Je vous fais un petit récap des scénarios envisagés par le FMG qui pose la question suivante (et essaie d' répondre) dans ses 2 derniers bulletins:
Où va le dollar US?
Prémisses:
Les tendances de la plupart des économies et des marchés financiers sont déterminées par l’évolution du dollar US, ce qui est bien normal dans la mesure où il est et restera longtemps, outre qu’il est la monnaie nationale de la première puissance économique et militaire de la planète, la monnaie mondiale. Les déficiences structurelles de l’euro qui ne font que s’aggraver comme le montre la crise grecque (sans compter la vague d’émigration destructrice massive qui s’abat sur l’Europe passoire) et les difficultés actuelles de l’économie chinoise donc du yuan qui n’est même pas convertible, sans parler d’autres monnaies importantes comme le yen japonais, le franc suisse ou la livre sterling, dont les banques centrales japonaise, suisse et anglaise font tout pour les maintenir les plus bas possibles, ou du naufrage de l’or et de l’argent-métal dans une conjoncture globale déflationniste, ne plaidant pas pour un remise en cause de l’hégémonie du billet vert. De telle sorte que se demander si le dollar US pourrait baisser fortement a apparemment peu de sens, d’autant que la Federal Reserve est clairement entrée dans une réduction de sa politique monétaire ultra laxiste avec l’arrêt du QE et le prochain relèvement de son taux directeur. Alors que le reste du monde fait le contraire, tout en continuant de s’endetter massivement comme d’accroitre les bilans hypertrophiés et pourris de ses banques centrales donc son endettement public et privé.
Nous devons cependant nous poser la question parce que la hausse du dollar US étant la raison principale de la chute des prix des matières premières qui coule les économies des pays producteurs desdits produits comme les économies émergentes, dans lesquelles elle provoque inflation et tensions monétaires et financières multiples, mais aussi les économies les plus développées dans lesquelles elle entretient la bulle des actions au détriment de l’investissement productif dans l’économie réelle (les indices européens et le Nikkei seraient-ils montés aussi haut qu’ils l’ont fait récemment si l’euro et le yen contre USD n’avaient pas autant chuté et les économies européennes et japonaise seraient-elles encore récession si l’argent disponible était allé s’investir ailleurs que dans les marchés financiers?) d’où leur croissance zéro.
Par ailleurs, bien qu’affaiblissant les performances des grandes entreprises US à l’exportation, la hausse du dollar US est positive pour les actions et les obligations d’Etat US dans la mesure où elle entretient un afflux majeur de capitaux quittant le reste du monde et ses monnaies en perte de valeur pour s’investir aux USA et dans leur monnaie forte. D’où la perpétuation de la double bulle des actions US et des obligations d’Etat US qui, à terme, entretient un déséquilibre croissant entre la valeur exagérée desdits actifs financiers et la performance de l’économie réelle, mais aussi une inégalité toujours plus forte entre le très petit groupe des actionnaires super-riches (moins de 1%) et la quasi totalité des employés dont les salaires stagnent sans parler des assistés ou des chômeurs qui sont exclus de l’accès aux biens et services de base.
Or depuis quelques mois, le « système dollar », qui a été bétonné par le centralisme monétaire keynésien via les taux zéro et les QE à répétition qu’appliquent les banques centrales dites indépendantes (la BCE et la Banque du Japon en particulier qui ne sont que les sous-traitants de la Federal Reserve relayant son QE quand elle décide de le stopper), le contrôle par les USA des institutions multinationales (FMI, BRI, etc.) et les multiples manipulations de marchés auxquelles se livrent les grandes banques privées too big to fail surtout US, etc., semble de plus en plus instable (contestation des nouveaux accords de libre-échange que les USA peinent à imposer, effondrement du prix du pétrole, krach des actions chinoises, chute des monnaies émergentes, retournement de tendance des actions US, européennes et japonaises, forte volatilité des taux d’intérêt à moyen et long termes, chute des obligations d’entreprise high yield, énormes pertes financières des super-riches, des banques privées et des fonds d’investissement un peu partout, etc.) comme si la hausse du dollar US et l’économie casino -qui est son corollaire-, en raison du Système monétaire actuel de monnaies papiers flottantes gagées sur le néant, semblaient devoir être remise en cause (ce qu’illustrent aussi la reprise de l’euro/dollar US de 1,0460 à 1,17, la correction à la baisse du dollar US/yen et le léger frémissement de l’or). Nous sommes donc en quelque sort à la « croisée des chemins ».
1) Soit le dollar US explose à la hausse et tout repartira pour un tour, en particulier la hausse des actions US, européennes et japonaises et la rechute des matières premières, de l’or et de l’argent-métal, après quelques corrections supplémentaires, jusqu’ à la Grande Dépression déflationniste mondiale parce que la hausse du dollar US est le principal vecteur de la déflation mondiale (comme sa chute il y a quelques années a été a contrario le principal vecteur de l’inflation).
2) Soit le dollar US chute vraiment et ce sera le krach boursier puis, ultérieurement, la reprise des matières premières, de l’or et de l’argent-métal, les actions n’étant plus pour quelques temps un actif porteur.
3) Soit, enfin, le dollar US reste dans une zone de volatilité continue autour de son taux actuel vis-à-vis des principales monnaies et la correction des actions se poursuit puis, ultérieurement, se termine par leur reprise.
