent comme neige au soleil...
Quoi qu'il en soit, cette nouvelle étude - rendue publique par l'un des plus grands établissements financiers français - prouve que le dogme devient tellement insoutenable que même le monde de la finance commence à prendre ses distances d'avec le désastre qui arrive.
Source: BLOG UPR - F.Asselineau)
POUR LIRE L'ETUDE "NATIXIS" de 7 PAGES >
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=73799