Salut,
Sam's a écrit:C'est drôle, à chaque fois que l'on parle de cette puce, où qu'elle puisse se trouver, il y a, comment dirais-je ?
Une sorte de suspicion conspirationniste.
Cette question n'a rien à voir avec une quelconque conspiration ou complot.
Les banques centrales en parlent très ouvertement.
La BoJ aurait déjà intégré une puce RFID Hitachi dans ses billets de 10 000 yens.
La BCE y réfléchit pour les grosses coupures et a déjà déclaré qu'elle souhaitait avancer dans ce sens.
Il n'y a donc pas de secret sur ces questions. Et je suis persuadé qu'un jour ou l'autre, la BCE finira par implémenter ces puces, au moins pour les 200 et 500 euros.
La seule question qui se pose, c'est "ces puces sont elles déjà en place dans nos billets ?".
Non, pas encore.
Lorsque ce sera le cas, tu peux compter de toute façon sur la BCE pour communiquer largement là-dessus, au motif que les euros deviendraient des "billets infalsifiables" et bla et bla et bla... De même, tous les fabricants de détecteurs de faux billets auraient l'info et les spécifications techniques dans la journée, de façon à pouvoir adapter leurs engins.
Ils veulent cette implémentation c'est clair, et ils ne s'en cachent pas le moins du monde.
Par contre en ont-ils les moyens ?
Plusieurs problèmes se posent, et en premier lieu celui du coût.
Il y aurait 15 milliards de billets en circulation. En comptant entre 0,50 et 1 euro par puce, ça fait tout de même une belle somme. Mais une implémentation progressive serait possible, par exemple en commençant par les billets les plus rares comme les 200 euros (entre 150 et 200 millions de billets il me semble). Ou sinon attendre quelques années que les coûts de fabrication de ces puces diminuent.
Le gain espéré (du point de vue de la justification avancée de "sécuriser les euros") serait tout à fait aléatoire. En fait les puces RFID sont actuellement un moyen encore moins fiable que tous les autres utilisés jusqu'à présent pour authentifier la monnaie, et risqueraient de poser de nouveaux problèmes.
Ce genre de puce électronique résiste mal par exemple à l'humidité ou à la chaleur. Sortir sous la pluie avec une liasse de billets en poche, ou exposer ceux-ci trop longtemps au soleil, c'est donc prendre le risque de "désactiver" son argent... Sans parler des petits malins comme ici qui utiliseront des fours micro-ondes ou des rfid zapper pour préserver leur anonymat

Autre problème. La taille comparée des puces et l'épaisseur du papier utilisé pour les billets. Ces puces ont en effet pour les plus petites une épaisseur de 100 microns (pour un papier épais de 80 microns), et un diamètre de 0,3 mm.
Ces puces ne sont donc pas
invisibles contrairement à ce que semblent croire beaucoup de gens. C'est visible à l'oeil nu (ou à la loupe pour ceux qui ont une mauvaise vue). C'est donc facile à enlever, rajouter, intervertir (entre un billet de 5 et un de 500 par exemple), bref y a de quoi s'amuser avec pour les blanchisseurs d'argent et faux-monnayeurs...
Bon la miniaturisation à venir rendra peut-être un jour ce problème caduque, mais pour le moment, comme pour le problème du coût, la BCE a plutôt intérêt à attendre encore.