La plus-value prélevée (que ce soit par un trader individuel ou une grosse banque) se fait toujours au détriment d'un producteur de biens réels (le trader lui ne produit rien). Il y a donc au minimum exploitation (au sens marxiste de ce mot).
Le trader aurait-il une utilité pour aider à la "decouverte d'un prix" ? Il y a là un présupposé libéral qui me gène, et pourtant je ne suis sans doute pas le plus "anti-libéral" d'entre nous ici.
Mais surtout je n'y crois pas du tout. Les producteurs et acheteurs de biens réels sont largement suffisants pour "découvrir" par eux-mêmes le prix réel d'un produit, sans aucun besoin de traders qui ne seraient là que pour prélever leur dîme sur les échanges, voire la cause de distorsions énormes des prix par rapport aux fondamentaux comme ce que l'on constate sur tous les marchés manipulés.
Le métier de trader a une réelle utilité sociale.
Et il est véritablement créateur de valeur.
Cette profession très technique, très sélective, intellectuellement exigeante, requiert des qualités telles que la rapidité à comprendre, l’aptitude à traiter l’information la plus complexe, la capacité à décider dans un environnement qui change à chaque instant, un équilibre intellectuel à toute épreuve....
Une salle de marchés n’est pas un casino où l’on parie au petit bonheur, ce n’est pas un saloon peuplé de soiffards et de bad boys.
C’est un lieu truffé de bases de données et d’ingénieurs, où l’on échange en continu de l’information aussi bien que des classes d’actifs.
C’est un espace organisé, hiérarchisé, rationnel, d’achat et de vente de titres essentiels au financement de l’économie dite réelle.
Il faut des années de formation et de pratique assidue pour se familiariser avec ses rouages, mais le grand public juge, apprécie, condamne sans avoir la moindre notion du métier.
La faute en revient sans doute d’abord aux acteurs de marché eux-mêmes.
A eux de faire connaître le métier de trader dans sa réalité, souvent beaucoup plus austère et prosaïque qu’on ne l’imagine.
Or, le citoyen n’entend parler que de ses dérives, comme s’il ne connaissait le sport qu’au prisme du dopage, le monde hospitalier qu’à la lumière des erreurs médicales ou encore le monde de l’entreprise à l’aune des patrons voyous et des faillites !
Le trading est un secteur complexe mais qu’on peut appréhender à partir d’idées simples – mais non simplificatrices.
Il faut notamment rappeler que sa première raison d’être est d’assurer la liquidité du marché, qu’il est à la recherche permanente du juste prix des actifs (« fair price »), et que ledit prix d’un titre intègre en permanence l’information disponible sur la vie d’une entreprise, d’un secteur, d’un projet, etc.
Aussi longtemps qu’on se contentera de montrer la face noire du métier, on en donnera une idée biaisée et haïssable … mais, ce faisant, on n’aura fait aucun pas réel pour combattre des dérives qu’une approche plus mesurée et moins démagogique pourrait au contraire permettre d’endiguer.
L’univers de la finance de marché est infiniment complexe et le tribunal de l’opinion, prompt à juger de façon passionnelle et manichéenne, confond trop souvent raison et gesticulation.
Un peu plus de nuance pour parler de la finance, voilà une bonne résolution!
Sur La "voie du bonheur", mon approche est en partie convergente avec la philosophie bouddhiste et en partie en contradiction avec celle-ci.
La recherche du bonheur s'appuie pour moi à la fois sur l'extinction des passions, mais aussi sur des réalisations.
Dans l'activité de trading, l'extinction des passions est chose impossible, sauf à devenir un robot haute-fréquence, tellement les émotions (peur et cupidité) jouent un rôle majeur. Le meilleur moyen de trader sans se laisser submerger par les passions est donc d'avoir une stratégie (peu importe laquelle) et de s'y tenir quoi qu'il arrive, comme un robot.
Les réalisations ? Un trader ne crée rien : ni biens, ni services, ni oeuvres d'art... Il ne fait que "créer de l'argent" ou plutôt spolier ceux à qui cet argent devrait revenir (les producteurs).
Je m'attarderais plus tard sur ma vision concrète du bonheur, mais dire que l'extinction des passions est chose impossible en trading, la cupidité et la peur étant trop présentes, c'est ne rien avoir compris à ce qu'était un trader.
La peur, la jalousie, l'avidité, la cupidité, l'orgueil......sont les premiers ennemis à combattre pour être trader.
Aucun trader cumulant des gains à long terme ne peut opérer sur les Marchés sans avoir au préalable détruit ces émotions en lui-même.
Elles jouent un rôle parasitaires excessifs.
Sur beaucoup de points j'ai ma propre conception des choses, mais concernant la maîtrise totale de ses émotions c'est LE point commun de tous les traders pros.
Aucun trader ne peut appliquer à la lettre un plan de trading en pensant en même temps à ses gains et tirailler par la même occasion par ses peurs.
La peur en trading amène à ne pas couper ses pertes et à couper trop vite ses gains
Voilà la raison concrète pour laquelle un trader ne peut avoir peur et doit avoir une confiance absolue en son plan de trading et en ses capacités.
Cela ne veut en rien dire qu'il n'est pas en continuelle remise en question.
La cupidité amène à se donner des objectifs de gains et non de pourcentage comme il le faut (ce qui aide justement à dématérialiser l'argent), engendrant immanquablement des prises de risques incontrôlées sortant complètement du plan de trading que l'on s'est donné et pouvant déclencher ainsi des émotions comme l'orgueil qui est souvent à l'origine de la perte totale de son compte.
Un trader est une personne doté d'émotions, mais capable de déclencher celles dont il a besoin au bon moment et d'agir tel un robot quand à l'application de son plan ou de sa stratégie.
Traders et producteurs sont complémentaires.
Seulement les producteurs ne comprennent souvent rien à la finance et deviennent alors pris par des angoisses, comme toute personne le serait si il était dépendant d'un Marché dont il n'a aucune vision.
Le Marché apporte une vision globale sur un secteur d'activité, alors qu'un producteur ne pense qu'à son quotidien...et se retrouve alors balloté dans les fluctuations des cours.
Sinon dire que se réaliser ne peut être le fruit que de productions concrètes met en même temps sur la touche toutes les entreprises de services....
Pour moi former des prix, émettre des titres et apporter de la liquidité à tous les secteurs d'activités pour qu'ils puissent se développer est quelque chose de concret.
Pourtant, je ne te contredis pas tout à fait, car je pense que la source du travail comme épanouissante a été en grande partie détruite par la tertiarisation de la Société.