Dans son homélie publiée sur le site du diocèse de Toulon, il dénonce avec des mots justes l’obscénité de Charlie Hebdo et la folie meurtrière des terroristes.
Il est symptomatique que les terroristes s’en soient pris à un journal satirique réputé pour ses outrages, ses sarcasmes, ses caricatures blasphématoires. « On doit pouvoir rire de tout » avouait fièrement un de ses responsables. Le rire s’est changé en larmes. L’assaut des kalachnikovs a répliqué à l’agression des mots et des images. « Un dessin est un fusil à un coup » disait Cabu. Il vient d’en payer le prix.
En même temps qu’on doit dénoncer le fanatisme religieux, notre société doit s’interroger sur l’enchaînement des violences qui la traversent. Car il est des violences verbales, morales, intellectuelles, artistiques… qui en appellent d’autres. Quand on représente Mahomet sous la forme d’une crotte enturbannée, Benoît XVI en train de sodomiser des enfants, la Vierge Marie les jambes écartées de façon suggestive ; quand on s’adonne à la provocation, à l’obscénité sur ce qui touche la conscience la plus intime, celle de la foi, du sacré, de la symbolique religieuse… Ce nouvel iconoclasme engendre inévitablement par ricochet, et bien sûr, sans jamais les justifier, la revanche, la vengeance, d’autres violences encore plus insoutenables dans un engrenage quasi mécanique, et dont l’actualité nous offre l’horrible spectacle. La sacralisation de la dérision et de l’injure ne peut produire en retour que de la haine.
A un journaliste qui m’interrogeait avant-hier « Monseigneur, êtes-vous Charlie ? », J’ai répondu : « laissez-moi d’abord être moi-même, c’est-à-dire chrétien ». Le chrétien n’a pas d’autre point de référence ultime, de ralliement possible, d’identification que Jésus lui-même. »
PS> Il n'est pas besoin de cautionner totalement un discours pour le rapporter.
Par exemple, dans la Russie de Poutine que je défends dans le contexte de tension internationale actuel, il est probable (voire certain) que "Charlie" comme Dieudonné seraient censurés.
Je le regrette, mais je comprends la réaction des russes aux antipodes de l'hypocrisie du " poids, 2 mesures" Européen.


