C'est très français ça de vouloir le beurre et l'argent du beurre

Les français aiment leurs services publics et voudraient qu'ils s'améliorent, mais en même temps sans fonctionnaires...
Sur les 5 millions de fonctionnaires que tu juges inutiles, il y a déjà 20% (plus d'1 million) rien que pour la fonction publique hospitalière. Sans compter les écoles, crèches, policiers, pompiers... Tu veux vraiment trancher là-dedans ?
Bon admettons qu'il y ait 500 000 glandeurs (je donne ce chiffre au pif).
On fait quoi avec eux ?
On les envoie tous pointer à Pôle Emploi ? Charge aux salariés restants de payer leurs allocations chômage et leurs impôts...
Ou alors on les envoie dans des vrais boulots dans le privé ? Mais du boulot y en a pas, et y en aura de moins en moins... 2013 devrait être une année record pour les fermetures d'entreprises.
Donc ça veut dire partager les jobs existants (et les salaires bien sûr). Tu serais prêt à donner 10% de ton salaire pour partager avec des ex-fonctionnaires ? Quelle générosité !
Plutôt que de taper sur les fonctionnaires (c'est facile et ça fait pas avancer le schmilblick) et de rester dans une logique de gestion de la pénurie, il faudrait plutôt commencer à se poser la question d'une redéfinition des priorités
au sein de la fonction publique.
Je propose par exemple
d'augmenter les effectifs de la fonction publique pour toute une série de secteurs prioritaires. D'abord vers les
amortisseurs sociaux parce qu'on va en avoir besoin avec l'approfondissement de la crise : santé, services sociaux, logement, placement des chômeurs... Ensuite vers les
investissements qui nous aideront à retrouver notre compétitivité : transports, éducation, entreprises publiques, et surtout enseignement supérieur et recherche.
P.S. Je ne suis pas fonctionnaire non plus, mais je les respecte comme toutes les catégories de travailleurs : privé, public, travailleurs privés d'emploi (chômeurs), salariés, artisans, paysans, vieux, jeunes... Rappelez-vous que ces fausses divisions sont créées par nos dirigeants selon la célèbre méthode "Diviser pour règner".