Le pataquès bat son plein, l’élaboration du nouveau plan de sauvetage de la Grèce joue les prolongations. Au moins jusqu’à la prochaine réunion du 20 juin des ministres des finances européens, si ce n’est jusqu’au sommet européen des 23 et 24 juin. Au-delà, la zone euro entrerait dans l’inconnu.
L’affaire paraissait réglée du dire des Grecs, mais elle a rebondi avec l’annonce par le FMI qu’il ne débloquerait la 5ème tranche de 12 milliards d’euros de son prêt, attendue pour le 12 juillet à Athènes, qu’à la condition que les Européens finalisent leur nouveau plan de soutien financier, afin que son remboursement soit crédible. Puis les discussions sont reparties entre eux, un moment facilitées par la concession faite aux Allemands par la BCE de la possibilité d’un roulement de la dette détenue par les créanciers privés, à condition que ceux-ci ne subissent aucune perte financière et que ce soit sur une base volontaire.
Mais le gouvernement allemand a exigé davantage – un véritable rééchelonnement de 7 ans de la dette grecque détenue par les banques et les fonds d’investissement européens – sous la pression du Bundestag qui pose ses conditions pour voter une nouvelle aide publique.
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De financière et sociale, la crise grecque est entre-temps devenue explicitement politique. Ni George Papandréou, ni les gouvernements européens ne sont parvenus à obtenir le consensus qu’ils cherchent à obtenir afin de mieux asseoir leur politique, associant la majorité gouvernementale du PASOK et l’opposition conservatrice, qui s’y refuse. Au sein du PASOK, une minorité de 16 députés est proche de la dissidence, menaçant une faible majorité parlementaire de 6 voix. Et surtout, dans la rue, les manifestations géantes ont repris à Athènes et à Salonique, avec comme slogan principal à l’adresse des autorités : « Voleurs ! Voleurs ! ». Pis encore, des drapeaux tunisiens, portugais, espagnols et argentins flottaient aux côtés des drapeaux grecs dans la foule immense, donnant une nouvelle dimension à ce qui n’était plus une protestation mais un rejet.
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