@ Stéphane:
Un courant de pensée peut exister indépendamment de partis politiques crédibles pour l'incarner.
Je suis d'accord, mais ça complique sérieusement les choses.
Les positions d'Etienne Chouard (droite? gauche? extrême-gauche ou extrême-droite?) sont là pour le démontrer et je n'en suis pas très éloigné...
Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Lordon présentée dans son billet, sauf qu'il reste "prisonnier" du clivage gauche/droite qui actuellement n'est plus pertinent.
Il ne représente rien d'autre que l'éventail politique de l'extrême-gauche ( ex Syriza, Podémos etc...) à l'extrême-droite (FN en France selon lui, sans doute?), issu du travail de catégorisation du capital lui-même.
Cela ne fait plus sens parce-qu'en réalité, c'est bien l'extrême-droite financière, bancaire, libertaire ou sécuritaire QUI EST AU POUVOIR EN FRANCE depuis plus de 40 ans!
Il faut se défaire des catégories inventées par l'ennemi pour nous enfermer dans le même camp de travail!
Je pense (avec Sapir me semble-t-il d'après certains de ses billets sur le sujet) que LA SOUVERAINETE se situe en dehors de ce clivage et c'est ce qu'un parti comme L'UPR démontre, bien que pour des raisons sémantiques pas très pertinentes, F.Asselineau refuse de considérer son parti en tant que "souverainiste" comme si c'était un gros mot...
Le FN est certainement un "parti-leurre", mais il y a un courant authentiquement souverainiste qu'on pourrait aussi bien qualifier "de gauche" à l'intérieur, même s'il s'y trouve minoritaire.
D'ailleurs, un Sarkozy ne s'y est pas trompé.
Tout comme il esiste une certaine plate-forme à l'intérieur de Syriza que je ne rejette pas, non plus...
Lordon est amoureux d'une "pureté dangereuse", celle d'un parti souverainiste qu'on pourrait labelliser "GAUCHE" à tout prix, mais cela n'existe pas même si quelques chevènementistes attardés rôdent encore dans les parages et quand bien même?
Il faut effectivement une union des différents partis souverainistes (ou "tendances à l'intérieur de ces partis) contre la dictature Européiste actuelle...Et 2005 a constitué à cet égard une étape décisive sans suite malheureusement à cause des trahisons de la gauche autoproclamée.
Ce qu'on peut appeler un programme de résistance minimal mais clair comme l'était celui du CNR dont s'inspire Asselineau.
Un "programme de transition" nécéssaire AVANT que le processus révolutionnaire historique et radical ne puisse s'enclencher pour remiser la droite comme la gaucke, les bleus comme les "roses" dans leurs vestiaires respectifs et pouvoir espérer une société sans état, sans argent et sans esclavage salarié ou non.(programme radical de la 1ere internationale extérieure au CAPITAL.)
C'est ce qu'avait très bien perçu Jean-Claude Michéa, d'oû la fameuse polémique avec Lordon qui ne permit pas de clarifier la situation, mais tourna quand même nettement à l'avantage du premier cité!
Pour m'exprimer autrement, je dirais que Marx n'était pas, ne s'est jamais revendiqué d'aucune gauche à tel point que cet adjectif était devenu une insulte à la table des Marx...
Marx, son groupe et ses descendants (Cousin et quelques autres...) dont je me revendique sont des militants d'une société sans classes qui veulent renverser la table du système capitaliste, bleus, blancs et roses inclus inclus.
Ce ne sont pas des "rouges" en ce qu'ils auraient été des "précurseurs bolchéviques" (bras armé de la social-démoratie) parfaitement identifiés et dénoncés dans tous les écrits radicaux de Marx comme les représentants d'un capitalisme d'état,( installés d'ailleurs avec l'appui des financiers de La City et de Wall Street) dont on sait aujourd'hui oû il mène.
C'est bel et bien Marx qui a écrit
"Le capital du XXIe siècle", pas Thomas Piketty, ce "copieur" libéral!
Toute stratégie réellement souverainiste et révolutionnaire passe par la sortie de L'UE, de l'Euro et aussi de l'OTAN, bien sûr.
Je soutiens donc Lordon et j'apprécie certains de ses billets (comme celui que j'ai cité plus haut), mais qu'il cesse de nous casser les pieds avec ses aller-retours entre son travail de démystification utile (sur la "gauche") et son point de vue mythique (antifa) à peine amélioré qui semble empêcher son cerveau de fonctionner en présence d'un "fa" de service et de théâtre (assimilé au FN toujours diabolisé?) qu'il ne situe pas lâ oû il peut effectivement se trouver...
EUROXIT? OK.
Le problème étant qu'il n'est pas plus opportun de rêver à une "Autre Gauche" qu'à une "Autre Europe"...