Pourquoi l'or et l'argent ont ils baissés le 29 février 2012 ?
A Paris, le mercredi 21 mars 2012
Dans cette édition :
Silver : bis repetita placent
Marc Mayor
Chroniques émergentes : la Chine a faim de terre
Cécile Chevré
Silver : bis repetita placent
Par Marc Mayor, rédacteur de La Lettre de Marc Mayor
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Le silver a chuté le jour où la BCE prêtait 530 milliards d'euros à 800 banques, le 29 février ; normalement, cet assouplissement quantitatif à l'européenne aurait dû provoquer une hausse du silver et de l'or, valeurs refuges par excellence.
Mais ce n'est pas la seule inquiétante étrangeté qui s'est passée sur les marchés à ce moment-là : entre le 29 février et le 2 mars, JP Morgan a pris livraison de trois fois plus de silver que sur toute l'année 2011. Comme chaque fois qu'un assouplissement quantitatif est sur le point d'être annoncé.
Comment tout cela est-il possible ? Grâce à un bel écran de fumée.
La diversion est venue des Etats-Unis et de Ben Bernanke, toujours prêt à rendre service à ses amis de Wall Street.
L'art oratoire de Ben Bernanke
Ce 29 février, toute l'attention des médias s'est concentrée sur l'annonce du patron de la Fed : "Grâce à la modeste amélioration du marché immobilier, il est possible que nous ayons moins besoin de l'assouplissement quantitatif à l'avenir".
La première règle d'or pour intervenir sur les marchés est de commencer à intervenir oralement ; c'est exactement ce qu'a fait Ben l'hélicoptère. Il a totalement éclipsé l'annonce du refinancement de 800 banques par la Banque centrale européenne, pour plus de 530 milliards d'euros ; cela s'appelle une campagne bien organisée.
Chute en conséquence du métal argent
Immédiatement, le silver a perdu un dollar (et l'or, 30) ; puis une belle réaction en chaîne s'est installée, comme souvent à Wall Street. Ce recul abrupt sur le silver a déclenché des réactions de la part des robots du trading à haute fréquence, qui ont vendu des contrats papier ; la chute entraîne la chute, c'est bien connu.
A un moment, le silver perdait 3 dollars en séance, et l'or, plus de 100 dollars ; avant de rebondir grâce aux opportunistes qui avaient placé des ordres d'achat à 34 dollars sur l'once de silver et 1 700 dollars sur l'or.
Les banques anticipent-elles un QE3 ?
Un autre fait largement passé inaperçu à ce moment-là : JP Morgan a pris livraison de 626 contrats, soit plus de trois millions de tonnes de silver entre le 28 février et le 2 mars. C'est l'équivalent d'un mois de production américaine, et c'est surtout trois fois plus que tout le silver physique que la banque américaine s'est fait livrer l'an dernier ; pratiquement toutes les livraisons ont été effectuées par un seul établissement, la Bank of Nova Scotia.
Dans le même temps, 335 contrats sur l'or changeaient de mains. Qui les a vendus ? JP Morgan bien sûr. Quelles explications à ces mouvements ? Elles sont multiples : soit JP Morgan n'aime plus l'or, mais adore le silver ; soit JP Morgan a besoin de silver physique pour couvrir ses positions sur le silver papier.
La dernière fois que la JP Morgan a été saisie d'une telle frénésie sur l'or, c'était en septembre 2010, comme si la banque savait que l'assouplissement quantitatif allait venir ; comme le 29 février. Et puis, entre septembre 2010 et septembre 2011, le prix de l'once de métal jaune avait augmenté de 54%.
Bis repetita placent...
Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il a récemment fait une conférence sur les conséquences du risque inflationniste pour votre patrimoine, et comment vous en protéger. Pour en savoir plus, retrouvez-le sur
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